Tramway de Jérusalem : Veolia sanctionné en Suède

Marc Laimé, vendredi 23 janvier 2009

L’ONG sué­doise Dia­konia a annoncé sur son site, le 20 janvier dernier, que la filiale transport de la mul­ti­na­tionale fran­çaise Veolia venait de perdre un contrat d’une valeur de 1,9 mil­liards d’euros à Stockholm.

Ce contrat repré­sentait le plus important appel d’offres public en cours en Europe, relatif à la gestion du métro de la capitale sué­doise, pour une durée de 8 ans (« Veolia looses 3,5 billion EUR contract in Sweden » . Une impor­tante cam­pagne de pro­tes­tation inter­na­tionale semble avoir pesé sur la décision de l’autorité des trans­ports publics muni­cipaux de Stockholm.

Les entre­prises fran­çaises Veolia et Alstom étaient mises en cause depuis plu­sieurs années en raison de leur par­ti­ci­pation à un projet de construction d’un tramway à Jéru­salem, comme le relatait Robert Kissous dans Le Monde Diplo­ma­tique en août 2008 (« Veolia, Alstom et le tramway de Jérusalem »).

Ce projet de tramway, destiné à relier la Jérusalem-​​ouest israé­lienne avec des colonies israé­liennes illé­gales dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, a suscité de vives polé­miques sur la poli­tique d’éthique de Veolia. Les pro­tes­ta­tions publiques stig­ma­tisant la mul­ti­na­tionale viennent donc de lui valoir un revers cin­glant, au moment même où l’entreprise connaît des dif­fi­cultés en bourse.

L’autorité des trans­ports publics muni­cipaux de Stockholm (SL) a indiqué que sa décision était basée sur des fac­teurs com­mer­ciaux, mais le ques­tion­nement sur l’implication de Veolia dans le projet contro­versé de tramway à Jéru­salem (le « Jeru­salem light railway ») a suscité un débat intense dans les médias suédois. Le marché, d’un montant de 21 mil­liards de cou­ronnes sué­doises (1,9 mil­liard d’euros), a donc été attribué au conglo­mérat MTR, de Hong-​​Kong.

Jusqu’à la veille de sa décision le conseil muni­cipal a en effet reçu des péti­tions signées par des mil­liers de citoyens, exi­geant qu’il choi­sisse un opé­rateur qui ne soit pas associé à des vio­la­tions du droit inter­na­tional humanitaire.

« Ceci est un autre signe clair de l’importance pour les acteurs com­mer­ciaux de ne pas associer leur marque à des com­por­te­ments anti-​​éthique, et en ce qui concerne les colonies illé­gales en ter­ri­toire pales­tinien occupé, on peut déjà voir un mou­vement des com­pa­gnies inter­na­tio­nales qui cessent toute activité dans les colonies », a déclaré M. Joakim Wohlfeil, repré­sentant de l’ONG sué­doise Dia­konia. Ajouter un commentaire