Mission cueillette de l’Afps en Palestine occupée. Dernières nouvelles

AFPS, mardi 13 novembre 2007

Des mili­tants de l’AFPS sont actuel­lement en Palestine, près d’Hébron, pour par­ti­ciper à la cueillette des olives qui est entravée sys­té­ma­ti­quement par les colons et les soldats israé­liens. La pré­sence de volon­taires inter­na­tionaux permet aux fer­miers d’accéder plus faci­lement à leurs oli­ve­raies et res­treint la vio­lence des colons.

Retour sur le lieu de cueillette du mer­credi 7 novembre où les colons, dont un par­ti­cu­liè­rement, ont été viru­lents avec les soldats, les volon­taires et les pales­ti­niens (Voir rapport). Nous devions revenir avec d’autres asso­cia­tions mais nous sommes seuls avec le paysan sa femme et sa fille.

L’accès qui mène au lieu de la cueillette est une route qui a été volon­tai­rement démolie au tracto-​​pelle si bien que mor­ceaux d’asphalte et terre forment un mon­ticule qui stoppe toutes voi­tures ou trac­teurs. La colonie Karmi Zur à proximité du village pales­tinien de Beit Ummar, occupe la colline depuis 1982 mais elle s’étend pro­gres­si­vement avec son lot de bar­belés, miradors, clô­tures et lignes élec­tri­fiées. Une extension faite de cara­vanes et mobil-​​homes la pro­longe et entrave l’accès aux terres du fermier.

Toutes les vignes aux alen­tours sont détruites par de puis­sants her­bi­cides. Pour l’anecdote le nom de la colonie Karme Zur signifie "le vignoble". Le cynisme est ici monnaie courante…

Le fermier pro­prié­taire de la terre a perdu trois hec­tares confisqués et occupés illé­ga­lement pour l’installation des colons. Les deux hec­tares qui lui restent sont com­posés d’arbres frui­tiers et de quinze oli­viers dont cinq ont été détruits. Cette terre leur appar­tient de père en fils depuis les ottomans. Ils ne peuvent y accéder sans se faire chasser, insulter et menacer d’être abattus par les colons. La der­nière fois ils ont été arrêtés et gardés pendant dix heures au poste de police.

Le colon, le même homme que la der­nière fois, tente de des­cendre et d’en découdre avec nous mais les soldats l’en empêchent et nous encerclent avec leur jeep et pré­tendent assurer notre sécurité. Il remonte vers la colonie mais une agi­tation s’ensuit : des cris, des mou­ve­ments de soldats et de voitures…Il sem­blerait qu’une alter­cation vio­lente a eu lieu entre colons et soldats. Une ambu­lance arrive pour trans­porter deux civières : colons ou soldats ? Nous ne pouvons le dire.…

Le paysan atteste que les soldats quelque fois tentent de les pro­téger contre les colons très excités et presque incon­trô­lables. Pendant ce temps, un va et vient de camions de livraison ali­mentent la colonie (lait, fruit,..). Pour eux la vie continue…

Nous restons assis là en attendant l’autorisation de des­cendre à l’oliveraie par le chemin d’accès aux terres culti­vables qui a été ouvert par les fer­miers eux-​​mêmes et qui sert aujourd’hui de limite à la colonie. Un soldat nous dit de revenir avec le permis de cueillette du bureau de coor­di­nation. Nous décidons de partir.

Même si nous n’avons pas cueilli d’olives, cette action remplit bien les objectifs du comité de défense de la terre avec l’aide des volon­taires : réclamer les terres en signi­fiant aux occu­pants que la terre est occupée illé­ga­lement et appar­tient aux palestiniens !

Assurer un soutien aux fer­miers qui ne peuvent s’y rendre seuls pour affronter les res­tric­tions et les obs­tacles mis en place par les Israé­liens. Et par­venir à assurer, si la récolte peut se faire, l’autonomie écono­mique des Palestiniens.

Nous sommes en attente de savoir si le permis pour accéder sur cette terre arrivera pour demain.…

Nathalie et les autres