Un ministre israélien suggère d’enlever Ahmadinejad, le président iranien

L’Orient le Jour, jeudi 11 septembre 2008

Le ministre israélien des Retraités Rafi Eitan, membre du cabinet de sécurité et ancien agent du Mossad, a proposé hier (9 sep­tembre) que le pré­sident iranien Mahmoud Ahma­di­nejad soit enlevé.

« Il faut enlever le pré­sident iranien qui tient les mêmes propos qu’Hitler sur la nécessité d’exterminer le peuple d’Israël pour le tra­duire devant la Cour (pénale) inter­na­tionale de La Haye », a affirmé Rafi Eitan à la radio mili­taire. « Je pense que le Mossad (les ser­vices de ren­sei­gne­ments israé­liens) a la capacité de le faire, mais ce n’est pas seulement notre affaire, cela concerne le monde entier », a ajouté le ministre. « Sur l’aspect opé­ra­tionnel d’une telle opé­ration, je n’ai pas de conseil à donner, je laisse cela aux plus jeunes », a pour­suivi Rafi Eitan, 81 ans.

Chef des opé­ra­tions du Mossad qu’il a rallié dans les années 50, l’agent secret Rafi Eitan avait organisé et par­ticipé en mai 1960 à l’audacieuse capture d’Adolf Eichman, à Buenos Aires. Eichman, l’un des prin­cipaux exé­cu­tants de la « solution finale », le génocide des juifs per­pétré par les nazis durant la Seconde Guerre mon­diale, a été ensuite ramené clan­des­ti­nement en Israël où il a été jugé, puis condamné à mort et pendu.

Le pré­sident israélien Shimon Peres a, pour sa part, estimé hier que le dossier du nucléaire iranien serait « traité à fond » par la com­mu­nauté inter­na­tionale après la réso­lution de la crise géor­gienne « sans doute d’ici à un mois ou deux ». Shimon Peres a également réaf­firmé qu’il ne fallait « pas donner l’impression que la menace ira­nienne consti­tuait un pro­blème uni­quement pour Israël ».

Par ailleurs, le Premier ministre israélien doit réunir aujourd’hui les prin­cipaux membres de son gou­ver­nement pour parler du pro­gramme nucléaire iranien, a-​​t-​​on appris hier de source israé­lienne auto­risée. La ministre des Affaires étran­gères, Tzipi Livni, et son col­lègue de la Défense, Ehud Barak, devraient figurer parmi les participants.

Netanyahu menace

Le chef du Likoud, le prin­cipal parti d’opposition de droite, Ben­jamin Neta­nyahu, a pour sa part prévenu à la radio que s’il revenait au pouvoir, il mènerait « une poli­tique beaucoup plus agressive et efficace contre le ter­ro­risme et l’Iran ». Selon les son­dages, M. Neta­nyahu est le can­didat le mieux placé pour devenir Premier ministre si des élec­tions anti­cipées avaient lieu au début de l’an pro­chain, à la suite de la démission annoncée de M. Olmert impliqué dans des affaires de corruption.

L’ancien ministre des Affaires étran­gères, Sylvan Shalom, lui aussi du Likoud, a affirmé qu’Israël devait se pré­parer à se « retrouver seul face à la menace ira­nienne » en uti­lisant l’exemple de la Géorgie. « Le monde n’a pas bougé face à l’agressivité de la Russie », a-​​t-​​il sou­ligné. L’ancien vice-​​ministre de la Défense Ephraïm Sneh, qui mène une cam­pagne en faveur d’une attaque israé­lienne contre les ins­tal­la­tions nucléaires ira­niennes, a lui aussi cri­tiqué la com­mu­nauté inter­na­tionale. « Le monde papote et pendant ce temps, l’Iran se rap­proche chaque jour de la bombe ato­mique », a affirmé cet ancien général qui a fondé un nouveau parti nommé « Israël fort ». « Nous allons perdre encore six mois avec les élec­tions amé­ri­caines », a-​​t-​​il pour­suivi. Il a estimé que les Israé­liens ne « devaient se fier qu’à eux-​​mêmes », faisant allusion à la des­truction par l’aviation israé­lienne de la cen­trale nucléaire ira­kienne d’Osirak en 1981.

Selon un sondage publié mardi, 56 % des Israé­liens sou­tiennent l’idée de bom­barder l’Iran au cas où les mesures de la com­mu­nauté inter­na­tionale ne par­vien­draient pas à empêcher Téhéran de déve­lopper des armes nucléaires, 32 % y étant opposés (le reste est sans opinion). Le pré­sident Peres s’était déclaré dimanche opposé à une option mili­taire contre l’Iran.