Palestine : Polémique sur la présidence

Karim Lebhour, mercredi 1er octobre 2008

Le Hamas annonce qu’il ne recon­naîtra plus Mahmoud Abbas comme pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne après le mois de janvier, date de l’expiration de son mandat. Mahmoud Abbas entend rester pré­sident jusqu’en janvier 2010 au risque de creuser encore un peu plus la division avec le mou­vement islamiste.

2009 ou 2010 ? L’affaire du mandat de Mahmoud Abbas est en train de devenir un pro­blème poli­tique majeur.

Offi­ciel­lement, la pré­si­dence de Mahmoud Abbas prend fin le 25 janvier pro­chain, sauf que le pré­sident pales­tinien a passé un décret, qui doit lui per­mettre d’étendre son mandat d’un an, pour coïn­cider avec les élec­tions légis­la­tives [1].

Pour le Hamas, il s’agit d’une vio­lation de la Consti­tution pales­ti­nienne qui stipule que le pré­sident est élu pour quatre ans. Le mou­vement isla­miste pré­vient : « A partir du mois de janvier, les por­traits de Mahmoud Abbas dans les minis­tères de Gaza seront décrochés, et consigne sera donnée de ne plus faire réfé­rence à Mahmoud Abbas que comme l’ancien président ».

Le Hamas fait savoir qu’il nommera un pré­sident inté­ri­maire, en la per­sonne de l’actuel pré­sident du Par­lement, Ahmed Bahar, membre du Hamas, basé à Gaza.

Les Pales­ti­niens pour­raient donc fort bien se retrouver avec deux pré­si­dents : Mahmoud Abbas en Cis­jor­danie et Ahmed Bahar à Gaza, consa­crant la division entre les deux territoires.

[1] voir l’article de Karim Lebhour publié par RFI le 29 juin 2008 :

Mahmoud Abbas pourra rester président un an de plus

L’Autorité pales­ti­nienne a dis­crè­tement passé un amen­dement qui étend la pré­si­dence de Mahmoud Abbas d’un an, jusqu’en janvier 2010. La décision suscite la colère du Hamas pour qui le mandat du pré­sident pales­tinien doit s’arrêter en janvier prochain.

L’information n’a pra­ti­quement pas été relevée par les médias pales­ti­niens : le mandat de Mahmoud Abbas à la pré­si­dence a pourtant été dis­crè­tement pro­longé d’un an, par le biais d’un amen­dement à la Constitution.

Le mandat pré­si­dentiel ne se ter­minera donc pas en janvier pro­chain, comme prévu, mais en janvier 2010. L’autorité pales­ti­nienne parle d’une décision tech­nique, des­tinée à faire coïn­cider l’élection pré­si­den­tielle avec les élections législatives.

Ce tour de passe-​​​​passe juri­dique donne aussi un délai sup­plé­men­taire d’un an au Fatah pour trouver un can­didat cré­dible face au Hamas.

Mahmoud Abbas a fait savoir qu’il ne sou­haitait pas se repré­senter. Et le seul can­didat en mesure de battre les isla­mistes, Marwane Bar­ghouti, se trouve actuel­lement der­rière les bar­reaux en Israël où il purge cinq peines de prison à per­pé­tuité pour son rôle dans la seconde Intifada.

Le Hamas s’est empressé de rejeter ce qu’il qua­lifie « d’atteinte » à la Consti­tution. Mahmoud Abbas a été élu pour quatre ans, pré­vient le porte-​​​​parole du Par­lement. Et passé ce délai, le mou­vement isla­miste ne recon­naîtra plus l’autorité du président palestinien.