Mettre fin à la cécité volontaire

Mitri I. Musleh, lundi 8 juin 2009

Etre aveugle de nais­sance est une chose, mais choisir de l’être, détourner consciemment les yeux d’événements catas­tro­phiques, alors ça c’est un crime.

Depuis 61 ans, depuis le début du conflit entre Pales­ti­niens et Israé­liens, de réelles ten­ta­tives ont eu lieu de trouver une solution paci­fique viable qui réponde aux attentes non seulement des Pales­ti­niens et des Israé­liens mais aussi à celles du monde entier.

Pourtant ces efforts sont passés inaperçus des aveugles déli­bérés, Intel­lec­tuels, uni­ver­si­taires, phi­lo­sophe et autres éduca­teurs se sont lancés dans des expli­ca­tions pré­ci­pitées de ce phé­nomène com­plexe qu’est la cécité volon­taire, Ils ont de même voulu expliquer les causes de l’échec de ces efforts.

Cer­tains ont accusé la religion, Dieu et son pro­phète, d’autres ont fait porter la res­pon­sa­bilité sur l’aventurisme socio-​​économique, mili­taire et poli­tique. D’autres encore n’y ont vu que des nations qui jouaient des muscles et non le travail engagé dans des pro­po­si­tions de paix.

Je pense parfois qu’il est pos­sible que les gens choi­sissent de devenir aveugles parce que ce qu’ils voient est en dessous de ce qu’ils espèrent de la vie. Je peux le com­prendre mais je constate que, pris dans les espé­rances et les décep­tions de l’existence, les gens tendent à ignorer ce qui est important et à se foca­liser sur ce qui ne l’est pas. Les Pales­ti­niens et les Israé­liens semblent avoir décidé de devenir aveugles il y a dix ans et se sont donc rendus inca­pables de déter­miner le sort de leurs nations et par là même leur propre destin.

La cécité volon­taire des gens laisse la porte ouverte pour que des diri­geants s’expriment de façon arbi­traire sur le destin, sur les attentes, et pour qu’ils agissent en fonction de leur propre vision étriquée , bien loin de l’intérêt de leur peuple.

Nous devons recom­mencer à écouter ce que disent nos diri­geants, et à leur faire assumer leurs paroles. Nous devons écouter et décider si ces diri­geants parlent vraiment pour nous, et si nous trouvons qu’ils ne le font pas, nous devons en élire d’autres. Si nous devons réussir à exprimer notre déter­mi­nation à Israël concernant l’arrêt des colonies, il nous faut écouter, agir et nous unir sous une direction unique qui s’engage à créer un foyer national pour tous les Pales­ti­niens ; et, oui, cela veut dire vivre en paix, côte à côte avec les Israéliens.