Palestine : des membres d’associations de droits de l’homme menacés

Human Rights Watch veut défendre la liberté de parole des associations palestiniennes de droits de l’homme. Plusieurs employés de ces organisations sont menacés de mort. Deux salariés qui travaillent auprès de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye aux Pays-Bas affirment avoir reçu des appels et des mails anonymes. Une enquête a été ouverte par la police néerlandaise. Pour les Palestiniens cela ne fait pas de doute, ces menaces sont liées à la procédure lancée par la Palestine contre Israël auprès de la CPI.

Nicolas Ropert, RFI, mardi 16 août 2016

Human Rights Watch dénonce des intidimidations sur des membres d'associations palestiniennes des droits de l'homme (image d'illustration). ABBAS MOMANI / AFP

Cela fait près de six mois qu’elle reçoit des menaces quasi quotidiennement. Nada Kiswanson, avocat à La Haye pour l’association palestinienne Al Haq, a déposé plainte auprès de la police néerlandaise. La juriste dit craindre pour sa vie ainsi que celle de sa famille. Un salarié d’une autre ONG palestinienne, qui travaille auprès de la CPI, a lui aussi été menacé dans les mêmes termes. Pour Shawan Jabarin, le directeur d’Al Haq, ces menaces sont liées à la procédure lancée contre Israël à la Cour pénale internationale.

« Il n’y a qu’Israël qui aurait intérêt à faire cela. On sait qu’ils sont soutenus par des groupes à l’étranger, explique-t-il. Il y a des organisations de droite et d’extrême droite israéliennes en Europe ou ailleurs. Ils sont très bien organisés. Ils ne peuvent pas nous combattre sur le terrain des preuves ou des idées, donc ils essaient de faire régner la peur. Ce n’est pas une stratégie nouvelle. Ils nous attaquent pour nous empêcher de faire notre travail, pour qu’on soit inquiets sur notre vie et notre situation de famille. »

Human Rights Watch a dénoncé ces intimidations. L’organisation rappelle qu’il est « crucial que ces associations puissent travailler en toute tranquillité ». « Human Rights Watch prend ces très graves accusations avec le plus grand sérieux, explique Sari Bashi, directrice de l’ONG pour Israël et les territoires palestiniens. Nous appelons les autorités des pays européens mais aussi en Israël à enquêter et à faire tout leur possible pour protéger ces personnes. Nous ne savons pas qui est à l’origine de ces menaces. Mais elles ont commencé en même temps que notre travail auprès de la CPI ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères a refusé de commenter des accusations qu’il juge « extravagantes ».