Profond malaise à l’occasion du 60e anniversaire d’Israël

Jean Shaoul, vendredi 23 mai 2008

Le rôle d’auxiliaire de l’impérialisme amé­ricain joué par Israël entraîne des dépenses mili­taires de plus en plus impor­tantes et un conflit continu avec ses voisins, notamment l’Iran et les Palestiniens.

Aujourd’hui [15 mai 2008], confor­mément au calen­drier hébraïque, Israël célèbre le 60e anni­ver­saire de sa fon­dation. A l’occasion de cet événement, les diri­geants du monde par­ti­ci­peront à une confé­rence inter­na­tionale se déroulant à Jéru­salem du 14 au 16 mai, date effective de la création d’Israël. Seront pré­sents, le pré­sident des Etats-​​Unis, George W. Bush, l’ancien pré­sident de l’Union sovié­tique, Mikhail Gor­batchev, l’ancien secré­taire d’Etat amé­ricain, Henry Kis­singer, douze chefs d’Etat, les médias et les magnats indus­triels, Rupert Murdoch et le cofon­dateur de Google, Sergey Brin.

Les fes­ti­vités offi­cielles, parades aérienne et navale le long de la côte médi­ter­ra­néenne, et sauts en para­chute en masse, illus­trent le caractère d’Israël comme Etat mili­tarisé qui contrôle l’ensemble de la région pour le compte de l’impérialisme américain.

Malgré les fes­ti­vités, aucun des com­men­ta­teurs, ni à l’intérieur ni à l’extérieur d’Israël, n’a pu dis­si­muler le profond sen­timent de malaise et de déception qui pré­domine en Israël. De nom­breux Israé­liens étaient opposés à des fes­ti­vités gran­dioses : une pétition orga­nisée sur Internet appelant à la réduction des dépenses avait recueilli 90 000 signa­tures à la fin du mois de mars au lieu des 10 000 signa­tures escomptées ini­tia­lement. En consé­quence, le gou­ver­nement fut obligé d’annoncer que 35 pour cent des 28 mil­lions de dollars prévus au départ iraient à des projets éducatifs, d’infrastructure et de com­mé­mo­ration. Il y a dix ans, un budget de 70 mil­lions de dollars avait encore été dépensé pour le 50e anniversaire.

Les com­men­ta­teurs n’ont pu s’empêcher non plus de marquer le contraste entre ceci et la manière dont les Pales­ti­niens des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, des sor­dides camps de réfugiés du Liban, de la Syrie et de la Jor­danie et de la dia­spora pales­ti­nienne consi­dèrent cet événement.

Pour eux, la création d’Israël, qu’ils appellent la Naqba, ou catas­trophe, est synonyme d’expulsion forcée et de fuite de plus de 700 000 Pales­ti­niens de leurs terres et le début d’une vie d’exil et de pau­vreté. Ils furent expro­priés avec inter­diction de retour. Aujourd’hui, ces pre­miers réfugiés et de leurs des­cen­dants ainsi que ceux qui devinrent des réfugiés après la guerre de 1967 sont au nombre d’environ 4,5 mil­lions de personnes.

En raison de l’anniversaire d’Israël, les Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et de Gaza sont confrontés à trois jours de fer­meture des fron­tières. Les employés de la fonction publique et les étudiants débrayeront à 11 heures pour rejoindre les ras­sem­ble­ments orga­nisés en Cis­jor­danie et à Gaza. A midi, les sirènes reten­tiront pour marquer le début de deux minutes de silence.

