Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes !!

REFLEXes, lundi 5 octobre 2009

Mardi dernier 22 sep­tembre avait lieu à Paris le procès de Dieu­donné et de Robert Fau­risson qui étaient jugés pour leur « attentat humo­ris­tique » - comme se plait à l’appeler Dieu­donné, y compris devant ses juges - au Zénith en décembre dernier.

Cette « oeuvre humo­ris­tique » consistait, rappelons-​​le, en la remise par Dieu­donné d’un prix de « l’infréquentabilité et de l’insolence » à Robert Fau­risson. Non content de son petit effet, et au cas où le message n’aurait pas été assez clair pour son public (sait-​​on jamais !), ce prix était remis par son tech­nicien Jacky, portant pour l’occasion un pyjama affublé de l’étoile jaune. On ne pouvait être plus clair !

Nous ne nous éter­ni­serons pas sur l’audience en elle-​​même, Dieu­donné faisant son numéro habituel, les avocats des parties civiles jouant leur rôle sans trop d’efforts tant il y a de matière à …, le public étant lui aussi tel qu’on l’espérait, riant gras des bons mots de « l’artiste » [1], et lançant des « au bûcher ! » à l’intention du Pré­sident de la chambre.

Plus inté­ressant à observer était la com­po­sition du public venu apporter son soutien au nouveau tribun « anti­sio­niste » [2]. Bien entendu il y avait là la troupe habi­tuelle de ses sup­porters, dont beaucoup figu­raient sur la fameuse Liste Anti­sio­niste des européennes :

- Ginette Skan­drani, que nous ne pré­sentons plus ici. Tou­jours là, d’autant que Dieudo lui ayant rendu hommage sur scène avec Fau­risson, elle ne pouvait que lui rendre la pareille.

- Quelques membres d’Egalité & Récon­ci­liation [3], dont Marc Georges et Julien Limes, res­pec­ti­vement secré­taire général d’E&R et chargé du secré­tariat, tous deux très pré­sents durant la cam­pagne euro­péenne. Julien décou­vrira d’ailleurs à cette occasion que faire de la poli­tique n’est pas tou­jours de tout repos, notamment sur cer­tains marchés.

- Pierre Panet, 15e sur la Liste Anti­sio­niste et membre fon­dateur du site Les Ogres (site proche de Dieu­donné depuis sa création). Moins connu que Ginette Skan­drani mais tout aussi actif, cela fait plu­sieurs années qu’on le voit s’agiter aux côtés de Dieu­donné, tel­lement proche que son adresse est aussi celle de Bonnie Pro­duc­tions et des Pro­duc­tions de la Plume, les deux struc­tures orga­ni­sa­trices des spec­tacles de Dieu­donné [4]. Anne-​​Sophie Mercier, auteur de La vérité sur Dieu­donné paru en 2005 rap­porte les propos sui­vants de Pierre Panet : « Israël a une vrai res­pon­sa­bilité dans les attentats du 11 sep­tembre. Ces israé­liens qui fai­saient le V de la vic­toire dans les rues de Tel-​​Aviv, on les a filmé pendant qu’ils ne regar­daient pas ! Moi j’ai vu ce film que les sio­nistes ont ensuite fait dis­pa­raître. » [5].

Il faut dire que c’est le même homme qui voit en Fau­risson un « huma­niste » dans un texte publié le mois dernier sur le site de l’association Entre la Plume et l’Enclume [6]. Fait peu étonnant, Fau­risson ne l’oublia pas dans les remer­cie­ments qu’il pro­digua au Zénith.

- Ahmed Moualek, ani­mateur du site La Ban­lieue s’exprime, qui visi­blement très fier de son nouveau « bon mot » traitera un vieux mon­sieur pro­ba­blement membre d’une asso­ciation partie civile, de « jui­fiste ». Ce qui bien entendu n’est pas une insulte anti­sémite selon Ahmed Moualek mais est sensé désigné les « juifs sio­nistes extrémistes » !!

- Pour finir, les incon­tour­nables DuponT et DuponD de l’extrême droite anti­sémite, les mal nommés Thomas Werlet du Parti Soli­daire Français et Charles Alban Scheppens [7]. Thomas Werlet qui doit se sentir de plus en plus isolé dans ce conglo­mérat hété­ro­clite. Les alliances contre nature ont leur limite, il sem­blerait que son grou­puscule de « raton­neurs » trouve de moins en moins grâce aux yeux de beaucoup.

- A noter l’absence, ou presque, de Fré­déric Cha­tillon, ancien res­pon­sable du GUD et proche de Dieu­donné. Il fût pourtant nommé durant l’audience par Sté­phane Lilti, avocat de l’association J’accuse, comme l’un des prin­cipaux pour­voyeurs d’écrits révi­sion­nistes dans le monde arabe. Mais s’il man­quait à l’appel, ce n’était pourtant pas faute d’avoir fait le dépla­cement, puisqu’il accom­pa­gnera Dieu­donné jusqu’à l’entrée mais fera rapi­dement demi-​​tour, pro­ba­blement par crainte de se retrouver sous les feux de la rampe média­tiques. Un excès de timidité sur­prenant de la part de quelqu’un qui est pourtant cou­tumier des lieux.

