Mahmoud Abbas appelle au retour de tous les Palestiniens réfugiés au Liban

Euronews et AP, vendredi 29 août 2008

En visite à Bey­routh, Mahmoud Abbas a appelé au retour de tous Pales­ti­niens réfugiés au Liban Selon le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne des négo­cia­tions sont en cours avec Israël sur la question.

Avec le pré­sident libanais Michel Sleimane, Mahmoud Abbas a examiné la situation des dif­fé­rents camps. Celle-​​ci est tendue dans plu­sieurs d’entre eux, notamment à Aïn Héloué où vivent 45.000 personnes.

Cette visite d’Abbas était très attendue par les réfugiés pales­ti­niens. "Nous lui demandons d’améliorer les condi­tions de vie des réfugiés pales­ti­niens. De faire quelque chose pour amé­liorer notre situation au Liban. Ici nos jeunes n’ont pas de travail, ils ne peuvent que rester assis toute la journée. Mais le plus important pour nous est de rentrer en Palestine".

Des groupes extré­mistes se sont implantés dans les camps de réfugiés à la faveur des condi­tions de vies dif­fi­ciles. L’année der­nière, des combats ont opposé pendant plus de trois mois l’armée liba­naise au mou­vement isla­miste Fatah al-​​Islam dans le camp de Nahr al-​​Bared. Des affron­te­ments qui ont fait plus de 400 morts. [1]

Selon Asso­ciated Press, le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas a refusé jeudi d’envisager que les réfugiés pales­ti­niens arrivés au Liban après la création d’Israël en 1948 renoncent à tout droit au retour.

"Les réfugiés devraient avoir le droit de rentrer chez eux, et nous négo­cions ce point avec les Israé­liens", a déclaré M. Abbas, en dépla­cement à Bey­routh. "Je dois dire que nous ne sommes pas en faveur de l’installation per­ma­nente de réfugiés pales­ti­niens au Liban. Nous sommes contre la réins­tal­lation permanente".

Il a cependant apporté son soutien à toute décision du gou­ver­nement libanais concernant les mili­tants pales­ti­niens armés en dehors des camps de réfugiés.

Lors de sa visite, le pré­sident de l’autorité pales­ti­nienne a ren­contré le Premier ministre libanais Fouad Siniora et le pré­sident du Par­lement Nabih Berri.

Environ 400.000 réfugiés pales­ti­niens et leurs des­cen­dants vivent dans une dizaine de camps au Liban. Une bonne partie des Libanais s’opposent à leur ins­tal­lation défi­nitive, crai­gnant que cela ne rompe le fragile équi­libre entre les diverses com­mu­nautés reli­gieuses du pays.

Le renon­cement au droit au retour des réfugiés pales­ti­niens est l’une des condi­tions à la conclusion d’un accord de paix qu’Israël défend le plus vigou­reu­sement, de peur également d’être désta­bilisé par un afflux massif de Pales­ti­niens sur son ter­ri­toire. Actuel­lement, les Arabes israé­liens repré­sentent environ 20% des 6,9 mil­lions d’Israéliens. [2]