Un nombre non négli­geable de com­men­ta­teurs a fait remarquer la dif­fé­rence d’avec les fes­ti­vités du 50e anni­ver­saire quand de nom­breux Israé­liens nour­ris­saient encore des illu­sions sur l’accord d’Oslo de 1993. Ils espé­raient qu’il offrirait la pos­si­bilité d’un Etat pales­tinien tronqué et donc la paix avec les Pales­ti­niens et leurs voisins arabes. Le magazine Eco­nomist a remarqué que l’avenir d’Israël était « aussi incertain qu’à n’importe quel autre moment de ses 60 ans d’histoire ». Michael Oren, his­torien israélien et col­la­bo­rateur du groupe de réflexion au Centre Shalem, a posé de façon signi­fi­cative la question, « Combien de pays dans le monde se demandent s’ils exis­teront encore dans 20 ou 30 ou 50 ans ? La survie d’Israël n’est pas une question que nous pouvons tenir pour acquise. »

Plusieurs facteurs sous-​​tendent ce profond pessimisme.

L’échec de la guerre du Liban

Le résultat mili­taire non concluant de la guerre de 2006 au Liban fut une débâcle pour Israël et fit trembler l’élite diri­geante. La guerre n’était pas seulement censée éliminer le Hez­bollah en tant que force mili­taire et poli­tique signi­fi­cative. Sous le couvert de la « guerre contre le ter­ro­risme », elle devait également pro­mouvoir l’objectif stra­té­gique de Washington en Asie cen­trale et au Proche-​​Orient, à savoir le contrôle des res­sources pétro­lières de la région en ciblant l’Iran.

Bien qu’ayant subi des pertes consi­dé­rables, l’attitude de défi adoptée par le Hez­bollah face au bom­bar­dement israélien, soutenu par Washington, et qui a entraîné la mort de plus d’un millier de per­sonnes en en blessant bien davantage tout en détruisant une grande partie de l’infrastructure de base du Liban, a rehaussé sa répu­tation de par le Proche-​​Orient. Le gou­ver­nement libanais, soutenu par les Etats-​​Unis, a par contre été considéré à juste titre comme un régime de type « collabo » de Washington.

La débâcle a montré qu’Israël n’était abso­lument pas préparé à mener une guerre contre une armée de gué­rilla munie d’armes conven­tion­nelles. Ce qui met en évidence la fai­blesse et la vul­né­ra­bilité non seulement de l’armée israé­lienne, des ser­vices du ren­sei­gnement et de défense civile, mais aussi le manque de soutien popu­laire pour le mili­ta­risme promu par sa direction politique.

L’armée israé­lienne s’était habituée à mener des opé­ra­tions de guerre de faible intensité contre les Pales­ti­niens. Elle n’était ni prête, ni équipée et ni entraînée à mener des opé­ra­tions au sol de grande envergure contre un adver­saire mili­taire plus sub­stantiel. De plus, une armée prin­ci­pa­lement de conscrits, constituée de jeunes gens et com­plétée par des réser­vistes plus vieux, com­prenait beaucoup de soldats qui n’étaient pas d’accord avec cette guerre et qui ne vou­laient pas combattre.

La défense civile israé­lienne (ses abris et ses pro­vi­sions dans les villes situées au nord du pays ayant été la cible de tirs de roquettes du Hez­bollah) avait presque entiè­rement disparu du fait de la pri­va­ti­sation, la déré­gle­men­tation et les réduc­tions finan­cières, sans parler des ver­se­ments de pot-​​de-​​vin et de la cor­ruption. Alors que les citoyens qui dis­po­saient de suf­fi­samment d’argent et d’amis dans le sud pou­vaient fuir, les pauvres et les per­sonnes âgées se retrou­vaient avec peu ou pas du tout de pro­tection ou de pro­vi­sions. La cruelle indif­fé­rence du gou­ver­nement devant le sort de ses citoyens fut l’un des prin­cipaux fac­teurs de la mise en place, sous la pression popu­laire, de la com­mission d’enquête offi­cielle Winograd qui a sévè­rement cri­tiqué la coa­lition gou­ver­ne­mentale Kadima-​​Parti tra­vailliste d’Ehoud Olmert sur sa conduite de la guerre.

