Rassemblement contre le mur

A Orléans, Palestine 45 appelle les citoyens, les asso­cia­tions, syn­dicats et partis poli­tiques de l’agglomération à un ras­sem­blement de pro­tes­tation le samedi 12 novembre 2005 place du Martroi, à 15h00. Voici le projet de motion que nous sou­hai­te­rions voir signer par un maximum d’associations, syn­dicats et partis poli­tiques et que nous irons déposer en Pré­fecture du Loiret, avec une délé­gation, le lundi 14 novembre :

Palestine 45,

Motion :

Le gou­ver­nement israélien érige en ce moment l’enceinte de sécurité - euphé­misme pour parler de Mur de Sépa­ration - mur supposé bloquer « les attaques ter­ro­ristes - (mais il n’empêchera sûrement pas les mis­siles et les héli­co­ptères d’attaquer les cibles humaines) - pour un coût estimé à 2 mil­liards de dollars en plein milieu des ter­ri­toires occupés de Cis­jor­danie. Et ce malgré la condam­nation de la Cour Inter­na­tionale de Justice de La Haye le 09-​​07-​​2004 ; condam­nation confirmée à une très large majorité (150 pour, 6 contre et 10 abs­ten­tions) par l’Assemblée Générale des Nations Unies du 20-​​07-​​2004.

D’autres projets existent aussi pour le pro­longer le long du Jourdain. De toute façon le mur est déjà en train de fabriquer une situation aux consé­quences tra­giques et incalculables.

Pourtant, dans l’immédiat, les réac­tions et objec­tions des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales, des gou­ver­nement, des opi­nions publiques à l’extérieur et à l’intérieur d’Israël (à l’exception notable de groupes cou­rageux comme Gush Shalom, B’Tselem, Ta’yush) restent étran­gement mesurées, comme si cette construction était un fait accompli, comme si pro­tester devait attendre que tout soit fini ou qu’il faille observer des pré­cau­tions tactiques.

Direc­tement ou indi­rec­tement l’éviction des popu­la­tions et/​ou la pri­vation de leurs moyens d’existence - (arra­chage des arbres, inter­diction de l’accès à l’eau et aux terres arables) - et des pos­si­bi­lités d’étudier et de tra­vailler, à travers la déses­pé­rante res­triction de cir­culer, le Mur s’attaque à la capacité du peuple pales­tinien de résister sur place, et conduira à des situa­tions com­pa­rables à celles des expul­sions de masse en 1948 et de 1967. On estime que 90.000 à 210.000 Pales­ti­niens seront chassés de leurs habi­ta­tions. Quant aux autres, il est prévu de leur rendre la vie tel­lement impos­sible que beaucoup n’auront d’autre choix que de partir de leur village ou de leur pays.

Le Mur autorise et rend irré­ver­sibles les colonies juives (toutes illé­gales selon la loi inter­na­tionale) et l’appropriation pro­gressive de Jéru­salem Est, ce qui trans­forme le futur et tou­jours promis « Etat Pales­tinien viable » en un simple patchwork de Ban­toustans et de camps de réfugiés, géné­ra­lisant et aggravant le modèle déjà réussi à Gaza. Cela empri­sonne les Pales­ti­niens (ou plutôt ce segment du peuple Pales­tinien qui jusqu’à présent est parvenu à rester et à résister sur son propre sol) dans une partie réduite de la Cis­jor­danie à l’intérieur d’une triple ligne meur­trière de for­ti­fi­ca­tions de béton, de bar­belés et d’électronique, dont les pré­cé­dents dans l’histoire moderne appar­tiennent indis­cu­ta­blement à la tra­dition totalitaire.

C’est aussi trans­former les « forces de défense » israé­liennes et les citoyens israé­liens eux-​​mêmes en un peuple de gar­diens de camp. Bref, c’est une nou­velle Naqba qui ne promet, tant pour le présent que pour le futur, que famine, dépor­ta­tions, terreur, guerre et abjection - quels que soient les arran­ge­ments tran­si­toires qui pour­raient être obtenus via des accords locaux et internationaux.

Allons-​​nous regarder ce pro­cessus sans élever la moindre pro­tes­tation, pour découvrir juste après l’évènement que nous aurons été cou­pables de « non-​​intervention » dans un crime contre l’humanité commis sous nos yeux ?

Les signa­taires ci-​​dessous refusent d’accepter la fatalité du Mur et condamnent la lâcheté de ceux qui n’élèvent pas la voix contre pareille injustice. Les signa­taires lancent un appel urgent aux forces démo­cra­tiques et aux gou­ver­ne­ments, aux Nations Unies et aux orga­ni­sa­tions huma­ni­taires, aux com­mu­nautés juives qui partout dans le monde gardent en mémoire leurs propres souf­frances passées et aux auto­rités reli­gieuses, morales, intel­lec­tuelles, et juridiques.

La construction du Mur doit s’arrêter immé­dia­tement. L’opinion mon­diale doit contraindre le gou­ver­nement israélien à déman­teler le Mur et à res­tituer et res­taurer la terre pales­ti­nienne dont il s’est déjà emparé et qu’il a détruite. Ce n’est pas un objet de négo­ciation. C’est un impé­ratif moral et poli­tique. Orléans le 12-​​11-​​2005.