Olmert veut favoriser l’élection de Shimon Peres à la présidence

samedi 27 janvier 2007

La bataille pour suc­céder au pré­sident Moshe Katzav, tombé en dis­grâce après des accu­sa­tions de viol, s’est ouverte en Israël, le vétéran Shimon Peres sem­blant hier tenir la corde avec l’appui du Premier ministre Ehud Olmert.

M. Olmert devait pro­poser aujourd’hui un amen­dement légis­latif afin de favo­riser l’élection du vice-​​Premier ministre Shimon Peres, 83 ans, membre du parti cen­triste Kadima du Premier ministre, pour suc­céder à M. Katzav, sus­pendu de ses fonc­tions à sa demande pour trois mois et dont le mandat s’achève en juillet, a indiqué un haut res­pon­sable israélien.

Ce dernier a précisé que M. Olmert pré­sen­terait lors de la réunion du cabinet un projet de loi visant à amender la pro­cédure d’élection du pré­sident par la Knesset (Par­lement) pour un mandat de sept ans, afin qu’elle s’effectue désormais à main levée et non plus à bul­letins secrets.

En 2000, le vétéran Shimon Peres, alors membre du Parti tra­vailliste et donné grand favori lors de l’élection du pré­sident par le Par­lement, avait été battu à la sur­prise générale par M. Katzav, un membre du Likoud (droite), après la défection au dernier moment de députés ultraorthodoxes.

Une élection à main levée per­mettra à M. Olmert d’imposer plus faci­lement une dis­ci­pline de vote aux membres de son parti Kadima et à ses alliés, et d’éviter ainsi qu’une dis­persion des voix ne fasse de nouveau perdre M. Peres. « Avec tout le respect que j’ai pour Shimon Peres, et j’ai beaucoup de respect pour lui, cette pra­tique d’arranger les choses de façon à le favo­riser a déjà échoué plu­sieurs fois. Je lui conseille d’emprunter la voie royale », a déclaré Eitan Cabel, ministre tra­vailliste sans por­te­feuille, à la radio.

La can­di­dature de M. Peres béné­ficie d’un important soutien dans l’opinion publique, selon des son­dages. Shimon Peres arrive en tête avec res­pec­ti­vement 45 % et 40,4 %, suivi par le rabbin Israël Meïr Lau, l’ancien grand rabbin d’Israël, avec un soutien de 22 et 25,1 % des Israé­liens. Puis viennent Réuven Rivlin, député du Likoud et ancien pré­sident du Par­lement, Colette Avital, une députée tra­vailliste qui devance Dalia Yitzik, l’actuelle pré­si­dente du Par­lement. Mme Yitzik, qui assure depuis jeudi l’intérim de la pré­si­dence, a cependant déclaré l’année der­nière qu’elle ne pré­sen­terait pas sa can­di­dature aux élec­tions pour la pré­si­dence. La ministre des Affaires étran­gères, Tzipi Livni, s’est également pro­noncée en faveur de la can­di­dature de M. Peres.

Les fonc­tions pré­si­den­tielles sont prin­ci­pa­lement pro­to­co­laires en Israël, mais jusqu’à l’« affaire Katzav », le pré­sident béné­fi­ciait en général d’une forte cote de popu­larité auprès de la popu­lation. M. Katzav est soup­çonné d’avoir violé une ancienne employée, à l’époque où il était ministre du Tou­risme entre 1998 et 1999, et de har­cè­lement sexuel sur trois autres employées de la présidence.