Palestine : Escale syrienne peu productive

Rania Adel, mercredi 9 juillet 2008

Le pré­sident pales­tinien, Mahmoud Abbass, a effectué cette semaine une visite à Damas axée sur la nécessité d’unifier les rangs pales­ti­niens. Une mission des plus déli­cates qui semble n’avoir rien donné.

Les résultats de la visite du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbass à Damas sont minimes. Des ren­contres offi­cielles, des décla­ra­tions diplo­ma­tiques et rien de plus. Le pré­sident syrien Bachar Al-​​Assad s’est contenté d’appeler dimanche à déployer tous les efforts pour arriver à « l’unité des rangs pales­ti­niens », lors d’une ren­contre avec son homo­logue pales­tinien, selon l’agence offi­cielle Sana.

M. Assad a sou­ligné « la nécessité de déployer tous les efforts pour réa­liser l’unité des rangs pales­ti­niens, seul chemin pour récu­pérer les droits, notamment l’édification d’un Etat pales­tinien indé­pendant avec Jéru­salem pour capitale », a précisé Sana. Pour sa part, Abbass a salué « le rôle de la Syrie dans le ren­for­cement de la soli­darité arabe, la réuni­fi­cation des Pales­ti­niens et l’appui des causes justes palestiniennes ».

Assad et Abbass ont évoqué « le pro­cessus de paix et les déve­lop­pe­ments régionaux » lors d’une ren­contre élargie ensuite aux délé­ga­tions syrienne et palestinienne.

A son arrivée à l’aéroport de Damas, Abbass, accueilli par le ministre syrien des Affaires étran­gères Walid Mouallem, avait déclaré qu’il exa­mi­nerait avec Assad les « négo­cia­tions de paix avec Israël, la trêve (entre Israël et le Hamas) et l’initiative pales­ti­nienne pour l’unité nationale ». Après un gel de huit ans, Israël et la Syrie ont repris des négo­cia­tions de paix indi­rectes sous l’égide de la Turquie. Damas exige contre la paix la res­ti­tution inté­grale du plateau du Golan conquis par l’armée israé­lienne en juin 1967 et annexé en 1981.

Le Hamas toujours isolé

Au cours de sa visite, le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbass s’est entretenu lundi avec le chef du Djihad isla­mique Ramadan Abdallah Chalah mais a exclu de ren­contrer son rival, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré un membre de la délé­gation pales­ti­nienne à l’AFP.

Les entre­tiens de M. Abbass avec les repré­sen­tants des mou­ve­ments pales­ti­niens visent à « mettre de l’ordre dans la maison pales­ti­nienne. Mais M. Abbass ne ren­con­trera cer­tai­nement pas » les chefs du Hamas à Damas, a pour­suivi ce res­pon­sable qui a requis l’anonymat.

Dimanche soir, M. Abbass avait reçu sépa­rément Nayef Hawatmeh et Maher Taher, res­pec­ti­vement secré­taire général et repré­sentant du Front Démo­cra­tique et du Front Popu­laire de Libé­ration de la Palestine (FDLP et FPLP), après des entre­tiens avec le pré­sident syrien Bachar Al-​​Assad.

Tou­tefois, au moment où les appels se mul­ti­plient pour col­mater la brèche inter-​​palestinienne, le plus important n’a pas été fait, à savoir une ren­contre entre le pré­sident pales­tinien et les diri­geants du mou­vement isla­miste du Hamas, basés à Damas, notamment le chef en exil Khaled Mechaal. Une source du Hamas dans la capitale syrienne a cri­tiqué « le refus » de M. Abbass de le ren­contrer. « Le chef de l’Autorité pales­ti­nienne obéit au veto amé­ricain imposé au dia­logue (inter-​​palestinien). Nous sommes surpris par la position de M. Abbass notamment après le lan­cement de son ini­tiative le mois dernier et son accep­tation par le Hamas », a indiqué cette source à l’AFP.

En juin, M. Abbass avait appelé au dia­logue avec le Hamas, rompant avec sa poli­tique de refus de toute ouverture tant que les isla­mistes du Hamas ne céde­raient pas le contrôle de la bande de Gaza, où une fragile trêve, signée avec Israël mi-​​juin, est en vigueur depuis le 19 juin. Le Hamas a favo­ra­blement accueilli la main tendue par M. Abbass.

Tou­tefois, samedi, Nabil Abou-​​Roudeina, porte-​​parole de M. Abbas, avait dit à Amman que le pré­sident pales­tinien ne ren­con­trerait pas de diri­geants du Hamas. La der­nière visite de M. Abbass en Syrie remonte à janvier 2007. Il avait alors ren­contré M. Mechaal.

Un mois plus tard, MM. Abbass et Mechaal signaient, en Arabie saoudite, l’accord de La Mecque débou­chant sur la for­mation d’un fragile gou­ver­nement d’union nationale, qui a volé en éclats avec le coup de force du Hamas en juin 2007 dans la bande de Gaza .