Palestine ; Un peu de dignité !

Nahla Chahal, mardi 2 décembre 2008

Pourquoi Mahmoud Abbas se sent-​​il obligé de prendre à tout bout de champ Ehoud Olmert dans ses bras ?

Cer­tains diront que, au point où il en est, Abbas n’en est plus à un com­promis près. Avant sa der­nière ren­contre avec Olmert, il a parlé de “crimes de guerre” à Gaza… puis s’en est allé enlacer le cri­minel. Les repré­sen­tants des Nations unies sur place publient com­mu­niqué sur com­mu­niqué pour rap­peler la gravité de ce qui se passe dans la bande de Gaza, déli­bé­rément affamée et humiliée de mille manières. Cela dépasse pro­ba­blement la défi­nition juri­dique des crimes de guerre.

Le crime est donc connu du public. Toute mani­fes­tation d’affection exa­gérée entre ennemis est de trop. On jus­tifie l’afféterie des res­pon­sables de l’Autorité pales­ti­nienne vis-​​à-​​vis des Israé­liens par la nécessité de prouver à la diplo­matie inter­na­tionale que les Pales­ti­niens ne sont pas des brutes.

Mais on parle aussi d’une cynique alliance implicite contre l’ennemi commun : le Hamas. Ajoutons la pos­si­bilité d’une affection de façade des­tinée à obtenir quelques allé­ge­ments des condi­tions de vie des Palestiniens.

Mais aucune de ces jus­ti­fi­ca­tions n’est satis­fai­sante. Ce qui est cri­ti­quable, c’est la gra­tuité de l’acte. Per­sonne n’attend des Pales­ti­niens qu’ils aiment leurs bour­reaux. Comment demander à la com­mu­nauté inter­na­tionale de sou­tenir la cause pales­ti­nienne alors qu’il y a ces embar­ras­santes embrassades ?

Reste l’alliance contre le Hamas. Si elle doit exister, le prix sera élevé pour celui qui confond son propre camp, si divisé qu’il soit, avec celui d’en face. Les méfaits d’Israël s’étendent à tout le peuple pales­tinien. La preuve en est la punition col­lective infligée aux habi­tants de la bande de Gaza pour les tirs de roquettes du Hamas.

Juste avant la der­nière ren­contre entre Abbas et Olmert, ce dernier a annoncé la libé­ration de 250 pri­son­niers pales­ti­niens “prag­ma­tiques”. Cela constitue une inno­vation dans le langage poli­tique. Comment un pri­sonnier peut-​​il être prag­ma­tique ? Cela signifie-​​t-​​il qu’il coopère avec l’occupant et qu’il res­pecte le système car­céral et ses gardiens ?