- La liste enfin ne serait pas com­plète si nous n’évoquions Joss, incon­tour­nable garde du corps de Dieu­donné, qui cette fois ci s’était entouré de quelques cos­tauds que l’on voyait encore récemment autour du Col­lectif Cheick Yassine et qui seraient aussi à l’origine d’une mys­té­rieuse Ligue de Défense Musulmane. Ce Col­lectif ayant pourtant offi­ciel­lement rompu avec Dieu­donné (entre autre pour cause d’incompatibilité d’humeur avec le sieur Soral) mais garde visi­blement de très bonnes rela­tions avec Joss. Cela montre aussi qu’il serait faux de le cata­loguer sim­plement comme « gros bras » puisqu’il fait le lien avec pas mal de monde (dont le PMF de Mohamed Latrèche par exemple).

Jusque là rien de bien sur­prenant, car malgré les ten­sions et diver­gences, face à l’adversaire (entendez par là le « lobby qui contrôle tout », dont la justice !), tout ce petit monde res­serre les rangs.

En revanche, si Dieu­donné avait ses sup­porters, Fau­risson avait lui aussi les siens, et pour le coup cela avait un arrière goût d’ « inter­na­tionale révisionniste ».

Bien que repré­senté par son avocat, Robert Fau­risson, tout comme son frère Jean [8], assistait à l’audience, sans que per­sonne ne semble les remarquer d’ailleurs puisque nul jour­na­liste n’en fera état. Il faut dire qu’ils se sont tous tenus bien à l’écart.

On voit ici Jean Fau­risson arriver en com­pagnie de Dieudo, avec au milieu un Fré­déric Cha­tillon regardant ses chaus­sures au moment opportun. Un lacet défait sans doute ? :

Mais la dream-​​team de Fau­risson était ce jour-​​là pas­sa­blement ren­forcée par des « poin­tures » de la négation, puisque des « célé­brités » de renommé inter­na­tionale telles que Michelle Renouf, Guillaume Nichols et Peter Rushton étaient venus sou­tenir le vieux pro­fesseur. Les voici tous les 3 dans l’ordre sur la photo, pro­fitant d’une inter­ruption de séance [voir les photos sur la source. NdR]

Comment faire court avec de tels personnages, aux CV si chargés ?

« Lady » Michelle Renouf (puisqu’elle se pré­sente ainsi) est une révi­sion­niste anglo-​​australienne. Ou plutôt une espèce de porte-​​parole de la mou­vance, voire d’icône. Très proche de l’anglais David Irving [9], elle par­ticipa à la confé­rence de Téhéran en décembre 2006 [10], mais sa prin­cipale activité est le soutien aux néga­tion­nistes dans leurs démêlés judi­caires. En 2007, elle était au côté de son com­pa­triote Peter Rushton lors d’un ras­sem­blement de soutien à Ernst Zündel devant l’ambassade d’Allemagne à Londres [11]. Fin 2008 c’est pour Fre­drick Töben [12] qu’elle s’activa. On a pu aussi la voir invitée par le BNP British National Party de Nick Griffin, ou encore au côte de David Duke, un des plus actifs des supré­ma­tistes blancs amé­ri­cains. Plus récemment elle pro­duira un film docu­men­taire « Jailing Opi­nions », film qui fait le point sur les per­sé­cu­tions (n’ayons pas peur des mots) dont ils se disent les vic­times, et dans lequel on retrouve en bonne place Robert Fau­risson invité de P. Rushton. Dis­tribué via Internet le site du film a pour web­master le même Peter Rushton, déci­dément très actif ! On peut les voir ci-​​dessous lors du ras­sem­blement en soutien à E. Zündel [voir article source] :

Peter Rushton donc, en chemise blanche sur la photo du procès, est un sul­fureux per­sonnage. Indé­nia­blement issus de l’extrême droite anglaise la plus radicale qui soit, il sera proche un temps du British National Party et de Nick Griffin, avant d’en être exclu pour d’obscure raison. Cer­tains de ses détrac­teurs le taxant volon­tiers d’agent pro­vo­cateur, voir d’espion.

Pourtant, comme toute rumeur, elle laissera des traces et il sera déclaré persona non grata dans cer­tains cou­rants de l’extrême droite anglaise. Cela ne l’empêchera pas de s’intéresser de très prêt à la création du White Natio­nalist Party, créé début 2000 par des anciens de Combat 18 jugeant trop mou le BNP, où il par­ti­cipera à cer­tains de leurs mee­tings. Il inter­vient ici lors d’un meeting du British People’s Party en mars 2008 : [sur article source]

Enfin, au milieu, le dernier de ce trio n’est pas non plus tota­lement inconnu. Guillaume Fabien Nichols, d’origine amé­ri­caine mais ayant choisi la natio­nalité fran­çaise, est un proche col­la­bo­rateur du Pro­fesseur Fau­risson depuis plus d’une dizaine d’années. Il est son tra­ducteur en anglais, mais ayant vécu plu­sieurs années en Italie il s’est aussi fait le porte parole du pro­fesseur dans ce pays, notamment auprès de l’Institut Enrico Mattei de Claudio Moffa [13]. On le soup­çonne d’être l’animateur du blog « inof­ficiel » du Pro­fesseur Faurisson.

