Tramway colonial à Jérusalem, premier contrat annulé, première vicotoire

Pour la Palestinen °52, vendredi 23 février 2007

Campagnes /

A l’horizon 2008, un tramway pourrait relier la partie occi­dentale de Jéru­salem à deux colonies en Cis­jor­danie, French Hill et Pizgat Zeev. Deux entre­prises fran­çaises sont engagées sur ce chantier : Alstom, et Connex (Véolia). Un projet qui n’engage pas que la France. C’est ainsi que la Cam­pagne de Soli­darité Irlande-​​ Palestine (IPSC) peut se féli­citer d’une pre­mière vic­toire impor­tante : une com­pagnie irlan­daise a été contrainte d’annuler son contrat avec les auto­rités d’occupation israé­lienne à Jéru­salem. Une vic­toire qui en appelle d’autres…

« Une petite vic­toire signi­fi­cative dans la lutte inter­na­tionale contre Connex et la ligne de tramway illégale qu’il construit pour les Israé­liens dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés. » C’est ainsi que la Cam­pagne de Soli­darité Irlande-​​Palestine (IPSC) annonce que Connex (Veolia), a été forcée d’annuler la tran­saction pro­posée à ses contre­parties israé­liennes, concernant la for­mation d’ingénieurs et conduc­teurs, après une pression des repré­sen­tants syn­dicaux irlandais, en réponse aux demandes de l’IPSC.

De quoi s’agit-il ? La société, rap­pelle l’IPSC, pré­voyait d’autoriser la for­mation d’équipes israé­liennes sur le tramway de Dublin, le Luas, qu’elle exploite. Le Luas ne fonc­tionne que depuis quelques années et il est pro­bable que le tramway construit à Jérusalem-​​Est occupé soit conçu sur un modèle qua­siment iden­tique. Aussi les repré­sen­tants israé­liens avaient-​​ils négocié avec Veolia-​​Irlande que des ingé­nieurs et des conduc­teurs israé­liens viennent se former sur le Luas de Dublin. La for­mation devait com­mencer inces­samment, et un contrat avait été finalisé. L’intervention de l’IPSC et des repré­sen­tants syn­dicaux a de toute évidence été efficace. Cela n’a pas été facile. Mais en outre, sou­ligne le porte-​​parole de l’organisation de soli­darité, la position de Veolia a quelque chose de para­doxal : en annulant ce contrat, Veolia reconnait que la ligne de tramway israé­lienne est illégale  ; pourtant l’entreprise par­ticipe de sa construction. Une « hypo­crisie inex­cu­sable  ». Aussi l’organisatIon invite-​​t-​​elle aujourd’hui le ministre des Trans­ports, Martin Cullen, ainsi que la Railway Pro­cu­rement Agency à renoncer à la construction de cette ligne de tramway illégale en ter­ri­toire pales­tinien occupé. L’association alerte en tout cas les mou­ve­ments de soli­darité euro­péens sur d’autres for­ma­tions pos­sibles, au sein de pays euro­péens, de futurs exploi­tants (ingé­nieurs ou conduc­teurs) du tramway colonial israélien. Or le travail des uns ne saurait passer par la négation du droit des autres, et cer­tai­nement pas par le ren­for­cement de la colo­ni­sation, sin­gu­liè­rement à Jéru­salem, et dès lors, l’étouffement de toute pers­pective d’Etat pales­tinien viable. En tout état de cause, l’IPSC est bien décidée à pour­suivre sa campagne.