Palestine ; La colonisation s’élargit

Morsi Attalla, jeudi 21 mai 2009

Ce n’est pas par pes­si­misme que l’on dira que le simple fait de parler de la paix réelle est devenu impos­sible dans le contexte des déci­sions et com­por­te­ments du gou­ver­nement israélien actuel. Et ce en plus des anciennes mesures comme la poussée de la colo­ni­sation, la loi du retour, le pro­blème des réfugiés, etc.

Pour ce qui est de la loi du retour, c’est la loi raciste la plus curieuse. Selon cette loi, tout juif quittant son pays natal pour se rendre en Israël n’est pas considéré comme émigrant de son pays, mais comme rapatrié dans sa nation mère, puisque tous les juifs du monde ont ce droit. De plus, cette loi unique dans le monde entier octroie la natio­nalité israé­lienne à chaque juif qui s’y rend sans déposer de demande.

Et en même temps, Israël refuse de recon­naître le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens expulsés en 1948, bien que les réso­lu­tions de l’Onu sti­pulent ce droit. Toutes ces pro­cé­dures ont tou­jours constitué d’énormes entraves pour une paix réelle. Par consé­quent, la perte de confiance entre les Israé­liens et les Pales­ti­niens s’approfondit de plus en plus. Et tant qu’il n’y a pas de confiance, il n’y a ni sécurité ni sta­bilité, et la vio­lence sévit de plus en plus.

Or, les opé­ra­tions de colo­ni­sation, de judaï­sation, de confis­cation des terres ainsi que la construction du mur de sécurité restent les pro­cé­dures les plus dan­ge­reuses, prouvant que la paix ne figure nul­lement dans le pro­gramme d’Israël. Au contraire, il s’engage dans une course contre la montre pour mettre en exé­cution les légendes des ancêtres de la pensée de la Torah.

Les preuves sont claires et évidentes. Par exemple, le plan de la judaï­sation et de l’élargissement des fron­tières de Jéru­salem com­prend, comme l’a annoncé Israël, l’annexion et la confis­cation des terres qui entourent Jéru­salem. Ces fron­tières vont être élargies de 25 km dans 4 direc­tions. Et cela en plus du contrôle total de tous les monts entourant la ville, par l’intermédiaire du plus grand réseau com­plé­men­taire de colo­ni­sation qui garantit également la domi­nation de toutes les sources d’énergies existant dans la région [1].

Le plus dan­gereux est qu’Israël est sur le point d’achever un plan dia­bo­lique visant à relier la ville de Jéru­salem à deux réseaux rou­tiers. Le premier est un réseau inté­rieur et le second est exté­rieur, et ce dans l’objectif d’isoler tota­lement la ville de Cis­jor­danie et de Gaza.

Le plan d’Israël signifie tout sim­plement qu’il n’y aura pas de Jéru­salem arabe et qu’il n’y aura plus de Cisjordanie.

Quand ce plan sera achevé, il causera le déman­tè­lement géo­gra­phique de la Cis­jor­danie, de façon à ce que les régions sou­mises à la sou­ve­raineté pales­ti­nienne seront trans­formées en cantons isolés l’un de l’autre. De plus, ces cantons n’auront aucune chance de se déve­lopper ou de s’élargir à l’avenir.

Et bien que tous ces plans soient annoncés et connus, nous observons que dans le monde entier, à Washington et dans cer­taines capi­tales euro­péennes, des oreilles atten­tives écoutent les fal­si­fi­ca­tions israé­liennes qui vont jusqu’à pré­tendre que ces pro­cé­dures pro­vo­cantes ne sont qu’administratives et consti­tuent des élar­gis­sement naturels visant à répondre aux besoins humains résul­tants de la hausse démo­gra­phique dans l’Etat hébreu. Et le pire dans toute cette affaire est que l’union pales­ti­nienne reste absente.

[1] voir aussi l’Orient le Jour :

Une ONG israé­lienne fait état d’un plan d’expulsion de cen­taines de Pales­ti­niens d’un quartier de Jérusalem-​​​​Est.