Mais s’il est vrai que l’on ne peut reprocher à Dieu­donné les mau­vaises fré­quen­ta­tions de Fau­risson, il est évi­demment plus que mal­honnête de sa part de feindre, comme il le fit à l’audience, l’ignorance des opi­nions de ses invités !!

Car c’est bien chez lui (du moins dans son théâtre) que tout ce petit monde s’est retrouvé pour fêter les 80 ans du vieux pro­fesseur, et comme le montrent ces photos sui­vantes, il sem­blerait qu’il soit main­tenant bien introduit dans le club des « infré­quen­tables ». Pra­tique, pour son pro­chain Zénith, il pourra faire l’économie d’un invité et se remettre le prix directement !!

Mais au vue de sa piètre pres­tation, on peut se demander si les mêmes répon­dront à l’appel sans l’implication de Fau­risson. Contrai­rement à ce dernier, Dieu­donné n’a en effet pas profité de ce procès pour en faire une tribune pour « la liberté d’expression » ou la « recherche sur la vérité his­to­rique » selon la phra­séo­logie révi­sion­niste. Bien au contraire, il s’est obstiné à déclarer qu’il ne connaissait pas le travail de Robert Fau­risson. Effec­ti­vement peu glo­rieux. Quelques clichés de cette soirée d’anniversaire du pro­fesseur à la Main d’Or :[voir source]

Bien entendu, l’oeil averti de nos lec­teurs se sera arrêté sur un visage, tout sourire der­rière ses amis, et qui avait défrayé la chro­nique au printemps.

Petit retour en arrière…

Au prin­temps dernier sort un livre appelé à sus­citer la polé­mique. Non pas dans le domaine lit­té­raire puisqu’il est com­plè­tement passé sous silence mais, une fois de plus sur Internet, qui joue là son rôle de « média libre » et ouvert à tous. Dès le début, le livre de Paul Eric Blanrue, puisque c’est de lui qu’il s’agit, Sarkozy, Israël et les juifs, fait un véri­table buzz selon l’expression à la mode. Vu le titre, et bien que l’auteur pré­tende se référer à Raymond Aron et son De Gaulle, Israël et les juifs, l’ouvrage est encensé (avant même sa lecture) par plé­thore de sites ou blogs poli­ti­quement peu sym­pa­thiques [14]. On retrouve même ce livre cité en exemple par des cer­tains milieux pro-​​palestinien qui ces dernier temps, au nom de l’antisionisme sont prêt à de nom­breuse com­pro­mis­sions tel que Jean Bricmont (essayiste belge, proche de Michel Collon, et qui trouvera l’éditeur) ou encore la CAPJPO – Euro­pa­lestine (Coor­di­nation des Appels pour une Paix Juste au Proche Orient) qui décide de vendre le livre en question dans la librairie appar­tenant à sa res­pon­sable. Il y figurera d’ailleurs en vitrine. Plus récemment c’est Alain Gresh qui en conseillera la lecture.

Dans cet ouvrage PE Blanrue va prendre toutes les pré­cau­tions afin que son livre ne soit pas taxé d’écrit anti­sémite. Consa­crant tout un cha­pitre au terme de « lobby juif » qu’il réfute et au sujet duquel il déclare pré­férer celui de « réseaux pro-​​israéliens ». Fort bien ! Tout comme il n’hésitera pas à citer nombre d’intellectuels juifs (Esther Ben­bassa, Eli­sabeth Schemla, Théo Klein…) quand ceux-​​ci émettent des réserves ou cri­tiques à l’égard d’Israël ou d’un diri­geant com­mu­nau­taire trop excessif dans ses décla­ra­tions. Allant même jusqu’à dénoncer ce « faux archi connu » qu’est le Pro­tocole de Sages de Sion, ou déclarer stupide « car inexacte » l’idée que tous les juifs de France auraient un point de vue identique.

Mais alors, nous direz-​​vous, qu’est-ce qui nous gène dans ce livre ??

Tout d’abord son auteur, son par­cours et son passé (nous allons y revenir). Mais aussi un sen­timent de malaise res­senti à sa lecture, pas « la nausée et les mains sales » dont nous parlait Des­proges à propos du journal Minute, non, mais une désa­gréable impression de déjà vu ou entendu tout de même. Par exemple lorsqu’il parle de la faillite de la « banque juive Lehman Bro­thers », reprenant un article du site d’information Rue89. En réalité dans la note de bas de page citant la source, il apparaît clai­rement que Rue89 n’accole pas du tout le terme de « juive » à la banque en question. Or depuis bien long­temps, on sait qui accole sys­té­ma­ti­quement cette pré­cision, surtout associée à la banque ou aux métiers de la finance. En ferait-​​on de même avec un coiffeur ?? Ou lorsqu’il tente de nous démontrer qu’il existe bien un « vote juif », prenant pour exemple la consigne de vote sanction contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981 émanant du Renouveau Juif [15]. Sa conclusion est alors effa­rante : « résultat : François Mit­terrand élu … Voila bien une résul­tante notable de l’influence juive en France, avouée, tam­ponnée et signée… ». Que voilà des déduc­tions bien mal orientées quand on sait que Jacques Chirac a du faire bien plus de mal a VGE que « les juifs » ou « le vote juif ».

