Non à la dégus­tation de l’eau gazeuse à Paris avec la société israé­lienne "Soda Club"

AFPS, mercredi 7 octobre 2009

Nous apprenons que dans le cadre de la pro­chaine « Fête des ven­danges » à la Butte Mont­martre, qui se tiendra du 9 au 11 octobre pro­chain dans le square Mont­cenis, au pied du Château d’Eau, les Pari­siens et les Pari­siennes seront conviés à déguster de l’eau gazeuse réa­lisée en coopé­ration par la société « Soda Club » et « Eau de Paris ». Or il se trouve que la société « Soda Club » est une entre­prise israé­lienne implantée dans la plus grande colonie israé­lienne, Ma’ale Adumim, située en pleine Cis­jor­danie, en ter­ri­toire pales­tinien occupé donc.

Paris, le 4 octobre 2009

Madame Le Strat Maire-​​adjointe Chargée de l’eau et de l’assainissement Hôtel de Ville de Paris Place de l’Hôtel de Ville 75196 Paris cedex 04

Chère Madame la Maire-​​adjointe,

Nous apprenons que dans le cadre de la pro­chaine « Fête des ven­danges » à la Butte Mont­martre, qui se tiendra du 9 au 11 octobre pro­chain dans le square Mont­cenis, au pied du Château d’Eau, les Pari­siens et les Pari­siennes seront conviés à déguster de l’eau gazeuse réa­lisée en coopé­ration par la société « Soda Club » et « Eau de Paris ». Or il se trouve que la société « Soda Club » est une entre­prise israé­lienne implantée dans la plus grande colonie israé­lienne, Ma’ale Adumim, située en pleine Cis­jor­danie, en ter­ri­toire pales­tinien occupé donc.

C’est avec conster­nation que nous prenons connais­sance de cette ini­tiative car vous n’êtes pas sans savoir que les pro­duits de toute colonie ne peuvent en aucun cas avoir droit d’entrée hors taxes dans l’Union euro­péenne au titre qu’ils ne pro­viennent pas du ter­ri­toire israélien stricto sensu (voir articles 10 et 83 de l’Accord d’association Union européenne-​​Israël en oeuvre depuis l’an 2000).

C’est si vrai que les douanes de la Répu­blique fédérale alle­mande, au titre de cet accord, viennent de bloquer l’entrée dans le ter­ri­toire allemand de pro­duits de ladite société « Soda Club » qui ne peuvent béné­ficier des dis­po­si­tions de cet accord concernant les pro­duits israé­liens importés dans l’Union européenne.

Votre décision contredit cet Accord d’association dont la Mairie de Paris ni qui­conque ne peut s’exonérer.

Si cette ini­tiative est insou­ciante ou igno­rante des réa­lités, elle n’en mani­feste pas moins, que vous le vouliez ou non, de manière oblique mais bien réelle un soutien implicite à la poli­tique de colo­ni­sation des auto­rités israé­liennes dont il est demandé de partout qu’elle soit stoppée – tandis que cette colonie de 40.000 per­sonnes croît au contraire chaque jour d’avantage –, ce qui ne saurait être accep­table. Ajoutons, et ce n’est pas le moindre des para­doxes et des scan­dales, qu’il s’agit de gazéifier de l’eau tandis que pré­ci­sément l’eau des Pales­ti­niens leur est confisquée par cette colo­ni­sation et leur est revendue ensuite à un prix au moins double.

La question qui vous est posée est simple : la colonie de Ma’ale Adumim fait-​​elle partie ou non d’Israël ? Si ce n’est pas le cas, et ce n’est pas le cas, alors la pré­sence de la société « Soda Club » pour ces fêtes pari­siennes ne saurait être ni légitime ni poli­ti­quement sup­por­table. J’ajoute que cette ini­tiative, si vous deviez vous obs­tiner à la main­tenir, don­nerait prise à des mani­fes­ta­tions de pro­tes­tation contre cette pré­sence injus­ti­fiable dans les condi­tions actuelles. Vous pren­driez ainsi la res­pon­sa­bilité de per­turber sérieu­sement une grande fête tra­di­tion­nelle de Paris qui se doit de conserver son caractère convivial. Admettons que vous ignoriez ce point, et alors la décision d’annuler cette ini­tiative sera prise très rapi­dement. Admettons que vous n’ignoriez pas ces éléments, et alors la décision poli­tique de la sus­pendre s’impose.

La Ville de Paris doit être clai­rement dans le camp de la paix au Proche-​​Orient !

Ne faites rien pour en éloigner Paris ou ternir son image. Cela suppose, en l’espèce, de recon­si­dérer votre invi­tation à cette société des colonies israé­liennes dont la pré­sence en Palestine est illégale et qui constitue, surtout aujourd’hui, une pro­vo­cation conster­nante : la société des colonies « Soda Club ».

Je vous prie de croire, Madame la Maire-​​adjointe de Paris, en mes sen­ti­ments respectueux.

Jean-​​Claude Lefort Président de l’AFPS