Proche-​​Orient : La nouvelle politique américaine dans la région

Abdallah Al-​​Achaal, jeudi 9 octobre 2008

La coa­lition aveugle entre les Etats-​​Unis et Israël est la seule chose qui a porté pré­judice aux rela­tions américano-​​arabes, durant l’ère du pré­sident Georges Bush.

De plus, cette même coa­lition a nui à l’image de Washington dans le monde arabe et en Iran et a empêché Washington de voir ses véri­tables intérêts, car il tra­vaillait uni­quement pour servir les intérêts d’Israël. Les deux can­didats à la pré­si­dence amé­ri­caine sont d’accord sur la nécessité de res­tituer le prestige et l’image des Etats-​​Unis dans le monde. Une partie de l’amélioration de cette image doit donc se faire dans le monde arabe et surtout dans le domaine du conflit arabo-​​israélien. Les obser­va­teurs essayent de prédire la nature de la poli­tique amé­ri­caine dans la région dans la période à venir. Dans ce contexte, deux éven­tua­lités se présentent.

Pre­miè­rement, il se peut que les rela­tions américano-​​israéliennes prennent un autre ton de celui adopté par l’administration de Bush, de sorte à ce que les intérêts amé­ri­cains soient pris en consi­dé­ration et que Washington soit moins impulsif dans la réa­li­sation des caprices israé­liens. Ceci se réa­lisera si Obama accède au pouvoir. C’est pourquoi la com­mu­nauté juive ne votera cer­tai­nement pas pour Obama, bien qu’elle pré­tende prendre le parti des mino­rités, exac­tement comme elle a refusé de voter pour Bush lors de son premier mandat, car elle n’était pas sûre de sa loyauté envers Israël. Quant à McCain, pour lequel cette com­mu­nauté votera cer­tai­nement, il suivra pro­ba­blement la poli­tique de Bush contre les Pales­ti­niens, les Arabes, l’Iran et tous ceux qui mécon­tentent Israël. Cependant, ses posi­tions seront un peu plus flexibles que les posi­tions idéo­lo­giques de Bush envers Israël.

Cette éven­tualité mènera à un choc entre les Arabes et les Etats-​​Unis, surtout que les Arabes res­sentent qu’ils doivent se montrer sus­pi­cieux envers les poli­tiques amé­ri­caines. Cela à cause de leur inca­pacité de résoudre la cause pales­ti­nienne ainsi que les autres questions-​​clé de la région. Dans ce contexte, tous les efforts diplo­ma­tiques ne pourront embellir la position de Washington à moins qu’il ne déploie de véri­tables efforts pour la rendre moins contestée.

La seconde éven­tualité est que la nou­velle admi­nis­tration assimile les leçons de l’échec amé­ricain et de la rigueur des posi­tions amé­ri­caines pro-​​israéliennes et qu’elle ratio­nalise les rela­tions américano-​​israéliennes. Ces rela­tions sont la clé du déve­lop­pement des posi­tions amé­ri­caines entre les Pales­ti­niens, les Arabes et l’Iran. Cette position amé­ri­caine peut ouvrir la porte à un rôle amé­ricain plus constructif pour convaincre toutes les parties du sérieux de Washington et de son impar­tialité relative. Cette position peut aussi pousser au règlement de tous les dos­siers par l’intermédiaire des négo­cia­tions, y compris le dossier iranien, car de cette manière, Israël peut être sûre d’être la seule force nucléaire acceptée et pro­tégée par les Etats-​​Unis, après avoir convaincu l’Iran de renoncer paci­fi­quement à toute ambition nucléaire mili­taire. L’image de la région, à la lumière de cette éven­tualité, pré­sentera de nou­veaux défis au monde arabe car l’Iran, la Turquie ainsi que d’autres pays de l’extérieur de la région peuvent entrer dans cette image aux dépens de la région et dans le vide laissé par le monde arabe.

Dans cette atmo­sphère, les évolu­tions sociales et démo­cra­tiques peuvent pros­pérer dans la région après la dis­pa­rition de tous les immo­bi­lismes. Ce sont ces der­niers qui avaient affaibli les chances d’évolution dictées par Washington. Quelle que soit l’orientation de la poli­tique amé­ri­caine, la place des Arabes restera impor­tante dans l’agenda amé­ricain, surtout après l’affaiblissement de la force amé­ri­caine et l’apparition de nou­velles puis­sances politiques.