Les sources sont tout autant sujettes à caution, puisqu’au milieu de notes pro­venant de la presse géné­ra­liste, on trouve les sites des « pseudo agences de presses alter­na­tives » que sont Novo­press des Iden­ti­taires ou Alter­média qui en France fut animé par Unité radicale puis Christian Bouchet et des proches avant de finir entre les mais d’une petite équipe membre ou proche de l’ex-RED.

Mais répétons-​​le, l’auteur, très habi­lement et malgré quelques ratés, s’est efforcé de lisser son propos, et notre lecture cri­tique doit cer­tai­nement beaucoup au fait de connaître cer­tains élé­ments du passé de Blanrue, passé qui est somme toute très clair.

Et quel passé !!

Si il fait souvent réfé­rence à ses racines chré­tiennes (notamment dans l’interview qu’il accorde le 27 mai à Thierry Meyssan pour le Réseau Vol­taire) ce n’est pas anodin. Cela motiva en effet ses pre­miers enga­ge­ments à la fin des années 1980 et il fut ainsi le directeur de publi­cation du Bul­letin Légi­ti­miste [16], feuille d’information roya­liste de la région Lor­raine dont le rédacteur en chef adjoint était Thierry Gourlot (cadre du Front National, aujourd’hui res­pon­sable du Groupe FN au Conseil Régional de Lor­raine, et acces­soi­rement membre de la police fer­ro­viaire de la SNCF, la SUGE [17]), et l’un des prin­cipaux col­la­bo­ra­teurs Jean-​​Marie Cuny [18]. Nous vous laissons découvrir le comité de par­rainage, il est des plus expli­cites. On sait aussi que PE Blanrue fit un passage au FN en Moselle durant ces mêmes années (col­la­borant même à la feuille locale du FN inti­tulée La Flamme). Dis­pa­raissant durant quelques années des milieux acti­vistes, il fonde dans les années 1990 le Cercle Zété­tique [19] qu’il dirige jusqu’en 2004, un an avant sa dis­pa­rition. Son suc­cesseur à la pré­si­dence du cercle, Patrick Berger, créera dans la foulée la Radio Vraiment Libre (RVL), radio qui dès le début ouvrira son antenne à des gens comme Alain Soral ou Alain de Benoist.

Enfin, plus récemment on le retrouve donc au côté de Robert Fau­risson lorsque celui-​​ci fête ses 80 ans chez Dieu­donné, cer­tains pré­tendant même qu’il serait l’initiateur de la petite sau­terie, étant un membre actif de la liste de dif­fusion Résis­tance Révi­sion­niste [RR]. Le retrouver au procès des deux com­pères le 22 sep­tembre est donc plus que naturel comme on le voit sur la pho­to­graphie prise ci-​​dessous :[voir source]

Peu étonnant non plus, avec un peu de recul et au vu de ces quelques élé­ments, de constater que les chro­niques de ses livres dans Rivarol (et même une interview) ont été sys­té­ma­ti­quement écrites par Yvonne Schleiter, soeur du Pro­fesseur Fau­risson et figure active de la dif­fusion des idées néga­tion­nistes en France. On pense notamment à celle sur son livre Le Monde contre soi – Antho­logie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sio­nisme en 2007 qui est plus qu’enthousiaste [20].

La question se pose main­tenant de savoir comment l’ouvrage Sarkozy, Israël et les juifs, au titre et au contenu aussi ambigu, a pu trouver place dans une librairie comme celle de la CAPJPO, librairie qui propose aussi nombre d’ouvrages sur le fas­cisme ou encore sur la Shoah !! La réponse est simple. Il cor­respond à une attente, il comble un manque. Le sujet, certes délicat, évoque un pro­blème bien réel : est-​​il pos­sible d’émettre une cri­tique de la poli­tique menée par Israël sans se faire taxer d’antisémite ? Si on peut trouver ça et là des articles ou tri­bunes dans la presse traitant de ce sujet, un travail sérieux sur la question reste à entre­prendre. Ce qu’a très bien compris PE Blanrue qui a essayé d’occuper le créneau édi­torial. Reste, et c’est à nos yeux élé­men­taire, que cette cri­tique ne peut recevoir le même accueil que si elle émanait d’une per­sonne au par­cours poli­ti­quement limpide et irréprochable.

