Made in colonie israélienne, ou le boycottage ciblé

Gilles Paris, dimanche 8 juillet 2012

En deux votes, la confé­rence des églises pres­by­té­riennes amé­ri­caines a donné ven­dredi une indi­cation sur la ten­dance qui semble pré­valoir en matière de pres­sions sur Israël.

En deux votes, la confé­rence des églises pres­by­té­riennes amé­ri­caines a donné ven­dredi une indi­cation sur la ten­dance qui semble pré­valoir en matière de pres­sions sur Israël. Faute de la moindre ini­tiative depuis plus de deux ans (on pourra s’en réjouir en constatant que plus per­sonne n’est désormais prêt à faire sem­blant), et étant donné le fiasco intégral de l’option "Cis­jor­danie d’abord" (faire de cet ter­ri­toire géré par une Autorité en faillite faute de dons, un modèle pour affaiblir le Hamas à Gaza, nom­breux sont en effet les sym­pa­thi­sants de la cause pales­ti­nienne à consi­dérer qu’une pression civile et non vio­lente est la seule option pos­sible pour faire bouger les choses. D’où des ini­tia­tives plus ou moins coor­données et notamment le trip­tyque "Boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanctions".

Contrai­rement à des fonds de pension nor­végien et suédois, les églises pres­by­té­riennes ont rejeté de jus­tesse (lire ici le com­mu­niqué de l’Anti Defa­mation League et l’article du site elec­tronic intifada) une motion radicale prônant le retrait de trois com­pa­gnies mêlées à des titres divers à des acti­vités de colo­ni­sation, Cater­pillar, Motorola, et Hewlett-​​Packard. En revanche, elles ont appelé au boy­cottage des pro­duits des colonies israéliennes.

Ces pro­duits, on le rap­pelle, béné­fi­cient d’un label israélien contro­versé (pour le ministère des affaires étran­gères, ce "made in israel" est d’ailleurs plutôt un "made by israel". Label qui permet d’ailleurs abu­si­vement de pro­fiter de l’accord d’association Israël-​​UE alors que ces colonies ne sont pas reconnues comme faisant partie inté­grant de l’Etat juif. Dans le même esprit, des gou­ver­ne­ments (Afrique du Sud, Danemark) et des sociétés (Migros en Suisse) sou­haitent que la pro­ve­nance géo­gra­phique soit spé­cifiée sur ces pro­duits, au nom de l’information du consommateur.

Quant aux pro­duits concernés, d’affreux caf­teurs gau­chistes, comme diraient cer­tains visi­teurs régu­liers de ce blog, en ont donné la liste au len­demain d’un vote de la Knesset, en 2011, pour interdire cette forme de boy­cottage ciblé. On y note beaucoup de vins, des sodas, et surtout les pro­duits de beauté Ahava, sur la mer Morte. Pour les vins, rien de grave puisqu’il reste de toute façon les Castel et les Clos de Gat.

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