L’Orient le Jour, dimanche 17 janvier 2010
Le Premier ministre, Saad Hariri, a reçu hier le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vient d’achever sa tournée dans les pays du Golfe. Il était accompagné d’une délégation palestinienne regroupant plusieurs membres du Hamas.
Les discussions ont eu lieu en présence du représentant du Hamas au Liban, Oussama Hamdane, du député Bassem Sabeh et du directeur du bureau du Premier ministre, Nader Hariri.
À l’issue de la rencontre, M. Mechaal a indiqué à la presse avoir examiné avec le chef du gouvernement la question de la réconciliation interpalestinienne, la crise israélo-arabe et ses récents développements, ainsi que les relations libano-palestiniennes. Le responsable palestinien a affirmé avoir discuté de ce dernier point avec M. Hariri « en toute transparence », soulignant que le Hamas « continuera à coopérer avec l’État libanais pour parvenir à une plateforme d’entente qui sert les intérêts des deux parties ». Interrogé sur la question des armes qui se trouvent aux mains des Palestiniens, M. Mechaal a affirmé avoir soulevé l’affaire des armes à l’intérieur et en dehors des camps.
« Nous avons également évoqué le dossier des droits civils des réfugiés palestiniens, et la nécessité de s’entendre sur tous ces sujets et sur la façon dont l’État traite de la question palestinienne en général avec les représentants de toutes les factions en présence », a ajouté M. Mechaal.
Prié de dire quelle était la position du Hamas sur la question des armes en dehors des camps, il a répondu : « Cette question doit faire l’objet de plus amples discussions. Mais le principe est qu’il ne peut y avoir d’autorité au-dessus de celle de l’État libanais et de la loi. » Et M. Mechaal de rappeler que les armes qui se trouvent aux mains des Palestiniens « ne sont pas le fruit d’une équation libanaise interne, mais sont liées à un historique qui relève de la révolution palestinienne et reflètent par conséquent la crainte des Palestiniens d’une éventuelle agression israélienne, comme celle qui s’est produite à Sabra et Chatila. C’est dans ce cadre que l’on pourra trouver un consensus qui convient à toutes les parties ».
M. Mechaal a également rencontré le chef de l’État, Michel Sleiman, qu’il a informé de la situation générale qui prévaut sur la scène palestinienne et des résultats de sa tournée dans le monde arabe. M. Sleiman a pour sa part insisté sur « l’importance des sacrifices pour faire aboutir le processus de réconciliation interpalestinienne » [1]. Le responsable du Hamas s’est également entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry.
[1] voir aussi La Presse de Tunisie :
BEYROUTH (Reuters) — En visite hier à Beyrouth, le chef du mouvement islamiste Hamas, Khaled Mechaâl, a souhaité rencontrer le Président palestinien et chef du Fatah, Mahmoud Abbas, pour tenter de mettre fin au conflit entre les deux groupes.
Le Hamas a pris en juin 2007 le contrôle de la bande de Gaza après en avoir chassé par la force les hommes du Fatah. Ce dernier contrôle, lui, la Cisjordanie.
Mechaâl a affirmé hier que le Fatah et le Hamas étaient "dans la dernière ligne droite" en vue d’une réconciliation et qu’il ne restait plus qu’à revoir une dernière fois le projet d’accord mis au point par l’entremise de l’Egypte.
"A partir de cette plate-forme, j’efface tout le passé et j’invite le frère Abou Mazen (Abbas) à une rencontre bilatérale, avant une réunion de nos deux groupes", a-t-il dit lors d’une cérémonie en présence du chef du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah.
"Je ne doute pas que, lors de notre rencontre, nous nous mettrons d’accord et nous réglerons nos petites divergences. Ensuite, nous irons au Caire (…) pour bénir cet accord et notre unité", a dit Khaled Mechaâl. http://www.lapresse.tn/index.php?op…