Première journée de cueillette des olives

AFPS Rennes, lundi 27 octobre 2008

Comme chaque année depuis main­tenant sept ans, le comité rennais de l’afps, en liaison avec le comité de défense de la terre organise dans la région de Hébron des cueillettes d’olives pour aider les paysans à accéder à leurs terres, situées aux abords immé­diats des colonies. Des volon­taires de tout le grand-​​ouest de la France, mais aussi quelques uns du sud-​​est y par­ti­cipent cette année. Le but est d’empêcher que ces terres - inter­dites d’accès par les colons et l’armée - ne soient consi­dérées comme aban­données, donc expro­priables, selon la loi mili­taire israé­lienne. Ces actions visent à empêcher l’extension des colonies existantes.
Un premier groupe est déjà sur place : voici le compte-​​rendu de la pre­mière journée de cueillettes. Un dur­cis­sement de l’attitude des mili­taires semble per­cep­tible par rapport à l’an passé…

Compte-​​rendu n°1

Dimanche 25 octobre 2008 : pre­mière journée de cueillette aux abords de la colonie Otni’el

Dès 8h40, nous sommes partis pour le sud de Hébron en car. Une petite troupe d’hommes nous atten­daient avec une échelle et des sacs et nous voila cra­pa­hutant dans les col­lines au pied d’une colonie.

Nous mar­chons le long d’un ruisseau mais l’eau est entre blanche et grise : ce sont les égouts à ciel ouvert de la colonie qui envoient tout vers le bas.

Nous montons et cueillons et montons encore et cueillons et montons … jusqu’à être près de la colonie et - une demie-​​heure s’est écoulée - c’est là qu’arrivent on ne sait d’où, des mili­taires bardés de vingt kilos de matériel, des jeeps, un colon aux yeux bleus, un autre colon qui pho­to­graphie, et tout d’un coup, ils nous en attrapent une de chez nous ( je résume) puis un autre , en tout deux Français et deux Pales­ti­niens. Nous sommes pré­ten­dument dans une zone mili­taire, le soldat a une pho­to­copie à l’appui, et nous devons déguerpir fissa ! Ce que nous com­mençons par refuser mais ils ont des argu­ments de poids … Pendant ce temps, à la grande sur­prise des deux Français arrêtés, c’est pro­ba­blement le res­pon­sable de la colonie qui vient tem­pérer l’ardeur des soldats contrai­rement à leurs habi­tudes ! Quant à eux, les soldats se montrent beaucoup plus inti­mi­dants : confis­cation des pas­se­ports, iso­lement manu militari, photos, coups de fils avec pas­se­ports en main décrivant les iden­tités et menaces à peine déguisées “don’t do these stu­pi­dities again !”) Au bout de trente minutes, ils les relâchent et nous conti­nuons notre chemin et notre cueillette dans un autre endroit sans pro­blème. Mais nous constatons que toutes les olives dans une pre­mière par­celle et beaucoup dans une seconde ont été volées, sans doute par les colons. Les agri­cul­teurs insistent pour nous offrir le repas et nous pique-​​niquons sous un olivier. Vers 14h, la journée se termine, nous rentrons.