Rapport de l’ONU sur l’augmentation des barrages routiers en Cisjordanie

Saed Bannoura, mercredi 1er octobre 2008

Selon un rapport publié cette semaine par les Nations unies, l’armée israé­lienne a aug­menté le nombre de bar­rages rou­tiers et points de contrôle, en dépit des pro­messes israé­liennes que les res­tric­tions de mou­vement seraient allégées en Cisjordanie.

L’OCHA, le bureau de coor­di­nation des Nations unies pour les affaires huma­ni­taires (United Nations Office for the Coor­di­nation of Huma­ni­tarian Affairs) indique que l’armée israé­lienne a érigé 19 nou­veaux bar­rages depuis avril 2008, faisant passer à 650 le nombre de bar­rages, 93 d’entre eux étant uti­lisés pour des fouilles complètes.

Plu­sieurs pays ont fait pression sur Israël afin qu’il allège les res­tric­tions de mou­vement en Cis­jor­danie occupée où un dépla­cement qui prend nor­ma­lement 20 mn peut prendre jusqu’à plu­sieurs heures voire être com­plè­tement impossible.

Tou­jours selon les Nations unies, les trois quart des grandes routes qui mènent aux 18 prin­ci­pales villes pales­ti­niennes sont ou tota­lement fermées ou tota­lement contrôlées par l’armée.

Ce chiffre indique que les Pales­ti­niens sont actuel­lement confrontés à 19 obs­tacles sup­plé­men­taires chaque jour, sans compter les 69 obs­tacles et bar­rages qui sont sous contrôle total israélien dans la ville de Hébron, au sud ouest de la Cisjordanie.

Selon l’OCHA, cette poli­tique israé­lienne dure depuis 8 ans, dans le but de limiter les confron­ta­tions pos­sibles entre Pales­ti­niens et Israé­liens [1]. L’ objectif officiel est de limiter les attaques contre les civils israé­liens [2] mais cela est devenu un système per­manent qui déchire et isole la Cis­jor­danie occupée.

Lundi 30 sep­tembre, Israël a imposé un siège strict de trois jours en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza pour le nouvel an juif. Ce bou­clage a un impact direct sur les habi­tants car les musulmans célèbrent l’ Aïd al Fitir.

Les Pales­ti­niens se plaignent que ce bou­clage les empêche de rendre visite à leurs familles dans divers endroits de Cis­jor­danie pendant les fêtes. Cela inclue l’interdiction de se rendre à Jéru­salem pour prier à la mosquée Al Aqsa, de rendre visite à leurs parents dans le Ville sainte ou dans des villes et vil­lages pales­ti­niens en Israël.

[1] il s’agit de pro­téger les colons de la simple "vue" des Pales­ti­niens, qui ne sont même pas sup­posés exister. Le système d’apartheid est bien ins­tallé : les routes de contour­nement qui relient les colonies juives de peu­plement sont inter­dites aux Pales­ti­niens. Outre qu’elles mor­cellent le ter­ri­toire, elles volent leur pays aux Pales­ti­niens qui n’y ont plus accès dans de nom­breux endroits et doivent emprunter pour se déplacer des routes dif­fi­ciles et longues, quand il y en a. Sinon, on marche dans les collines.…

[2] les colons, qui portent certes des vête­ments civils, mais sont en réalité des milices armées