Les relations avec les Palestiniens

La situation concernant les Pales­ti­niens, tout en étant en appa­rence une « réussite » pour Israël, a suscité un grand mécon­ten­tement poli­tique parmi les Israéliens.

Der­rière l’écran de fumée du « pro­cessus de paix » par­rainé par les Etats-​​Unis, et avec la duplicité du pré­sident Mahmoud Abbas de l’Autorité pales­ti­nienne, Israël a consolidé davantage encore son appro­priation de terres en Cis­jor­danie. Le gou­ver­nement a encerclé Jéru­salem de colonies de peu­plement qui ren­dront impos­sibles aux Pales­ti­niens de vivre à Jéru­salem ou de s’y rendre et encore moins d’en faire la capitale d’un éventuel Etat pales­tinien. Il a trans­formé la Cis­jor­danie en un assem­blage d’enclaves dis­pa­rates, confinant les Pales­ti­niens à vivre sur 60 pour cent de la Cis­jor­danie alors que 40 pour cent se trouvent en dehors des limites en raison du soi-​​disant mur de sécurité, des ins­tal­la­tions mili­taires et des routes reliant les colonies de peu­plement à Israël. 550 bar­rages rou­tiers rendent les dépla­ce­ments presque impos­sibles et détruisent l’économie.

Dans le même temps, Israël a fait la guerre contre les habi­tants de la bande de Gaza, a assassiné ses adver­saires, tué des cen­taines de Pales­ti­niens et infligé une punition col­lective cruelle et illégale à l’ensemble de la popu­lation. Israël a assiégé Gaza pour affamer les Pales­ti­niens jusqu’à leur sou­mission. Les réduc­tions de 70 pour cent de l’approvisionnement en énergie ont entraîné des cou­pures de courant, des per­tur­ba­tions dans l’approvisionnement en eau potable et ont fait que 30 mil­lions de litres d’eaux d’égout par jour sont déversés sur les plages de Gaza. Il y a deux semaines, l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés pales­ti­niens (UNRWA) a dû cesser pendant plu­sieurs jours la dis­tri­bution des pro­duits ali­men­taires après que ses véhi­cules ont manqué de car­burant. Plus de 80 pour cent de la popu­lation de Gaza dépend de l’aide huma­ni­taire, 1,1 million de per­sonnes reçoivent de l’aide ali­men­taire de l’ONU.

Une fois de plus, cependant, les actions inhu­maines et illé­gales menées par Israël à l’encontre des Pales­ti­niens ont servi à ren­forcer le soutien pour le Hamas et l’islam poli­tique et ont écoeuré la majorité des Israé­liens qui veulent une solution paci­fique avec les Palestiniens.

Les divisions sociales

Le dernier, et de loin le facteur le plus important, du malaise public qu’a suscité le 60e anni­ver­saire est la crois­sance phé­no­ménale des écarts sociaux qui se sont creusés en Israël du fait de la poli­tique de libre marché appliquée par les gou­ver­ne­ments suc­cessifs. Les pri­va­ti­sa­tions, la réforme des retraites, des ser­vices sociaux, les réduc­tions des dépenses publiques et des impôts, et la déré­gu­lation ont trans­formé en cau­chemar le rêve d’égalitarisme et de col­lec­ti­visme, pro­clamé autrefois comme la raison d’être d’une terre nationale pour les Juifs.

L’économie d’Israël est tota­lement dépen­dante du soutien financier des Etats-​​Unis et d’accords com­mer­ciaux pré­fé­ren­tiels. Ses tech­no­logies de pointe, la bio­tech­no­logie, l’industrie des nano­tech­no­logies, les maté­riaux de haute qualité, l’énergie renou­ve­lable et les armes visent les Etats-​​Unis et l’Europe. La crois­sance écono­mique qui a été de plus de 3 pour cent par an durant ces quatre der­nières années ne profite pourtant en Israël qu’à une faible minorité. Le coef­fi­cient de Gini qui mesure l’inégalité des revenus a aug­menté de façon constante, ce qui fait d’Israël un des pays les plus inégaux parmi les pays développés.

