Mission cueillette de l’Afps en Palestine occupée. Dernières nouvelles

AFPS, mercredi 14 novembre 2007

Des mili­tants de l’AFPS sont actuel­lement en Palestine, près d’Hébron, pour par­ti­ciper à la cueillette des olives qui est entravée sys­té­ma­ti­quement par les colons et les soldats israé­liens. La pré­sence de volon­taires inter­na­tionaux permet aux fer­miers d’accéder plus faci­lement à leurs oli­ve­raies et res­treint la vio­lence des colons.

Avigayil

Nous arrivons en bus par une route qui mène droit sur quelques baraques, un hangar et un bun­galow avec une ter­rasse, habité par une famille de colons (voir photo). Un poste mili­taire se tient à proximité. Cette implan­tation Avi Gayil, proche de Yatta est comme toutes les autres colonies, illégale mais elle a ceci d’exceptionnel que même Israël ne la reconnaît pas car elle fut ins­tallée après 1993 c’est à dire depuis les accords d’Oslo).

colonie

Elle est cependant tou­jours là, ali­mentée en élec­tricité et les colons sont financés par Israël. Quand on connaît les moyens qui peuvent être mis en oeuvre par Israël pour appliquer des res­tric­tions aux Pales­ti­niens, on com­prend qu’il y a deux poids deux mesures comme tou­jours ! Il est plus facile d’empêcher les fer­miers pales­ti­niens pro­prié­taires des terres de la colonie et des alen­tours que de virer quelques colons déter­minés à rester, sur­ex­cités et fanatiques.

Toute la colline appar­tient au fermier pourtant il ne s’est pas rendu sur l’oliveraie (34 arbres) depuis trois années. La der­nière fois, il a été frappé vio­lemment par les colons. Il nous précise que les colons y font paître leurs ânes, leurs chevaux et chèvres qui endom­magent sérieu­sement les oli­viers. Nous le constatons.

La cueillette se déroule sans que per­sonne ne vienne mais des mou­ve­ments au rideau du bun­galow laissent sup­poser que nous sommes observés.

Les colons ont réqui­si­tionné aussi le puits foré par le paysan lui même et la citerne d’eau a proximité du champ. Nous y puisons de l’eau avec un seau. A cet instant, une femme fait mine de venir chercher du bois et un homme au por­table se dirige vers nous. Arrivé proche de nous, il engage la conver­sation mais nous nous levons et quittons l’endroit en l’ignorant…

Deux mili­taires arrivent aussi et nous suivent en réarmant leur M16 pour nous intimider…mais nous ne leur accordons guère plus d’intérêt même si la tension est perceptible.

Nous pique-​​niquons à quelques mètres de la colonie dans un champ où le fermier sème en général de l’orge. L’année der­nière, les colons avaient sans en aviser per­sonne semé aussi du blé dans ce champ. Quand les céréales ont poussé, comme l’orge se récolte avant le blé les Pales­ti­niens ont voulu faire leur moisson mais les colons ont appelé les mili­taires en disant que c’était leur récolte. Voila les situa­tions "kaf­kaiennes" ren­con­trées ici par les Pales­ti­niens. Nous en avons ri avec eux…Les Pales­ti­niens manient une arme redou­table que les Israé­liens semblent ne pas pos­séder : l’humour.

En redes­cendant la colline, le fermier tient à nous montrer là ou il vivait durant neuf mois chaque année, avec sa famille, tra­vaillait les terres et menait chèvres, vaches et chevaux. Leur maison en pierre attenant à la roche et un four à pain ont été détruits en 1952 (voir photo). Depuis, ils habitent leur maison de Yatta.

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maison détruite

Une opé­ration aura lieu cet hiver avec des volon­taires pour replanter dans cette zone plu­sieurs oli­viers qui ont été déra­cinés par les colons.

Nathalie