Massacre à huis clos

T. Hocine, dimanche 2 mars 2008

Israël a pour­suivi hier 1er mars sa poli­tique de terreur. Voilà quatre jours que la bande de Ghaza fait face à un déluge de feu. Tous les bilans sont­pro­vi­soires tant les vic­times sont nom­breuses, et cer­tains sites inac­ces­sibles car les secou­ristes n’échappent pas eux aussi à la folie des­truc­trice d’Israël, tandis que le silence de la com­mu­nauté inter­na­tionale devient pesant.

Pas un mot en effet pour condamner la répression israé­lienne, encore moins arrêter son bras assassin. Pis, cer­tains ont même osé établir une symétrie – le terme étant à la mode – entre Pales­ti­niens et Israé­liens, autrement dit, mettre sur un même pied occupant et occupé. Parler de cette crise, comme s’il s’agissait d’une guerre clas­sique, tout juste pour prendre fait et cause pour l’agresseur et culpa­bi­liser les Pales­ti­niens. Ou encore entre­prendre un travail de fal­si­fi­cation de la question pales­ti­nienne et ensuite accré­diter la thèse israé­lienne de légitime défense.

Ahu­rissant quand on sait que les Pales­ti­niens résistent à l’une des plus puis­santes machines de guerre du monde et que c’est leur seule manière de rap­peler leur exis­tence à un monde qui voulait nier un tel fait. Et pourtant, l’histoire du Proche-​​Orient ne s’est pas arrêtée à la réso­lution 242 du Conseil de sécurité qui ne parle des Pales­ti­niens qu’en termes de réfugiés qui ont besoin d’un foyer.

Dépos­sédés de leurs terres et de leurs droits, ils demandent justice, rien d’autre. Pas celle que cer­tains veulent leur imposer, du genre homeland ou ce qu’on désigne sous l’étiquette de « droits poli­tiques » qu’Israël accep­terait de leur concéder quand il n’y a plus rien à prendre. C’est jus­tement ce qui est en train de se dérouler avec une com­plai­sance sinon une com­plicité souvent affichée, mais à peine avouée pour ne pas heurter les consciences. Ou du moins pour se donner bonne conscience. Ou plus sim­plement pour ces Etats, ne pas mettre en danger leurs intérêts.

Les Pales­ti­niens n’occupent aucun ter­ri­toire étranger et ne demandent qu’à recouvrer leur liberté. Ce qu’Israël leur refuse, avec une cer­taine com­plicité d’une partie de l’opinion inter­na­tionale qui ferme les yeux jus­tement sur cette question, s’agissant pré­ci­sément de justice. Bien au contraire, cette der­nière a donné de fausses illu­sions aux Pales­ti­niens, accen­tuant leur amertume et leur désespoir.

C’était cela Olso en 1993 jusqu’à ce qu’Israël entre­prenne de réécrire cet accord et de décréter sa mort, alors qu’on disait de lui que c’était un accord inter­na­tional et qu’aucune partie n’avait le droit de s’en retirer. C’est également cela la Feuille de route, un plan inter­na­tional que ses pro­mo­teurs n’ont pu appliquer en raison de l’obstination d’Israël à le vider de son contenu, prin­ci­pa­lement l’échéance de la création d’un Etat pales­tinien en 2005.

Et dire que de nom­breux pays prompts à s’ériger en défen­seurs de morale et de droit inter­na­tional tentent de trouver des cir­cons­tances atté­nuantes à Israël et à jus­tifier ses crimes. Leur silence actuel est éloquent.