Retirer à Israël son adhésion aux Nations unies

Snorre Lindquist et Lasse Wilhelmson, dimanche 14 décembre 2008

La Prix Nobel de la Paix irlan­daise de 1976, Mairead McGuire, a récemment suggéré qu’un mou­vement popu­laire devrait exiger que l’ONU retire à Israël son adhésion. La com­mu­nauté inter­na­tionale doit main­tenant imposer une réelle pression à Israël pour qu’il mette fin à ses crimes de guerre.

Les Nations unies doivent main­tenant s’engager dans un boycott de l’État d’apartheid d’Israël et, avec la menace d’expulsion de l’ONU, exiger d’Israël qu’il per­mette aux réfugiés pales­ti­niens expulsés de revenir, confor­mément aux réso­lu­tions 194 et 3236 de l’ONU. L’adhésion d’Israël à l’ONU est subor­donnée à son respect du droit international.

La bande de Gaza est main­tenant le plus grand camp de concen­tration au monde. La situation devient de plus en plus insup­por­table pour les 1,5 mil­lions de Pales­ti­niens qui y vivent. Les livraisons de vivres, de médi­ca­ments et de car­burant sont rendues dif­fi­ciles ou com­plè­tement arrêtées. La mal­nu­trition chez les enfants est en augmentation.

L’approvisionnement en eau et le système d’égouts ont cessé de fonc­tionner. Les enfants meurent par manque de soins de santé. Les tunnels vers l’Egypte, creusés à la main, sont le seul espace de res­pi­ration. Les jour­na­listes et les diplo­mates se voient refuser l’entrée. Israël pla­nifie d’autres opé­ra­tions mili­taires. Les Pales­ti­niens dans la bande de Gaza vont main­tenant être affamés jusqu’à ce qu’ils se rendent et deviennent un pro­blème égyptien.

Les Nations unies devraient uti­liser le terme apar­theid en parlant d’Israël et envi­sager des sanc­tions en se servant de l’ancienne Afrique du Sud comme modèle. Miguel d’Éscoto Bro­ckman, pré­sident de l’Assemblée Générale des Nations unies, a transmis ce message lors d’une réunion le 24 Novembre 2008 en pré­sence du secré­taire général des Nations Unies, Ban Ki-​​Moon.

La Prix Nobel de la Paix irlan­daise de 1976, Mairead McGuire, a récemment suggéré qu’un mou­vement popu­laire devrait exiger que l’ONU retire à Israël son adhésion. La com­mu­nauté inter­na­tionale doit main­tenant imposer une réelle pression à Israël pour qu’il mette fin à ses crimes de guerre.

Pas une seule fois, au cours des 60 der­nières années, Israël n’a montré une quel­conque intention de vivre selon les condi­tions sti­pulées par les Nations Unies, dans le cadre de l’adhésion du pays en 1948, à savoir que les Pales­ti­niens qui avaient été expulsés de leurs maisons devraient être auto­risés à rentrer le plus tôt pos­sible. En outre, Israël détient le record du monde peu flatteur d’ignorance des réso­lu­tions de l’ONU.

D’après la légis­lation des droits de l’homme, on, peut se demander si Israël est un État légitime. La pra­tique établie entre les Etats exige habi­tuel­lement d’avoir des fron­tières légales et une consti­tution, ce qu’Israël n’a pas. Ces exi­gences sont également citées dans la réso­lution 181 du Plan de Partage de la Palestine de l’ONU, approuvée par l’Assemblée Générale, en Novembre 1947. Le plan a été accepté par les Juifs Sio­nistes en Palestine, mais a été rejeté pour d’excellentes raisons par les États arabes en tant qu’injustes. Seules les déci­sions prises par le Conseil de Sécurité des Nations Unies sont obli­ga­toires. Plus tard, Israël a uni­la­té­ra­lement reven­diqué un pour­centage de terre consi­dé­ra­blement plus grand que celui proposé par les Nations Unies.

L’expulsion de quatre-​​vingt pour cent des Pales­ti­niens qui vivaient à l’Ouest de la ligne d’armistice de 1947, et le refus d’Israël de leur per­mettre de revenir est l’argument des droits de l’homme pour expulser Israël de l’ONU. Non seulement Israël s’est joué du Plan de Partage, mais il a, par ses actions, contre­carré les fon­de­ments - fra­giles depuis le début - de son adhésion aux Nations Unies.

