Processus de paix : l’arbitre (ré)apparaît

Gilles Paris, dimanche 5 septembre 2010

Pourquoi la pré­sence d’une tierce partie est-​​elle néces­saire ? Sans doute à cause de l’asymétrie qui carac­térise les rela­tions israélo-​​palestiniennes

Il s’agit sans doute du prin­cipal ensei­gnement, pointé par le chro­ni­queur israélien du Yédioth Aha­ronoth Nahum Barnéa, de la relance for­melle des dis­cus­sions directes entre Israé­liens et Pales­ti­niens, mer­credi et jeudi, à Washington. Les Etats-​​Unis semblent prêts à reprendre le rôle qui a été le leur par le passé d’ “honest broker”, d’arbitre. On dira que Bil Clinton puis George Bush ont tenu ce rôle sans succès lors du sommet de Camp David en juillet 2000, puis avec le pro­cessus d’Annapolis à partir de novembre 2007, mais il s’agissait dans les deux cas de pré­si­dents par­venus au terme de leur second mandat et donc affaiblis politiquement.

Pourquoi la pré­sence d’une tierce partie est-​​elle néces­saire ? Sans doute à cause de l’asymétrie qui carac­térise les rela­tions israélo-​​palestiniennes, comme le rap­pelle avec per­ti­nence un uni­ver­si­taire bon connaisseur du dossier, Vincent Romani.

Le “pro­cessus de paix”, formule presque magique souvent décon­nectée d’une réalité com­plexe, est assez ancien pour avoir déjà fait l’objet d’examens cri­tiques. La “feuille de route”, plan inter­na­tional rédigé en décembre 2002 par les Euro­péens et les Amé­ri­cains pour tra­duire la “vision” de George Bush exprimée à l’occasion de son dis­cours de juin 2002, évoquait jus­tement cette nécessité même si elle s’appliquait à un autre méca­nisme : l’adoption de mesures paral­lèles des­tinées à res­taurer la confiance entre les deux parties sous le contrôle d’un “juge de paix”.

L’agenda suivi depuis le lan­cement des dis­cus­sions de “proximité”, indi­rectes, est resté amé­ricain. Les Etats-​​Unis tra­vaille­raient déjà à la formule qui per­met­trait de passer l’obstacle du 26 sep­tembre, terme du gel partiel de la colo­ni­sation décrété uni­la­té­ra­lement par Israël (dont il convien­drait de dresser un bilan impartial). En cas d’échec de la piste de Washington, la Maison Blanche pourra encore for­muler ses propres “para­mètres” pour un règlement du conflit, comme l’avait fait en son temps M. Clinton, mais trop tard. Réap­pa­rition d’un arbitre, donc, et d’un seul. Les Euro­péens n’étaient pas conviés à Washington.