Lettre au rédacteur en chef du New York Review of Books : L’arbre qui cache la forêt

Lettre signée par Angela Davis, Rashid Khalidi, Joan Scott, Richard Falk, Roger Waters, Alice Rothchild, Chandler Davis, et al.

L’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine), mercredi 26 octobre 2016

Lettre au rédacteur en chef du New York Review of Books (10 novembre, 2016)

Une déclaration récemment publiée dans le New York Review of Books appelle à « un boycott économique et une non-reconnaissance politique des colonies israéliennes dans les territoires occupés » (Lettres, 13 octobre).

Nous saluons la façon dont la déclaration brise le tabou qui frappe le boycott des institutions israéliennes complices – au moins partiellement - des violations des droits humains des Palestiniens.

Défiant néanmoins le sens commun, la déclaration appelle à boycotter les colonies en laissant Israël, l’État qui a illégalement construit et entretenu ces colonies depuis des décennies, en dehors du coup.

De plus, les banques israéliennes non implantées dans les colonies mais qui financent leur construction ne devraient-elles pas être ciblées elles aussi ? C’est ce qu’ont fait l’Église Méthodiste Unie et l’important Fond de pension néerlandais PGGM.

En omettant les autres violations graves du droit international perpétrées par Israël, la déclaration ne satisfait pas au test de cohérence morale. Les réfugiés palestiniens, qui représentent la majorité des Palestiniens, n’ont-ils pas droit au respect des droits qui leur sont stipulés par l’ONU ? Les citoyens palestiniens d’Israël ne devraient-ils pas jouir de l’égalité des droits, par le rejet des dizaines de lois israéliennes qui les soumettent à la discrimination raciale ?

La société civile palestinienne a appelé au Boycott, au Désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre toutes les entités, israéliennes ou internationales, qui se font complices de la négation des droits des Palestiniens où qu’ils soient. Comme l’a montré le boycott de l’apartheid sud africain, c’est le moyen non-violent le plus efficace pour atteindre la liberté, la justice et l’égalité pour tous.

Nadia Abu El-Haj, Co-director, Center for Palestine Studies, Columbia University, New York, USA
Mamdouh Aker, MD, Commissioner, Palestinian Independent Commission for Human Rights, Ramallah, Palestine
Chandler Davis, Professor of Mathematics, University of Toronto, Toronto, Canada
Angela Y. Davis, Distinguished Professor Emerita, History of Consciousness and Feminist Studies, University of California, Santa Cruz, California, USA
Laurence Dreyfus FBA, Professor Emeritus of Music, University of Oxford, Oxford, UK
Farid Esack, Chair, Dept. of Religion Studies, University of Johannesburg, Johannesburg, South Africa
Richard Falk, Professor of International Law, Emeritus, Princeton, Santa Barbara, USA
Ronnie Kasrils, Former Minister of Intelligence, Johannesburg, South Africa
Robin D. G. Kelley, Gary B. Nash Professor of American History, UCLA, Los Angeles, CA, USA
Rashid Khalidi, Edward Said Professor of Modern Arab Studies, Columbia University, New York, USA
Malcolm Levitt FRS, School of Chemistry, University of Southampton, Southampton, UK
Miriam Margolyes, Actress, O.B.E., London, UK
John Pilger, Journalist and filmmaker, London, UK
Barbara Ransby, Distinguished Professor of Liberal Arts and Sciences, University of Illinois at Chicago, Chicago, USA
Alice Rothchild, MD, Retired Assistant Professor of Obstetrics, Gynecology and Reproductive Biology, Faculty of Medicine, Harvard University, Seattle, USA
Sarah Schulman, Distinguished Professor, City University of New York, New York, USA
Joan W. Scott, Professor Emerita, Institute for Advanced Study, Princeton, USA
Peter H. S. Sporn, MD, Professor of Medicine, Northwestern University, Chicago, USA
Rebecca Vilkomerson, Executive Director, Jewish Voice for Peace, New York, USA
Alice Walker, Writer, Berkeley, CA, USA
Roger Waters, Musician, New York, USA
et cent quatre autres signataires