Une oppo­sition réelle au sio­nisme en tant qu’idéologie colo­niale et raciste ne peut être celle d’un Dieu­donné, d’un Soral ni d’un Blanrue car elle n’est alors que l’un des mul­tiples avatars du vieil anti­sé­mi­tisme européen. Nous per­sistons à penser que, quel que soit le sujet ou les défis actuels (impé­ria­lisme, anti­sio­nisme ou autre), le fossé qui nous sépare de l’extrême droite sous toutes ses facettes ne peut et ne doit pas être franchi, au risque d’y perdre toute cré­di­bilité et de servir d’argument à tous ceux qui vou­draient ne voir dans le mou­vement de soutien à la Palestine qu’une vaste nébu­leuse de rouge-​​brun-​​vert selon l’expression aujourd’hui consacrée !! [21]

La meilleure illus­tration de cet état de fait se trouve dans l’agression qu’a subie la libraire Résis­tance le 3 juillet de cette année. Ce jour-​​là, 5 jeunes nervis de la Ligue de Défense Juive font irruption dans la librairie, ren­versant les rayons, déversant de l’huile sur les livres et détruisant les ordi­na­teurs. Quelques jours plus tard, un ras­sem­blement de soli­darité a lieu devant la librairie, durant lequel dif­fé­rents inter­ve­nants prennent la parole. Apparaît alors un jeune homme à qui Olivia Zemor [22] tend le micro en le pré­sentant comme un avocat venant de Nice. Celui-​​ci, inconnu jusqu’alors de toutes les asso­cia­tions tra­vaillant sur la Palestine, se lance dans une inter­vention dans laquelle il évoque la France, la nation, sa tra­dition de la liberté d’expression, et se fait applaudir en annonçant son projet de pétition demandant la dis­so­lution de la LDJ [23]. Or il ne fallut pas long­temps pour qu’une rumeur enfle sur Internet, asso­ciant John Bas­tardi Daumont, le jeune avocat en question, au nom de Robert Fau­risson, le pré­sentant même comme étant son avocat dans le procès à venir et que nous évo­quons ci-​​dessus [24]. Quant on sait que le défenseur habituel de Fau­risson, Eric Del­croix, a pris sa retraite il y a quelques mois [25] après 30 ans de bons et loyaux ser­vices, que Fau­risson a peiné à retrouver un défenseur et que Bas­tardi Daumont se déclare être l’avocat de Blanrue, l’information pouvait effec­ti­vement paraître plus que cré­dible au vu des liaisons étroites entre Fau­risson et Blanrue. Malgré les déné­ga­tions et les menaces lancées par cer­tains contre ceux qui repren­draient à leur compte cette rumeur, il est apparu à un certain nombre de mili­tants qu’il n’était guère question de pour­suivre un quel­conque soutien à la librairie.

Mal­heu­reu­sement, le jour du procès, la rumeur se trans­formera en réalité, et c’est bel et bien notre jeune avocat qui viendra à la barre défendre son client Robert Fau­risson, débutant là sa nou­velle car­rière, celle de pré­tendant au poste de rem­plaçant d’Eric Delcroix.

Quant à cette pétition, elle sera fina­lement relayée par des sites peu recom­man­dables, et sa prin­cipale consé­quence aura été d’occulter le travail entamé par un col­lectif d’avocats qui ten­taient depuis quelques semaines de se constituer en col­lectif afin de réclamer l’arrêt de l’immunité dont béné­ficie les élé­ments vio­lents de la LDJ ou du Betar.

Ainsi suffit-​​il d’annoncer son oppo­sition au sio­nisme, ou d’afficher un soutien à la Palestine pour trouver grâce aux yeux de la CAPJPO ? Il faut croire que oui et dans ce cas précis cela aura vraiment été un méchant coup porté au soutien à la lutte palestinienne.

La conclusion mal­heu­reuse de cette affaire est que par manque de vigi­lance de la part de la CAPJPO (car il serait évi­demment très grave d’apprendre que cela résulte d’une décision sciemment réfléchie), on a permis une fois de plus à l’extrême droite de mettre un pied dans la ber­gerie, ou dans la libraire, en tout cas dans un mou­vement de soli­darité qui n’a vraiment pas besoin de ce type de tor­pille politique.

Publié le 30 septembre 2009

 [1]

[1] [1] Tel que celui-​​​​ci : « Hitler n’était pas un artiste que je sache !! », lorsqu’il s’indigne qu’un certain Bernard Henri aurait déclaré au sujet de son spec­tacle que c’était « le plus grand meeting anti­sémite depuis Hitler ». Mal­heu­reu­sement pour lui, Alain Jaku­bowicz, avocat de la Licra, prendra le temps de vérifier ces dires. En réalité cette phrase n’est pas de BHL mais de Thierry Jonquet (un patronyme cer­tai­nement pas assez « juif » pour Dieu­donné) et ne concerne pas ce spec­tacle mais date de 2007.

[2] Un des aspects les plus négatifs de cette fumeuse « liste anti­sio­niste » de la clique Dieu­don­nesque aura été l’amalgame et la confusion entre­tenue entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme. Les ultras du camp adverse sau­teront sur l’occasion. Très rapi­dement ils lan­ceront une pétition visant à ins­taurer un « délit d’antisionisme », comme il en existe pour l’antisémitisme, puisque selon eux : « Etre anti­sio­niste… C’est être révi­sion­niste, néga­tion­niste, raciste et anti­sémite ». Fina­lement cette demande ne sortira pas du milieu ultra sio­niste, et la pétition au bout de quelques mois atteindra péni­blement le millier de signatures.

