Rapport B’Tselem 2007

vendredi 18 janvier 2008

B’Tselem publie son rapport annuel. Selon les infor­ma­tions de B’Tselem, le nombre d’Israéliens et de Pales­ti­niens tués lors d’affrontements en Cis­jor­danie et dans la Bande de Gaza a diminué. Cependant, on constate une dété­rio­ration dans beaucoup d’autres domaines concernant la situation des droits humains en ter­ri­toires occupés.

La prin­cipale concerne la situation huma­ni­taire dans la Bande de Gaza, laquelle atteint un niveau par­ti­cu­liè­rement inquiétant, suite au siège imposé par Israël dans la région.

Autres points importants :

-  En 2007, on constate une aug­men­tation de 13% du nombre des Pales­ti­niens retenus en détention admi­nis­trative sans qu’il y ait eu procès, ce qui fait une moyenne de 830 personnes.

-  66 check-​​points et environ 459 bar­rages ont contrôlé la cir­cu­lation à l’intérieur de la Cis­jor­danie. On a noté peu d’amélioration en ce qui concerne la liberté de cir­cu­lation des Pales­ti­niens, alors que des pro­messes avaient été faites de diminuer les restrictions.

-  La popu­lation des colonies a aug­menté d’environ 4,5% (comparé à une aug­men­tation de popu­lation de 1,5% dans le reste d’Israël) ce qui est une aug­men­tation plus modérée par rapport à l’année précédente.

-  Israël continue de geler sa poli­tique de ras­sem­blement familial en refusant à des dizaines de mil­liers de Pales­ti­niens le droit à une vie de famille, néan­moins, dans un geste considéré comme excep­tionnel, il a approuvé le regrou­pement pour quelques 3500 familles palestiniennes.

-  Le nombre des maisons démolies à Jérusalem-​​est a aug­menté d’environ 38%, et repré­sente un total de 69 maisons.

-  Les Pales­ti­niens conti­nuent de faire face à une sévère dis­cri­mi­nation dans l’approvisionnement de l’eau en Cis­jor­danie ce qui génère de graves dif­fi­cultés en été.

-  Le nombre des Pales­ti­niens tués dans des luttes fra­tri­cides a été le plus élevé de toute la durée de l’Intifada.

Selon B’Tselem, deux thèmes se font clai­rement jour lorsqu’on passe en revue l’ensemble des pro­blèmes liés aux droits humains en 2007. Le premier c’est le recours à des jus­ti­fi­ca­tions de sécurité pour qua­siment chaque action israé­lienne en ter­ri­toires occupés. Il n’y a aucun doute qu’Israël est confronté à de réelles menaces de sécurité, il est en droit et, d’une cer­taine manière, obligé de faire de son mieux pour pro­téger sa popu­lation. Cependant, Israël échoue lorsqu’il s’agit de com­penser l’urgence de sa sécurité avec des prin­cipes tout aussi impor­tants comme pro­téger les droits des Pales­ti­niens sous son contrôle. En plus, le pouvoir israélien met souvent à profit les menaces qui pèsent sur sa sécurité pour pro­mouvoir des actions poli­tiques illé­gales telles que la per­pé­tuation des colonies et leur annexion à Israël.

Un deuxième thème ressort de ce rapport, à savoir le manque de res­pon­sa­bilité des forces de sécurité israé­liennes pour tout ce qui concerne les droits humains. Cela est tout à fait clair quand on observe la réti­cence de l’État au moment d’enquêter sérieu­sement sur des vio­la­tions de la loi et puis d’en punir les auteurs. Ce manque de res­pon­sa­bilité est tout aussi évident lorsque le droit à une com­pen­sation est refusé à une grande majorité des Pales­ti­niens qui sont blessés par les forces israé­liennes sans qu’il ait eu faute de leur part.

Statistiques concernant :

- Le droit à la vie

Une com­pa­raison entre 2007 et 2006 révèle une dimi­nution dans le nombre des Pales­ti­niens tués par les forces israé­liennes ainsi que dans le nombre d’assassinats arbi­traires. Cependant les chiffres pour l’année 2007 demeurent inquiétants.

En 2007 (jusqu’au 29 décembre) les forces de sécurité israé­liennes ont tué 373 pales­ti­niens (290 à Gaza, 83 en Cis­jor­danie) dont 53 mineurs. En com­pa­raison, en 2006, 657 pales­ti­niens avaient été tués dont 140 mineurs : 523 à Gaza, 134 en Cis­jor­danie. En 2007, environ 35% des per­sonnes tuées étaient des civils qui n’avaient pas pris part aux hos­ti­lités. Ceci montre une baisse par rapport au nombre de vic­times qui n’avaient pas pris part aux hos­ti­lités en 2006, c’est-à-dire 54% en moins, soit 348 personnes.

Les Pales­ti­niens ont tué 7 civils israé­liens (3 dans une attaque-​​suicide à Eilat, 2 à Sderot par roquettes Qassam et 2 au moyen d’armes à feu en Cis­jor­danie). C’est le chiffre le plus bas des vic­times civiles israé­liennes depuis le début de l’intifada. Les Pales­ti­niens ont aussi tué 6 membres des forces de sécurité israé­lienne. En 2006, les Pales­ti­niens ont tué 17 civils israéliens.

Dans les luttes inter-​​palestiniennes, 344 per­sonnes au moins ont été tuées, presque toutes dans la bande de Gaza et dans les six pre­miers mois de l’année. Au moins 73 d’entre elles, parmi les­quelles se trou­vaient 22 mineurs, n’avaient pas par­ticipé au combat.

- La liberté de circulation :

Le nombre de check-​​points - en moyenne 102 - a peu changé depuis 2006. Sur 66 des postes qui contrôlent la cir­cu­lation à l’intérieur de la Cis­jor­danie, 16 sont à Hébron et 36 se trouvent juste avant d’entrer en Israël pour l’inspection finale. L’armée dresse aussi des postes de contrôle volants. Dans la seconde moitié de l’année 2007 le nombre des check-​​points volants est passé de 141 en Mai à 69 en Novembre.

Israël continue à dresser des bar­rages rou­tiers afin de limiter l’accès aux grandes routes et de cana­liser le trafic vers les contrôles mili­taires. Depuis quelques années, le nombre de ces bar­rages est en aug­men­tation puisqu’il est passé de 410 en 2006 à 459 en 2007. De plus, Israël interdit ou limite le libre dépla­cement des Pales­ti­niens sur plus de 300 kilo­mètres de routes en Cis­jor­danie. Les res­tric­tions de cir­cu­lation et la frag­men­tation géo­gra­phique qui en résulte portent un coup très rude aux ins­ti­tu­tions et orga­nismes sociaux qui répondent aux besoins de la popu­lation pales­ti­nienne dans les ter­ri­toires occupés et qui incluent aussi bien les ser­vices de santé, l’ économie, l’aide fami­liale et les ser­vices municipaux.