Un rapport publié en février dernier par l’Institut national d’Assurance montre que 20 pour cent des familles vivent sous le seuil de pau­vreté. Des mesures prises pour forcer les gens à ne plus dépendre de l’aide sociale et à les pousser vers l’emploi ont fourni aux employeurs un nouveau réservoir de main-d’œuvre bon marché au point que durant ces cinq der­nières années la pro­portion de tra­vailleurs pauvres (des familles dont au moins un membre tra­vaille) a aug­menté d’un tiers. Le taux de pau­vreté des enfants a aug­menté pour atteindre 36 pour cent l’année der­nière en raison en partie des modi­fi­ca­tions apportées au système d’aide sociale.

Les pres­sions finan­cières touchent aussi les groupes à revenu moyen. Devenir pro­prié­taire est de plus en plus dif­ficile. En 2006, le nombre de nou­veaux prêts immo­bi­liers avait baissé de 50 pour cent par rapport à 2003. Les bureaux de conseil aux citoyens seraient remplis de gens issus des classes moyennes en quête de conseils juri­diques et finan­ciers. Comme le disait Yuval Elbashan, directeur adjoint de Yedid, un réseau de groupes de citoyens, « Les pauvres n’ont pas de budget à gérer. »

C’est parce qu’Israël est tel­lement tri­bu­taire des sub­ven­tions de Washington que la situation va sérieu­sement s’aggraver au fur et à mesure que la crise écono­mique se mani­festera plei­nement sur le budget américain.

En plus de la pola­ri­sation sociale crois­sante, Israël est divisé selon des cri­tères eth­niques, reli­gieux et idéo­lo­giques. Vingt pour cent de la popu­lation israé­lienne sont des Arabes qui sont traités comme des citoyens de seconde classe. Leurs parents réfugiés ne peuvent retourner en Israël, alors que les Juifs vivant à l’étranger obtiennent auto­ma­ti­quement la citoyenneté israé­lienne. Il est pra­ti­quement impos­sible pour des Israé­liens arabes de trouver un emploi dans les indus­tries dites « stra­té­giques » telles l’électricité et l’eau ou de louer des terres du Fonds national juif malgré un jugement de la Cour suprême d’Israël en leur faveur. Leurs villes et vil­lages reçoivent moins de soutien financier public.

Les com­men­ta­teurs israé­liens ne cessent de lancer des aver­tis­se­ments sinistres au sujet d’une bombe à retar­dement démo­gra­phique. Le taux de nais­sance plus élevé parmi les Pales­ti­niens israé­liens et ceux de Cis­jor­danie et de Gaza signifie que dans vingt ans il y aura plus de Pales­ti­niens que de Juifs en Israël et dans les ter­ri­toires occupés, menaçant ainsi le caractère juif de l’Etat et qui est d’une impor­tance capitale pour le sionisme.

Il y a également des conflits crois­sants entre les Juifs reli­gieux et laïcs dans un pays où les auto­rités reli­gieuses contrôlent de nom­breux aspects du droit civil tel la citoyenneté, le mariage et le divorce. Les partis ortho­doxes d’extrême droite et ceux qui sont les porte-​​parole des colons et qui jouent un rôle clé dans la com­po­sition des gou­ver­ne­ments de coa­lition, cherchent à imposer les dictats des lois reli­gieuses juives à des domaines de plus en plus vastes de la vie sociale.