[3] Pseudo think tank soralien comme il le défi­nissait à sa création, et qu’il sou­haite main­tenant faire évoluer en parti poli­tique, cer­tai­nement refroidi par l’expérience de la « coha­bi­tation » avec des reli­gieux et autres com­mu­nau­ta­ristes (lui l’apôtre de l’assimilation et de l’intégration) sur les der­nières élec­tions. Ne roulant plus non plus pour le FN, il ne lui reste guère comme avenir poli­tique de trans­former son courant en parti. Mais pour quel résultat ? Seuls, Soral et ses maigres troupes n’ont que peu de chance de dépasser le score de la Liste Anti­sio­niste, surtout sur des élec­tions nationales.

[4] Pour la petite his­toire Les Pro­duc­tions de la Plume (cer­tai­nement tirée du très beau prénom de la petite der­nière de la famille Dieudo : Plume, vous savez celle sur qui la fée Cara­bosse se pencha et décréta qu’elle aurait un très mauvais parrain), se sont créées en début d’année pour contrer les inter­dic­tions de salle de plus en plus fré­quentes que subissait Dieudo. La boite de pro­duction avait eu l’idée ingé­nieuse de pré­senter cela sous la forme de « confé­rence » sur la liberté d’expression, avec bien sur comme invité vedette Dieu­donné. Pas si bête, cela aurait peut-​​​​être pu marcher si la gérante n’avait pas été la com­pagne de Dieudo, Noémie Mon­tagne. La manoeuvre fût un peu trop gros­sière et ne fonc­tionnera pas si bien que cela.

[5] Une fois de plus, il est amusant (ou navrant) de constater que dans chaque camp on reprend les mêmes argu­ments, tout cela manque cruel­lement d’originalité

[6] Asso­ciation dont la tré­so­rière est Maria Poumier, et la pré­si­dente Ginette Skan­drani , prenant ainsi la place de Jean Brière (qui lui aussi fût exclu des Verts début 90 pour avoir col­laboré à la revue d’obédience nationaliste-​​​​révolutionnaire Natio­na­lisme & Répu­blique, revue dirigée par Michel Schneider, actuel­lement ani­mateur du site Tout Sauf Sarkozy, et où l’on trouvait les signa­tures de Roger Garaudy, Bernard Notin, Christian Bouchet, Jean Thiriard …)

[7] Pour ces 2 là, nous n’avons que déjà trop écrit et nous vous ren­voyons aux pré­cé­dents articles

[8] Le révi­sion­nisme étant une affaire de famille chez les Fau­risson, c’est tout natu­rel­lement qu’ils se ren­dront ensemble à la confé­rence de Téhéran en 2006. Ici sagement assis dans le bus, attendant leur gentil G.O. JPEG - 71.5 ko Fau­risson tour2006

[9] David Irving, qui n’est pourtant pas un inconnu, vient de réussir un très beau coup pour la « cause ». Le quo­tidien espagnol El Mundo vient de l’interview à l’occasion du 70e anni­ver­saire du début de la Seconde guerre mon­diale (sic !). Par soucis d’équité sans doute, le journal ouvrira aussi ses colonnes au pré­sident du mémorial Yad Vashem de Jéru­salem, Avner Shalev. Triste illus­tration de ce que cer­tains appellent « Une minute pour Hitler, une minute pour les juifs ! ».

[10] Ici avec Robert Fau­risson et des membres de Natureï Karta JPEG - 71.6 ko Fau­risson & Renouf Téhéran2006

[11] Ernst Zündel, néga­tion­niste germano-​​​​canadien, proche des milieux néo-​​​​nazis amé­ricain a été condamné en 2007 en Alle­magne à 5 ans d’emprisonnement pour négation de la Shoah

[12] Fre­drick Töben est un néga­tion­niste aus­tralien, directeur de l’Adélaïde Ins­titute, prin­cipale plate-​​​​forme de la mou­vance sur Internet. Il fût le 1e octobre 2008 inter­pellé à Londres suite à un mandat d’arrêt européen à la demande de l’Allemagne, c’est durant ces quelques semaines d’emprisonnement que M. Renouf orga­nisera une cam­pagne de soutien.

[13] Dirigé par Claudio Moffa, un uni­ver­si­taire se réclamant du mar­xisme et qui refuse l’étiquette de néga­tion­niste, l’Institut organise des col­loques et for­ma­tions sur le Proche et Moyen-​​​​Orient avec des inter­ve­nants aussi peu par­tisans que Serge Thion, Robert Fau­risson ou encore Israël Shamir. En 2007 Claudio Moffa lancera un appel contre les condam­na­tions que subissent les néga­tion­nistes (en citant les exemples de Fau­risson, Irving ou Zündel) après l’interdiction faite à Fau­risson de venir s’exprimer à l’Université de Teramo (où tra­vaille Moffa). Dans les signa­taires de l’appel nous retrou­verons notre tra­ducteur Guillaume Nichols, l’éditeur de Fau­risson en Italie Claudio Mutti, feu Serge de Becketch de Radio-​​​​Courtoisie, et plus sur­prenant car géné­ra­lement plus dis­crète que cela Mme Yvonne Schleiter, ardente défen­seuse de son frère Robert Fau­risson. Récemment Claudio Moffa était en France pour une confé­rence sur la liberté d’expression organisé par … par … (s’en est presque trop facile des fois !) … l’association Entre la Plume et l’Enclume de Ginette Skan­drani et Maria Poumier. Les mêmes l’inviteront 2 mois plus tard pour parler du « triomphe de Garaudy ».

