Report des pourparlers entre le Fatah et le Hamas

Le NouvelObs, dimanche 9 novembre 2008

Les dis­cus­sions, au Caïre, en vue d’une récon­ci­liation entre le Fatah et le Hamas sont repoussées à une date ulté­rieure par l’Egypte après l’annonce de boycott de la faction isla­miste qui contrôle la bande de Gaza.

L’Egypte a décidé de reporter l’ouverture des pour­parlers pour une récon­ci­liation entrer fac­tions pales­ti­niennes qui devait avoir lieu dimanche au Caire, sans fixer de date précise, apprend-​​t-​​on samedi 8 novembre dans un com­mu­niqué de source égyp­tienne. Les orga­ni­sa­teurs de cette réunion court-​​circuitent ainsi le boycott par le Hamas. Lui-​​même avait décidé de ne pas par­ti­ciper à la négo­ciation après que Mahmoud Abbas, le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne, eut refusé de libérer 400 mili­tants du mou­vement isla­miste détenus en Cis­jor­danie. L’ajournement des pour­parlers durera "jusqu’à ce que les condi­tions néces­saires et appro­priées aient été rem­plies pour assurer son succès", précise le com­mu­niqué. Oussama al Fara, délégué du Fatah à la confé­rence du Caire, a déclaré que le boycott du Hamas "ne rendait pas service au peuple pales­tinien à un moment où il avait le plus besoin d’unité de mettre fin à ses divisions".

Tentative de réconciliation avortée

Plus d’une dou­zaine de fac­tions pales­ti­niennes, dont le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, étaient invitées à la réunion du Caire visant à mettre fin à la par­tition ter­ri­to­riale pro­voquée par la perte de contrôle en juin 2007 de la bande de Gaza par le pré­sident pales­tinien. Le boycott des pour­parlers a été décidé par le Hamas, le Djihad isla­mique, le Front popu­laire pour la libé­ration de la Palestine-​​Commandement général (FPLP-​​CG) d’Ahmed Djibril et la Saïka, petite for­mation pro-​​syrienne, affirment des sources de Damas et du Caire, où sont cen­tra­lisées les bases des radicaux. "Ces groupes ne veulent pas aller s’asseoir au Caire aux côtés de ministres arabes des Affaires étran­gères qui ten­teront de les contraindre à signer une formule favo­rable à Abbas", a déclaré à Reuters un res­pon­sable pales­tinien basé à Damas. A Gaza, Faouzi Barhoum, porte-​​parole du Hamas, a révélé la pierre d’achoppement qui empêche réel­lement le dia­logue. Selon lui, en main­tenant en prison des pri­son­niers poli­tiques, Mahmoud Abbas a "enfoncé le dernier clou dans le cer­cueil du dia­logue pales­tinien" celui-​​ci étant devenu "dès lors inutile".

Libérer d’abord les prisonniers

Le mou­vement isla­miste au pouvoir à Gaza n’entend pas négocier avec le Fatah tant que Mahmoud Abbas main­tiendra der­rière les bar­reaux ses mili­tants et sym­pa­thi­sants avec l’aval d’Israël et de l’Occident. "Nous avions dit aux auto­rités du Caire que nous pren­drions part au dia­logue si les pri­son­niers poli­tiques étaient libérés et que nous ne vien­drions pas s’ils ne l’étaient pas", a déclaré à Reuters un res­pon­sable du Hamas, Aymane Taha. Le Hamas avait libéré le 30 octobre les 17 membres du Fatah qu’il consi­dérait comme des détenus poli­tiques en pré­vision de la réunion du Caire et exhorté le Fatah à la réci­procité "afin de garantir une saine atmo­sphère de dialogue".Il évalue à une cen­taine le nombre de ses membres incar­cérés à Gaza et assure que les per­sonnes dont le mou­vement isla­miste réclame la libé­ration sont des détenus de droit commun. Mais ven­dredi à Ramallah devant Condo­leezza Rice, la secré­taire d’Etat amé­ri­caine, le pré­sident de l’Autorité Pales­ti­nienne a démenti retenir des pri­son­niers poli­tiques en Cisjordanie.