Palestine 49, lundi 29 septembre 2008
Il y a 10 mois la réunion d’Annapolis prétendait, sous égide américaine, « relancer le processus de paix ». Si certains ont voulu y croire, ils ne peuvent aujourd’hui que constater le gâchis.
IMPUDENCE ET MENSONGE
Dès le lendemain on a vu se succéder comme jamais les annonces d’extension des colonies tout en continuant tranquillement à parler de processus de paix.
Il n’y a là nulle schizophrénie de la part des dirigeants israéliens, mais la tranquille impudence de ceux qui se savent inconditionnellement soutenus par l’ami américain. Dans les 8 premiers mois de l’année 417 appels d’offres pour construction de logements lancés en Cisjordanie, 1760 dans la région « annexée » de Jérusalem, 125 dans les colonies non officiellement reconnues (mais protégées par l’armée), soit le double de la même période en 2007.
Le blocus criminel de Gaza s’est poursuivi (avec la complicité à peine masquée du gouvernement égyptien) : les marchandises n’entrent qu’au compte goutte, la population, en voie d’appauvrissement accéléré, ne vit plus que de la charité internationale… quand on laisse passer l’aide humanitaire. L’air empeste l’huile de friture utilisée comme carburant ! Dans la vallée du Jourdain, zone militaire à accès restreint, les populations sont harcelées et sous menace permanente d’expulsion. Depuis le 4 juin, le village d’Al Farisiya est sous la menace d’un ordre militaire de destruction que la mobilisation internationale a, pour l’heure, permis de repousser. Le 12 août, 25 échoppes de paysans étaient détruites le long de la route longeant le Jourdain. Le 25 août, 45 bâtiments d’habitation et d’élevage des environs d’Al Hadidiya recevaient un ordre de démolition.
On pourrait continuer longtemps la liste des exactions commises en violation du droit international et des Conventions de Genève alors qu’Israël continue benoîtement à parler de Paix sans susciter autre chose de la part de la France et de l’UE que des appels à la « retenue » !
IMPASSE POLITIQUE
Dans ce contexte d’agression permanente, les divisions entre Fatah et Hamas qui ne s’apaisent pas malgré diverses tentatives de médiations sont sévèrement jugées par une population qui n’aspire qu’à l’unité. Et qui regarde avec amertume et un sentiment d’impuissance les luttes de pouvoir.
Mais si certains sont tentés par un repli protecteur sur le clan et les traditions, un nouveau mouvement de résistance venant de la société civile est en train d’émerger.
RESISTANCE POPULAIRE
C’est le combat contre la construction du Mur et son cortège de spoliations qui l’a fait se constituer. Depuis 4 ans Bil’in, village de 1800 habitants à l’ouest de Ramallah, est entré en résistance contre le vol de ses terres par les nouvelles colonies qui s’avancent à l’abri du Mur. Semaine après semaine la population, tous âges confondus, manifeste pacifiquement, appuyée par des militants israéliens et internationaux.
Elle affronte avec courage et détermination une répression brutale qui a fait de nombreux blessés. Et Bil’in n’est pas seul : Budrus, Jayyuz, Um Salamuna… Nil’in où cet été un enfant de 10 ans et un jeune de 17 ans ont été tués par l’armée lors de manifestations pacifiques… malgré la présence d’internationaux.
C’est dire la difficulté de ce combat qui affronte un adversaire surarmé qui joue de son impunité. Combat difficile, mais sans doute seule voie d’avenir pour la résistance. Qui renoue avec cette 1ère Intifada qui imposa naguère, sans armes, la reconnaissance de l’existence du peuple palestinien.
DIRE NOTRE REFUS
Nous ne pouvons rester sans réaction devant le
déni permanent de la justice et du droit. Il nous
faut soutenir avec force la résistance non-violente
que construisent aujourd’hui les Palestiniens.
Nous appelons les citoyens à sanctionner
l’occupation et la colonisation.
Refusons d’acheter des produits israéliens :
rien ne permet de les distinguer de ceux produits
en violation de la légalité internationale dans les
colonies.
Nous refusons de nous faire les complices de
ces violations.