Palestine : Crois­sance faible et dépen­dance gran­dis­sante à l’aide – Banque mondiale

Irin, vendredi 19 septembre 2008

Les progrès écono­miques n’ont pas suffi à sti­muler la crois­sance dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occupés en raison des res­tric­tions de cir­cu­lation, et les popu­la­tions dépendent de plus en plus de l’aide huma­ni­taire, a déclaré la Banque mon­diale, le 17 septembre.

Dans un rapport publié à l’approche d’une ren­contre des bailleurs de fonds, le 22 sep­tembre, la Banque mon­diale a loué les efforts de réforme de l’Autorité pales­ti­nienne (AP) : Salam Fayyad, Premier ministre de rem­pla­cement, a réussi à réduire consi­dé­ra­blement les dépenses et les effectifs de la fonction publique, et a entamé une réforme des forces de sécurité.

Au mois d’août, pour sou­tenir le gou­ver­nement, la com­mu­nauté inter­na­tionale lui avait versé une aide bud­gé­taire d’environ 1,2 mil­liard de dollars, mais 1,85 mil­liard sup­plé­men­taire sera néces­saire d’ici à la fin de l’année.

« Depuis la confé­rence de Paris, l’aide est ad hoc et impré­vi­sible », peut-​​on lire dans le rapport, selon lequel l’AP ne peut rien pla­nifier plus de deux mois à l’avance.

À la confé­rence de Paris, l’année der­nière, l’AP avait introduit un Plan de réforme et de déve­lop­pement, et recueilli des pro­messes de don à hauteur de 7,7 mil­liards de dollars sur trois ans, à la suite de la réou­verture des pour­parlers de paix avec Israël à Anna­polis, aux Etats-​​Unis.

Le rapport, intitulé Pales­tinian Eco­nomic Recovery : Aid, Access and Reform [Redres­sement de l’économie pales­ti­nienne : Aide, accès et réforme] fait état de cer­taines conces­sions consenties par Israël. Selon le rapport, tou­tefois, bon nombre de res­tric­tions, obs­tacles à la crois­sance, restent en vigueur, notamment les points de contrôle et les bar­rages rou­tiers, et les colonies israé­liennes ne cessent de s’étendre.

La hausse prévue du PIB de 0,8 pour cent seulement en 2008 (contre une crois­sance démo­gra­phique de plus de 2,5 pour cent) a été attribuée au « déclin continu de l’économie de la bande de Gaza et à une amé­lio­ration écono­mique mar­ginale en Cis­jor­danie », a déclaré un res­pon­sable de la Banque mon­diale, sous couvert de l’anonymat.

Avant 1999, la crois­sance annuelle était d’environ six pour cent. Mais l’année der­nière, le blocus strict imposé à Gaza à la suite de la prise de pouvoir du Hamas dans la bande s’était traduit par une inter­diction totale d’exporter et une auto­ri­sation d’importer limitée à quelques pro­duits, faisant glo­ba­lement péri­cliter le secteur des affaires.

Le blocus a également abouti à une aug­men­tation des coûts engendrés par l’acheminement de l’aide huma­ni­taire néces­saire à Gaza, selon le rapport.

De mal en pis à Gaza

Selon la Banque mon­diale, le cessez-​​le-​​feu du 19 juin entre Israël et le Hamas n’a guère amé­lioré les condi­tions de vie des popu­la­tions de l’enclave.

Glo­ba­lement, selon le rapport, Gaza n’a pas été concernée par les progrès observés, y compris dans le domaine des travaux de déve­lop­pement. Le rapport fait également état d’une pres­tation insuf­fi­sante de ser­vices essen­tiels tels que l’eau, l’évacuation des eaux usées et le ramassage des déchets.

À Gaza, selon un rapport publié par le Fonds moné­taire inter­na­tional (FMI) à l’occasion de la même ren­contre des bailleurs, le taux de chômage est supé­rieur à 30 pour cent et l’inflation s’élève à 18 pour cent. Au moins 79 pour cent de la popu­lation vit en deçà du seuil de pau­vreté, et ce taux devrait augmenter.

IRIN a pu obtenir un document publié par l’AP sur le sujet, selon lequel les « efforts [huma­ni­taires] impor­teront peu si des progrès ne sont pas accomplis sur le plan poli­tique pour mettre fin à l’occupation israélienne ».

« La Palestine est aujourd’hui le premier béné­fi­ciaire d’aide huma­ni­taire par habitant dans le monde », peut-​​on également lire dans le document, selon lequel cette dépen­dance se pour­suivra jusqu’à la réso­lution du conflit.

Si l’AP, Israël et les bailleurs de fonds coopé­raient davantage et si la crise de Gaza était résolue, cela aurait des réper­cus­sions posi­tives, selon la Banque mondiale.

« L’expérience récente a montré qu’au début de leur période d’après-guerre, les pays pou­vaient s’attendre à un taux de crois­sance à deux chiffres », selon un res­pon­sable de la Banque.