Reconstruction de Gaza : le chef de la diplomatie belge en appelle à Israël

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 11 mai 2016

Le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a appelé mardi Israël à laisser entrer les matériaux nécessaires à la reconstruction de logements de milliers de familles détruits par les guerres à Gaza lors d’une visite dans l’enclave palestinienne.

"Il faut construire des maisons, des écoles et des infrastructures vitales. L’électricité par exemple doit absolument être rétablie", a affirmé M. Reynders lors d’une conférence de presse après avoir rencontré des familles ayant perdu leur maison lors de la guerre de juillet-août 2014 dans le quartier de Chajaïya, l’un des plus dévastés de la ville.

Dans le petit territoire côtier sous blocus israélien depuis 10 ans et ravagé par trois guerres depuis 2008, des milliers de familles attendent toujours d’être relogées. La reconstruction, qui peine à se mettre en route, est désormais à l’arrêt complet depuis qu’Israël a suspendu il y a un mois les importations de ciment et provoqué une telle pénurie que la plupart des travaux menés par l’UNRWA, l’agence de l’Onu en charge des réfugiés palestiniens, ont cessé.

A travers la bande de Gaza, les coupures d’électricité sont quotidiennes et atteignent dans certains endroits jusqu’à 18 heures par jour. "Nous parlons avec le gouvernement israélien afin qu’il ouvre plus grand la porte aux matériaux de construction à Gaza", a dit M. Reynders, plaidant pour "une accélération de la reconstruction, aujourd’hui très lente". Israël contrôle toutes les entrées et sorties de biens et de personnes de Gaza, à l’exception du terminal de Rafah, vers l’Egypte, que Le Caire tient fermé en quasi-permanence.

Par ailleurs, M. Reynders a affirmé que son pays souhaitait organiser "une conférence à Bruxelles réunissant des acteurs économiques venus d’Europe, d’Israël et de Palestine —de Cisjordanie et de Gaza". Cette conférence, a-t-il dit aux côtés de responsables de l’UNRWA et du ministre palestinien de l’Habitat et des Travaux publics, Moufid al-Hassayneh, "ne sera pas limitée à l’aide humanitaire mais tendra aussi à renforcer les liens commerciaux, l’investissement et l’activité économique".

Les organisations internationales tirent régulièrement la sonnette d’alarme au sujet de l’économie de Gaza, au bord du gouffre, avec un taux de chômage parmi les plus élevés au monde (environ 45%), une pauvreté endémique et des exportations quasi-nulles.