Com­parés aux Juifs d’Europe, les Juifs dont les familles sont ori­gi­naires du Proche-​​Orient ou d’Afrique du Nord sont également traités comme des citoyens de seconde classe. Parmi le million d’immigrés venus de Russie, l’on compte plus de 300 000 immigrés non Juifs. La pola­ri­sation sociale crois­sante et la déso­rien­tation poli­tique ont fait qu’un mou­vement néonazi propre à Israël s’est constitué parmi ces couches. Au cours de ces deux der­nières années l’on a dénombré 500 attaques de civils et d’actes de mauvais trai­tement, l’on recen­serait d’ailleurs plu­sieurs cen­taines de jeunes néo­nazis en Israël. Il y a quelques semaines, quatre jeunes immigrés russes furent condamnés à des peines allant de 18 mois à quatre ans de prison pour avoir agressé et proféré des insultes racistes contre des Juifs ultra-​​orthodoxes et des sans-​​abri tout en se filmant mutuel­lement. Quatre autres membres de la bande com­pa­raissent sous des accu­sa­tions identiques.

Ce déve­lop­pement social et poli­tique a miné le pilier central du sio­nisme, à savoir sa reven­di­cation pour une unité poli­tique nationale contre tous ceux sus­pectés d’être les « ennemis » externes du peuple juif. En tant que tel, ce déve­lop­pement est une menace envers la sta­bilité poli­tique et sociale du pays.

Cer­taines des ins­ti­tu­tions les plus impor­tantes d’Israël sont sou­mises à des pres­sions. Le rôle d’auxiliaire de l’impérialisme amé­ricain joué par Israël entraîne des dépenses mili­taires de plus en plus impor­tantes et un conflit continu avec ses voisins, notamment l’Iran et les Pales­ti­niens. Mais on assiste de plus en plus à un manque d’enthousiasme à s’engager dans l’armée. Un quart des jeunes gens et des jeunes femmes, bien qu’ayant été appelés à faire leur service mili­taire, cherchent à s’y sous­traire invo­quant des raisons d’ordre moral ou de santé. Un nombre croissant de réser­vistes refuse de com­battre pour raisons d’ordre moral.

L’agitation poli­tique et les conflits sociaux se mul­ti­plient en Israël. Le gou­ver­nement est le repré­sentant d’une élite finan­cière cor­rompue et vénale. Il est lar­gement méprisé et les son­dages d’opinion révèlent un taux de satis­faction de moins de 10 pour cent pour le premier ministre Olmert. Olmert est lui-​​même visé par trois enquêtes de justice pour cor­ruption et pourrait être mis en accu­sation sitôt la fin des fes­ti­vités du soixan­tième anni­ver­saire. Des élec­tions anti­cipées seraient alors inévitables.

On est bien loin de l’avenir écono­mique sûr que le rêve sio­niste sem­blait pro­poser au peuple juif il y a de cela soixante ans. C’est ce qui sous-​​tend la déception gran­dis­sante vis-​​à-​​vis d’Israël aujourd’hui.

Un certain nombre de fac­teurs ont conduit les tra­vailleurs israé­liens à s’identifier à l’Etat sio­niste, notamment l’Holocauste et l’encerclement d’Israël par des régimes hos­tiles et des­po­tiques. En dépit de cela, il y a tou­jours eu, et quelle que soit la confusion au sein de la classe ouvrière, une oppo­sition contre l’oppression des Pales­ti­niens et le désir de paix avec leurs voisins arabes. Dans la période à venir, ces sen­ti­ments aug­men­teront au fur et à mesure que les dif­fé­rences de classe s’accentueront dans la société israélienne.

De tels objectifs de même que des niveaux de vie décents pour tous les citoyens israé­liens ne pourront être obtenus que par l’unité de la classe ouvrière arabe et juive et en sur­montant les divi­sions eth­niques, reli­gieuses et natio­nales qui sont encou­ragées par la bour­geoisie. Ceci requiert une lutte commune contre les élites diri­geantes israé­lienne et arabe et la construction des Etats socia­listes unis du Proche-​​Orient. Le Comité inter­na­tional de la Qua­trième Inter­na­tionale s’efforce par le biais du World Socialist Web Site d’établir la direction qui accom­plira cette tâche historique.