Son sang, pas encore effacé, raconte l’histoire d’un nouveau crime des mili­taires israéliens

Wafa, Imemc, vendredi 9 mai 2008

Le sang, la des­truction, des larmes et des enfants qui pleurent, voilà ce que les soldats israé­liens ont laissé der­rière eux quand ils ont quitté la ville d’Abasan Al Jadeeda à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.

Le sang de Wafa’ Al Daghma, 37 ans, tuée quand l’armée israé­lienne a bom­bardé sa maison, est un témoi­gnage qui raconte les atro­cités que commet l’armée israélienne.

Les soldats ont lancé des obus sur sa maison et tué cette mère qui se trouvait parmi ses enfants. Main­tenant c’est sa fille de 12 ans, Sameera, la soeur aînée qui est devenue aussi une mère pour ses frères et sœurs plus jeunes.

Le malheur s’est abattu quand l’armée a encerclé la petite maison fami­liale, qui se trouve à 700 mètres seulement de la fron­tière orientale de la bande de Gaza. Les soldats ont alors tiré des obus et tué la mère sous les yeux de ses enfants.

“Nous étions à la maison, encerclés par l’armée après que les soldats eurent envahi la zone vers minuit, ”explique Sameera.“Puis on a entendu tirer et on a senti les tirs qui frap­paient notre maison”.

Sameera se tient là, solide, devant ses frères, comme si elle essayait de leur montrer qu’elle pouvait s’occuper d’eux main­tenant que leur mère a été tuée en essayant de les protéger.

“Il était presque 16 heures, ma mère est allée dans la cuisine prendre du pain pour mon frère Qosay”, dit -elle, “puis nous avons entendu une explosion qui a fait trembler toute la maison et on a vu comme un éclair et à ce moment on a tous perdu conscience”.

“On a repris conscience peu après et en quittant la pièce on a vu que des dizaines de soldats étaient dans notre maison, alors j’ai crié ‘‘où est ma mère ?, ajoute l’enfant, “ils ont refusé de répondre et m’ont ordonné de m’asseoir avec mes frères dans la pièce jusqu’à leur départ. A ce moment là j’ai compris que quelque chose de grave était arrivé à ma mère”.

Elle montre du doigt le sang de sa mère, en pleurant et elle dit “Ici…c’est ici que j’ai trouvé ma mère, étendue sur le ventre, bai­gnant dans son sang. Je n’ai pas pu me contrôler et je me suis pré­ci­pitée dehors en hurlant et en criant alors les voisins m’ont entourée et ils ont emporté le corps de ma mère, elle n’avait plus de tête, la seule chose qui restait c’est un voile tâché de sang”.

Les soldats ont quitté l’endroit après avoir tué Wafa’ et démoli 5 maisons. Ils en ont aussi par­tiel­lement détruit 20 autres, et ont en plus rasé 150 dunums de terre agricole, déra­cinant des aman­diers, des oli­viers, des pal­miers et du blé.

Main­tenant il reste à la famille et aux habi­tants de la region à se demander, tout en retenant leur douleur : “Mais qu’est ce qu’on a fait de mal pour qu’on nous tue et nous bom­barde comme ça ? Nous payons le prix de notre déter­mi­nation à rester dans nos maisons, qui ne peuvent plus nous protéger !”