Tramway colonial à Jérusalem

Déclaration CGT au comité de groupe France, samedi 24 janvier 2009

Parmi les contrats d’Alstom en cours, figure tou­jours celui concernant la ligne de tramway en construction à Jéru­salem et dans le voi­sinage de cette ville du côté de la Cisjordanie.

La CGT a déjà dans le passé exprimé son oppo­sition à ce projet. Certes, dans le monde mou­ve­menté actuel, il serait dif­ficile de trouver un contrat d’un groupe français à l’exportation, qui ne soit pas sus­cep­tible d’une manière ou d’une autre, de sus­citer des inter­ro­ga­tions, des pro­tes­ta­tions, des réserves morales. Les USA en Irak, la Chine au Tibet, le Cuba de Fidel Castro, et ainsi de suite, autant de sources de contes­ta­tions pos­sibles, et les avis sont évidemment tou­jours variés et diver­gents. Mais nous refusons d’adopter comme principe que cet état des choses impli­querait la conclusion qu’il faut tout sim­plement dis­socier com­plè­tement, d’un côté ce qu’on appelle le monde des affaires, et de l’autre côté la sphère poli­tique. On ne peut abso­lument pas consi­dérer qu’il s’agisse de deux mondes paral­lèles qui puissent évolué indé­pen­damment l’une de l’autre.

Nous affirmons que, dans le cas précis de la construction du tramway de Jéru­salem, au lieu de faire comme si rien n’était, il faut voir la réalité en face.

1) Cette ligne de transport tra­verse des ter­ri­toires de la région de Palestine que l’État d’Israël a occupés par la force mili­taire, et ceci est vrai aussi bien pour l’aire des colonies du Grand-​​Jérusalem situé dans le péri­mètre de la Cis­jor­danie, que pour Jérusalem-​​Ouest occupé en 1947-​​48.

2) Israël est en guerre directe et ouverte contre la popu­lation pales­ti­nienne dans les ter­ri­toires entourant cet État, et ceci pour son propre compte et non pas en exé­cution d’un quel­conque mandat donné par telle ou telle ins­ti­tution sus­cep­tible de lui conférer la moindre appa­rence de légi­timité inter­na­tionale. Les événe­ments à Gaza montrent à quel point la stra­tégie appliquée par Israël est dépourvue de scru­pules quant au non-​​respect de la popu­lation pales­ti­nienne comme êtres humains.

3) L’affirmation mise en avant par la direction d’Alstom, selon laquelle le groupe n’a pas de lien contractuel direct avec le client israélien concerné, constitue une fausse excuse. Peu importe que le lien soit juri­di­quement direct ou indirect. Compte tenu de ce qui vient d’être dit, nous consi­dérons que notre travail à nous, salariés d’Alstom, ne doit en aucune manière contribuer à l’exécution d’activités au bénéfice de l’État d’Israël, et il est de la res­pon­sa­bilité de notre employeur d’adopter l’attitude qui s’impose : renoncer à la par­ti­ci­pation au contrat.

On peut rap­peler d’ailleurs qu’une pro­cédure juri­dique est en cours pour exa­miner la nature des contrats, et que l’analyse des docu­ments pré­sentés confirme l’implication directe d’Alstom.

La CGT maintient et renouvelle donc son exigence à ce sujet :

Indé­pen­damment du fait que les travaux de pro­duction en France soient achevés en partie ou dans leur totalité, Alstom doit cesser sa par­ti­ci­pation au projet autant pour les livraisons que pour les pres­ta­tions, actuelles ou futures.

Massy, le 14/​01/​2009