La secré­taire d’État amé­ri­caine, Hillary Clinton, a indiqué hier au cours d’une confé­rence de presse avoir demandé au Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu, en visite à Washington, de geler la colo­ni­sation israé­lienne dans les ter­ri­toires occupés. « Le pré­sident (amé­ricain Barack Obama) a été très clair hier : il veut que la colo­ni­sation cesse », a déclaré le chef de la diplo­matie amé­ri­caine au cours d’une confé­rence de presse. « J’ai invité M. Neta­nyahu plus tard dans la soirée et nous avons répété que c’est la position et la poli­tique du gou­ver­nement amé­ricain », a ajouté l’ancienne séna­trice de New York, pourtant consi­dérée comme plus encline à épargner les cri­tiques à Israël que M. Obama, qui, lui, s’était entretenu lundi avec le Premier ministre israélien. Un entretien au cours duquel avaient été mises en évidence les diver­gences entre les deux leaders.

Mme Clinton est la troi­sième res­pon­sable amé­ri­caine à insister auprès du nouveau gou­ver­nement israélien sur la nécessité de geler la colo­ni­sation, après le pré­sident amé­ricain et le vice-​​​​président Joe Biden, qui avait soulevé la question récemment au cours d’une réunion de l’Aipac, le puissant lobby juif conser­vateur. « Nous sommes résolus à œuvrer à une solution à deux États », a rappelé Mme Clinton au Foreign Press Center, qui regroupe les jour­na­listes étrangers accré­dités à Washington et New York. « Les Pales­ti­niens méritent un État viable, a-​​​​t-​​​​elle ajouté. Il ne faut rien faire qui puisse menacer l’issue poten­tielle des efforts de paix, qui puisse empêcher cette solution à deux États d’émerger. » « Nous restons engagés envers la sécurité d’Israël, mais notre objectif est de voir les peuples vivre ensemble (…) », a-​​​​t-​​​​elle conclu.

Aupa­ravant, lors d’une visite au Congrès, Ben­jamin Neta­nyahu s’était également vu réclamer la fin de la colo­ni­sation. « J’ai rappelé au Premier ministre qu’il est important qu’Israël avance, par­ti­cu­liè­rement sur la question de la colo­ni­sation », a déclaré le pré­sident de la com­mission des Affaires étran­gères du Sénat, John Kerry, à l’issue d’une ren­contre au Capitole. « Nous avons aussi sou­ligné que ce n’est pas une voie à sens unique et que ce n’est pas à Israël de faire tous les gestes », a ajouté l’ancien can­didat démo­crate à la pré­si­den­tielle, jugeant crucial que les pays arabes « agissent aussi pour montrer leur volonté de contribuer aux avancées vers la paix ».

C’est dans ce contexte déjà tendu pour le Premier ministre israélien que l’ONG israé­lienne Ir Amim a fait état d’un projet d’expulsion de cen­taines de Pales­ti­niens d’un quartier de Jérusalem-​​​​Est, après une décision d’un tri­bunal d’en expulser deux familles. L’ONG, spé­cia­lisée dans le suivi de la colo­ni­sation de la partie orientale de Jéru­salem occupée et annexée par Israël en 1967, réagissait à un ordre d’un tri­bunal israélien, saisi par un orga­nisme de colons, Nahalat Shimon Inter­na­tional, d’expulser deux familles du quartier de Cheikh Jarrah. Les maisons revien­dront alors à l’association Nahalat Shimon Inter­na­tional, l’État juif ayant reconnu à celle-​​​​ci la pro­priété des lieux. « Nahalat Shimon Inter­na­tional veut démolir toute une partie du quartier, en chassant plu­sieurs cen­taines de Pales­ti­niens, pour construire 200 loge­ments pour des colons », affirme l’ONG. « La mise en œuvre de ce plan s’inscrit dans une série de projets des­tinés à entourer Cheikh Jarrah d’implantations israé­liennes. Elle risque d’engendrer une escalade de la vio­lence et crée de nou­veaux faits accomplis pré­ju­geant du statut final de la ville » sainte, met-​​​​elle en garde.

Paral­lè­lement, les diri­geants des colonies juives de Cis­jor­danie ont rejeté le rappel du pré­sident amé­ricain Barack Obama aux obli­ga­tions d’Israël de stopper toute activité de colo­ni­sation dans les ter­ri­toires occupés. Dani Dayan, pré­sident du conseil Yesha, qui fédère les orga­ni­sa­tions de colons de Cis­jor­danie, a réagi en déclarant mardi à Reuters que les Pales­ti­niens devaient préa­la­blement mettre fin au « ter­ro­risme ». Il s’est déclaré assuré que la grande majorité de l’opinion israé­lienne, qui a porté en février la droite israé­lienne au pouvoir, sou­tien­drait le droit des colons à continuer à vivre en « Judée et Samarie » (Cisjordanie). http://​www​.lorient​lejour​.com/​a​rticl…