[NdR du site de l’AFPS le 12 octobre : ON NOUS DEMANDE DE PUBLIER LE DROIT DE REPONSE :" Je lis sur votre site Internet que Guillaume Nichols aurait servi d’intermédiaire entre R. Fau­risson et l’Institut Enrico Mattei di Alti Studi in Vicino e Medio Oriente, que je repré­sente. C’est abso­lument faux et je vous prie de publier dans les plus brefs délais ma rec­ti­fi­cation : l’Institut Enrico Mattei n’a jamais eu le moindre rapport avec G. Nichols, ni comme inter­mé­diaire, ni comme col­la­bo­rateur, bien que, peut-​​​​être, il pré­tende le contraire pour assurer sa pro­motion per­son­nelle. L’Institut, d’ailleurs, n’a aucune relation ins­ti­tu­tion­nelle avec R. Fau­risson et n’a donc pas besoin, dans le cadre de ces rela­tions qui n’existent pas, d’un porte-​​​​parole entre R. Fau­risson et lui. Nous l’avons sim­plement invité à faire une confé­rence dans le cadre de notre master, au même titre que des dizaines d’autres pro­fes­seurs, juristes, avocats, per­son­na­lités diverses, etc. : on trouve la liste de ces per­son­na­lités, dont beaucoup sont fameuses, sur notre site www​.mas​ter​mat​tei​me​dio​riente​.it. La raison est simple : nous croyons à la plu­ralité de l’information et à la nécessité de la liberté d’expression dans toutes les ques­tions his­to­riques et poli­tiques qui touchent au Proche-​​​​Orient et à ses conflits. Dans l’attente de la publi­cation de ce droit de réponse, je vous prie de croire à ma consi­dé­ration dis­tinguée. Prof. Claudio Moffa Pré­sident de l’Institut Enrico Mattei in Vicino e Medio Oriente ]

[14] A peine sorti, sa pre­mière interview sera pour Thierry Meyssan et son Réseau Vol­taire, et qui dis­tri­buera l’ouvrage. Tout comme Jean Plantin (éditeur révi­sion­niste) qui le mettra dès le mois de juin à son cata­logue, pour un ouvrage sorti courant mai, on peut sup­poser qu’il était annoncé et attendu dans cer­tains milieux

[15] Bête noire de l’extrême droite dans les années 70-​​80 (comme par exemple dans le Choc du Mois d’Octobre 1988 sous la plume de Bruno Lare­bière) le Renouveau Juif sous la hou­lette de Henri Haj­denberg si il existait encore aujourd’hui serait très cer­tai­nement classé à droite du Crif, ce qui n’est pas peu dire.

[16] Jean-​​​​Yves Camus et René Monzat « Les droites natio­nales et radi­cales en France » p304, Presses Uni­ver­si­taires de Lyon 1992 : JPEG - 126 ko Bul­letin Légitimiste

[17] interview de Thierry Gourlot pour Nations Presse Info le 1e octobre 2008

[18] voir sa bio là : http://​reflexes​.samizdat​.net/​s​p​i​p.php ?article207

[19] « La Zété­tique se pré­sente comme une méthode de recherche fondée sur le doute et la véri­fi­cation des infor­ma­tions » selon la défi­nition qu’en fait l’Observation Zété­tique qui regroupe dif­fé­rents cher­cheurs et uni­ver­si­taires. Mais bizar­rement l’Observatoire tient à se démarquer du cercle fondé par PE Blanrue, et apporte la pré­cision sui­vante : « Reste à citer la pre­mière asso­ciation du genre, le Cercle zété­tique, créée en 1994 à Metz, puis transféré à Paris, jusqu’à sa dis­so­lution en 2005. Suite à dif­fé­rents évé­ne­ments d’ordre asso­ciatif et poli­tique, l’Observatoire zété­tique ne reven­dique aucun lien avec cette défunte asso­ciation, ni avec ses anciens membres depuis le prin­temps 2005 » ?

[20] A sa sortie en 2007 cer­tains crai­gnaient une pos­sible double lecture de l’ouvrage, cette com­pi­lation de cita­tions pouvant faire le bonheur de plus d’un anti­sémite en manque de voca­bu­laire. Extra­po­lation et mau­vaise foi ??

Mal­heu­reu­sement, l’accueil réservé par Rivarol (entre autre), tout comme le choix de l’éditeur « Les Edi­tions Blanche », éditeur d’Alain Soral ou Israël Shamir peuvent confirmer cette hypo­thèse. D’ailleurs Franck Spengler, patron de la maison d’édition en question explique son refus du manuscrit de Sarkozy, Israël et les juifs par la crainte de manque de publicité qu’aurait le livre « jus­tement du fait de la mainmise de ceux dont on ne peut pas dire le nom et leurs affidés ». On peut légi­ti­mement se demander comment il accueilli à l’époque le manuscrit de cette Antho­logie des propos contre les Juifs et quel lecture il en a eu !!!