Israël fait usage de diverses stra­tégies pour atteindre ses objectifs, les mêmes objectifs depuis plus d’une cen­taine d’années : Avoir le moins pos­sible de Pales­ti­niens contrôlés et faibles dans des sec­teurs aussi petits que pos­sible entre la Médi­ter­ranée et le fleuve du Jourdain. Et essayer d’obtenir l’acceptation du monde entier pour le vol de terre qui est essen­tielle à l’"Etat" qui se dit "juif et démo­cra­tique". Cela évidemment ne res­semble en rien à un pro­cessus de paix.

Pourquoi per­sonne ne fait jamais de com­men­taires sur le fait que le Premier Ministre israélien ne manque jamais une occasion d’insister sur combien il est important que le reste du monde et les Pales­ti­niens recon­naissent Israël, non pas en tant que pays démo­cra­tique pour tous ses citoyens, mais en tant qu’"État juif" ?

Qu’aurions-nous dit si le Premier ministre Sud-​​africain, d’une manière simi­laire, avait demandé la recon­nais­sance de l’Afrique du Sud en tant que « pays blanc et démo­cra­tique", donc d’accepter ; de facto, le système raciste d’apartheid qui aurait permis aux non-​​Blancs d’être consi­dérés comme des êtres humains de moindre importance ?

Dans l’article La fin du sio­nisme, publié dans le Guardian le 15 Sep­tembre 2003, le juif dis­sident et ancien pré­sident de la Knesset, Avraham Burg a écrit : "Les Juifs de la dia­spora pour qui Israël est un pilier central de leur identité doivent faire attention et s’exprimer… Nous ne pouvons pas garder une majorité pales­ti­nienne sous une botte israé­lienne et en même temps, penser que nous sommes la seule démo­cratie au Moyen-​​Orient. Il ne peut y avoir de démo­cratie sans égalité des droits pour tous ceux qui vivent ici, les Arabes tous comme les Juifs … Le premier ministre devrait pré­senter le choix avec fran­chise : le racisme juif ou la démocratie. "

Aucun appui ne peut être trouvé dans la recom­man­dation relative à un Etat juif et à un État pales­tinien de l’ONU pour une inégalité des droits entre les citoyens de chacun des pays. Il n’existe pas non plus d’indication quant à la façon dont un « Etat juif » pourrait devenir juif. Tou­tefois, elle sou­tient l’intention de conserver la situation démo­gra­phique iden­tique au plan de partage. Inter­préter dans le texte une intention concernant les carac­té­ris­tiques d’un "État juif" adaptées à l’idéologie du Sio­nisme est tota­lement en contra­diction avec le texte de la résolution.

Même la Décla­ration Balfour, qui manque tota­lement de réfé­rence aux droits de l’homme, note que le foyer national juif en Palestine ne devrait en aucune façon empiéter sur les droits des Pales­ti­niens. Le pré­sident amé­ricain Truman n’a pas non plus reconnu Israël en tant qu’État juif. Au contraire, il a tout à fait exclu cette for­mu­lation avant de prendre sa décision de recon­naître Israël.

Ainsi, la légi­timité d’un "État juif" recherchée avec tel­lement d’insistance par Israël manque de soutien dans les docu­ments inter­na­tionaux qui portent sur la création de l’État. Bien sûr, le gou­ver­nement israélien est plei­nement conscient de cela. Sinon, pourquoi continuerait-​​il à chercher cette reconnaissance ?

Les Nations Unies doivent main­tenant s’engager dans un boycott de l’État d’apartheid d’Israël et, avec la menace d’expulsion de l’ONU, exiger d’Israël qu’il per­mette aux réfugiés pales­ti­niens expulsés de revenir, confor­mément aux réso­lu­tions 194 et 3236 de l’ONU.

Ainsi, une véri­table paix pourra être atteinte et diverses solu­tions seront acces­sibles pour une coha­bi­tation avec des droits égaux pour tous les peuples entre la Médi­ter­ranée et le fleuve du Jourdain. Aucune solution ne peut être com­pa­tible avec la pré­ser­vation d’un État d’apartheid juif.