Qu’attendons-nous d’Obama ?

Salama A. Salama, mardi 9 septembre 2008

Les Arabes seraient naïfs de porter des espoirs sur la nou­velle Admi­nis­tration d’Obama.

Le dernier sprint vers la Maison Blanche face à Mc Cain ne sera pas une partie de plaisir pour Barack Obama qui a battu Hillary Clinton aux élec­tions préliminaires [1].

D’autant plus si nous prenons en compte que les pré­si­den­tielles amé­ri­caines ne se déroulent pas selon le scrutin indi­viduel indirect, mais selon un système propre au régime poli­tique des Etats-​​Unis, celui de la convention élec­torale. Et d’ici novembre, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. De nom­breux chan­ge­ments seront sur­venus, que ce soit en ce qui concerne les condi­tions écono­miques amé­ri­caines, les conjonc­tures en Iraq ou la position envers l’Iran.

La bataille élec­torale entre Obama et Hillary (Clinton), qui a duré plus d’un an, a suscité l’intérêt du monde entier, surtout dans notre région arabe qui entend parler des élec­tions, mais qui n’en connaît rien. Ces élec­tions ont dévoilé de nom­breux para­doxes reflétant un conflit entre l’ancien et le nouveau dans la société amé­ri­caine. Un conflit entre le racisme contre les Noirs, reflété par ce qui s’est passé avec le premier can­didat noir d’origine afri­caine musulmane et entre l’intégration d’éléments arri­vants. Ces ten­dances se sont révélées il y a huit ans par la coa­lition, entre la droite reli­gieuse et les nou­veaux conser­va­teurs, qui a soutenu Bush.

Obama a adopté le slogan du chan­gement qui a attiré de nom­breux Amé­ri­cains exas­pérés par la stu­pidité des poli­tiques adoptées par Bush. Cependant, ceci ne l’a pas empêché de recourir aux mêmes pro­cédés uti­lisés par les poli­ti­ciens amé­ri­cains pour s’attirer la sym­pathie des groupes de pression avec en tête le lobby sio­niste. En effet, il s’est empressé de pro­mettre au lobby amé­ricain le plus fort, le plus organisé et le plus influent qu’il n’abandonnerait pas la sécurité d’Israël dont la capitale demeurera Jéru­salem. Obama s’est ainsi écarté de toute appar­te­nance qui le pla­cerait à proximité de ses ori­gines africo-​​musulmanes ou même de toute éven­tualité de négocier avec le Hamas ou l’Iran. Ce sont là des ten­dances qui flattent le lobby sioniste.

Les Arabes seraient naïfs de porter des espoirs sur la nou­velle Admi­nis­tration d’Obama. Car malgré leurs comptes en banque et leur pétrole et malgré l’intensité des intérêts amé­ri­cains au Moyen-​​Orient, ils ne pos­sèdent pas les outils d’influencer la poli­tique amé­ri­caine. Ils ne peuvent pas non plus pré­tendre, comme le prétend Israël, pos­séder une démo­cratie et des valeurs impli­quant le respect. De plus, ils ne déploient pas le moindre effort pour se heurter aux can­didats amé­ri­cains bien qu’il existe des éléments arabes actifs dans les rangs des deux partis. Le maximum qu’ils peuvent faire est de financer clan­des­ti­nement la cam­pagne de tel ou tel can­didat. Or, c’est là un procédé idiot qui n’a aucun ren­dement politique .

[1] les pri­maires au sein du parti démocrate