[21] Expression chère à Alexandre Del Valle, et que Roger Cukierman, pré­sident du Crif, avait repris bien volon­tiers lors du dîner annuel du CRIF en janvier 2003

[22] res­pon­sable de la CAPJPO

[23] Nous ne nous éten­drons pas sur le fond. On sait que les dis­so­lu­tions et autres inter­dic­tions ne règlent rien et nous y sommes hos­tiles par principe. Le meilleur exemple restant la dis­so­lution d’Unité Radicale, qui a donné nais­sance au Bloc Iden­ti­taire. Et concernant ce cas précis, rap­pelons que la LDJ s’est « auto-​​​​dissoute » sur décision de son pré­sident et de son tré­sorier réunis en assemblée générale le 11 juin 2003 !!

[24] tout d’abord relayé par le site de la LDJ, cette page sera sup­primée dès le len­demain. Ce qui est pour le moins étrange tant cela appa­raissait comme une véri­table « tor­pille » pour la LDJ, prouvant ainsi les col­lu­sions entre révi­sion­nistes et mou­vement « pro-​​​​pal » qu’ils se plaisent à voir partout. Nous appren­drons par la suite que c’est par crainte d’un procès en dif­fa­mation que la LDJ retirera le texte du site.

[25] Laissant ainsi bien seul ce pôvre Pro­fesseur. Selon sa soeur Yvonne, c’est cette retraite qui aurait empêché Fau­risson de faire appel de sa condam­nation dans le procès qui l’opposait à Robert Badinter (texte repris sur le site de Entre la Plume et l’Enclume, mais est-​​​​il besoin de le pré­ciser encore ?!) Voici d’ailleurs ce que Fau­risson écrivait à ses amis le prin­temps dernier : Eric Del­croix a pris sa retraite d’avocat le 31 décembre 2007. Depuis un an je suis, avec son aide, à la recherche d’un avocat pour lui suc­céder. Jusqu’ici en pure perte. A titre d’exemple, on trouvera ci-​​​​dessous le message de refus que vient de m’expédier un avocat de pro­vince, le 29 décembre 2008 (l’affaire du Zénith date du 26 et n’a com­mencé d’être révélée que le 28 au matin, par Le Journal du dimanche). Je prie mes cor­res­pon­dants de ne pas venir me sug­gérer d’entrer en rapport avec tel ou tel avocat de renom média­tique : tous ces ténors, sans exception, même et surtout s’ils se piquent de courage et d’indépendance, se déro­be­raient. Jacques Vergès en est un exemple ; jamais de sa vie, il n’a pra­tiqué ce qu’il appelle "une défense de rupture" ; il a tou­jours adopté ce qu’il appelle avec mépris "une défense de conni­vence", en par­ti­culier dans les affaires Barbie et Garaudy. "Défendriez-​​​​vous Hitler ?" Il bombe le torse et répond :"Oui,… à condition qu’il plaide cou­pable". Si l’un de mes cor­res­pon­dants croit connaître un avocat qui accep­terait de me défendre, qu’il veuille bien prendre contact avec cet oiseau rare et qu’il lui pose lui-​​​​même la question avant de venir m’en parler ! Merci d’avance. RF

De Maître X…à Robert Fau­risson, le 29 décembre 2008

Monsieur,

Je reviens vers vous dans cette affaire.

J’ai pris connais­sance de la teneur de votre inter­vention à la confé­rence de Téhéran.

Les propos que vous avez tenus consti­tueront une nou­velle fois l’infraction qui vous est reprochée de contes­tation de crime contre l’humanité. Vous le savez, la Justice ne changera pas de position depuis vos der­nières condamnations.

Dans votre cas, la pré­sence d’un avocat au cours de la pro­cédure est indifférente.

Vous connaissez mieux que moi les tenant et les aboutissant de vos procès.

J’imagine que Me DEL­CROIX par­ta­geait vos positions.

Tel n’est pas mon cas.

Je pense que pour inter­venir en défense dans un dossier comme le votre, il faut être d’accord avec vous.

Je ne le suis pas.

Je ne peux donc intervenir aux soutien de vos intérêts.

Je vous souhaite bonne chance pour la suite de vos recherches.

Je vous prie de croire, Mon­sieur, en l’expression de la plus par­faite considération.

[SIGNATURE]

Réponse de Robert Fau­risson à Maître X, le 30 décembre 2008

Cher Maître,

Je vous sais gré de m’avoir accordé l’honneur d’une réponse.

Même le diable est supposé avoir droit à un avocat mais j’ai l’impression qu’on ne me recon­naîtra pas ce droit. Faut-​​​​il que le tabou et ceux qui le défendent soient puissants !

Le bâtonnier de Paris tient mes écrits pour de la boue et, à mes procès, se targue, non sans quelque insis­tance, d’être un "éboueur sacré". Je n’irai donc pas le prier de me désigner un avocat d’office.

Bien à vous.

R. Faurisson

Copie à Me Eric Delcroix