Netanyahu devant la commission d’enquête israélienne

Afp, lundi 9 août 2010

Attaque des com­mandos israé­liens contre la Flot­tille de la Liberté : le premier ministre israélien devant une com­mission israélienne :

Le mandat de la com­mission est limité. Il consiste à déter­miner la validité, au regard du droit inter­na­tional, du blocus maritime imposé par Israël à Gaza, et du raid contre la flot­tille d’aide, ainsi que les actes des par­ti­ci­pants et des orga­ni­sa­teurs de l’expédition maritime.

Le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu com­parait ce lundi matin devant la com­mission d’enquête israé­lienne, chargée d’examiner les aspects juri­diques de l’assaut meur­trier de la flot­tille d’aide pour Gaza le 31 mai.Son témoi­gnage, prévu vers 06H00 GMT, devrait être en partie public et en partie à huis clos, selon un com­mu­niqué officiel.

Neuf Turcs avaient été tués dans des affron­te­ments avec les com­mandos de marine israé­liens lors de l’abordage dans les eaux inter­na­tio­nales du navire turc Mavi Marmara qui tentait de forcer le blocus du ter­ri­toire pales­tinien de Gaza.

Pré­sidée par le juge à la retraite de la Cour Suprême, Yaakov Tirkel, la com­mission est offi­ciel­lement com­posée de cinq membres tous israé­liens. Deux obser­va­teurs étrangers sans droit de vote lui ont été adjoints, Lord Trimble, ex-​​Premier ministre pro­testant d’Irlande du Nord [1], et Ken Watkin, un ex-​​avocat général de l’armée canadienne.

Le mandat de la com­mission est limité. Il consiste à déter­miner la validité, au regard du droit inter­na­tional, du blocus maritime imposé par Israël à Gaza, et du raid contre la flot­tille d’aide, ainsi que les actes des par­ti­ci­pants et des orga­ni­sa­teurs de l’expédition maritime. Le gou­ver­nement israélien qui a désigné la com­mission et auquel elle est rede­vable, a tou­jours affirmé qu’aussi bien le raid que le blocus imposé sur Gaza étaient conformes au droit international.

La com­mission n’est pas habi­litée à exa­miner le pro­cessus de prise de déci­sions par la classe poli­tique ni à recom­mander des sanc­tions per­son­nelles contre les res­pon­sables poli­tiques et mili­taires qui ont préparé, ordonné ou conduit le raid.

Le ministre de la Défense Ehud Barak doit être entendu mardi et le chef d’état-major Gaby Ash­kenazi mer­credi. Il sera le seul mili­taire à témoigner devant la com­mission [2].

Une com­mission mili­taire avait reconnu le 12 juillet que l’armée avait commis des "erreurs" lors de la pla­ni­fi­cation et l’exécution du raid tout en jus­ti­fiant le recours à la force.

Ankara a constitué sa propre com­mission. L’ONU en a créée deux : l’une de quatre experts, sous les aus­pices de son secré­taire général Ban Ki-​​moon [3] et l’autre relevant du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU de Genève [4].

[1] Trimble est un soutien bien connu et affirmé des auto­rités israé­liennes, notamment B. Netanyahou

[2] la com­mission n’a pas le droit d’interroger les soldats qui ont commis l’attaque

[3] Israël, l’"accusé", en fait partie, comme l’ancien pré­sident colombien, fidèle ami d’Israël et cri­minel de guerre, Uribe qui en est vice pré­sident, ce qui entache très gra­vement la légi­timité de cette commission.

[4] Israël refuse de se plier au travail de cette commisssion