Lettre à la Ministre de l’économie

JC Lefort, samedi 14 novembre 2009

Je vous demande donc, au-​​delà de « Soda Club » et de la société « Agrexco » mais inclus ces deux cas, ce que vous comptez faire et mettre en œuvre pour stopper cette fraude géné­ra­lisée et mettre enfin la France en conformité avec ses enga­ge­ments inter­na­tionaux et européens.

Paris, le 2 novembre 2009

Madame Christine Lagarde Ministre de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi

139, rue de Bercy 75012 Paris

Madame la Ministre,

Le 12 octobre dernier je vous alertais ainsi que vos deux autres col­lègues concernés – Madame Idrac et Mon­sieur Woerth – sur le non respect de l’application en France de l’Accord d’association UE-​​Israël (article 83 et pro­tocole 5). Je citais, à titre d’exemple, les cas de « Soda Club » et de la société « Agrexco ». Ce courrier est resté sans réponse de votre part à ce jour.

Depuis, vous n’êtes pas sans le savoir, l’Avocat général de la Cour euro­péenne de Justice, a pré­ci­sément rendu un avis le 29 octobre dernier sur la société « Soda Club » et l’entrée de ses pro­duits dans l’Union, en l’occurrence en Alle­magne qui les avait bloqués aux douanes.

L’Avocat général estime que, confor­mément à cet accord d’association, les pro­duits ori­gi­naires des colonies israé­liennes et des Ter­ri­toires occupés en aucun cas ne peuvent béné­ficier des clauses pré­fé­ren­tielle dudit accord pas plus qu’ils ne peuvent béné­ficier de l’accord de même nature passé avec l’OLP.

Pour votre col­lègue des Affaires étran­gères « tout est normal » concernant l’entrée des pro­duits des colonies dans l’espace européen, ainsi qu’il le dit dans une lettre à François Liberti, vice-​​président du Conseil général de l’Hérault. La vérité est toute autre : il y a vio­lation constante de la part des auto­rités israé­liennes de cet accord concernant de pro­duits très nom­breux des colonies et des Ter­ri­toires occupés qui en sont for­mel­lement exclus. Ces pro­duits nom­breux, non uni­quement agri­coles, pénètrent donc frau­du­leu­sement dans l’espace européen, en France en particulier.

La Cour euro­péenne de Justice vient de confirmer nos affir­ma­tions sur ce sujet. Vous êtes en res­pon­sa­bilité pre­mière sur cette question com­mer­ciale et de droit. Et vous allez pro­chai­nement vous rendre en Israël, ce qui doit vous per­mettre de mettre les choses au point avec les auto­rités de ce pays.

Mais rien n’est moins sûr puisque pour l’heure vous gardez, de même que vos col­lègues concernés, un silence par­ti­cu­liè­rement épais tandis que le Ministre des Affaires étran­gères se laisse aller à de mauvais pen­chants contre-​​productifs.

Je vous demande donc, au-​​delà de « Soda Club » et de la société « Agrexco » mais inclus ces deux cas, ce que vous comptez faire et mettre en œuvre pour stopper cette fraude géné­ra­lisée et mettre enfin la France en conformité avec ses enga­ge­ments inter­na­tionaux et européens.

C’est aussi, vous l’aurez sans doute compris, la recherche d’une solution de paix basée sur le droit qui est à l’œuvre der­rière notre demande qui va donc au-​​delà du droit com­mercial, ce dernier ne pouvant pas, par ailleurs, pas sup­planter le droit inter­na­tional (article 103 de la Charte des Nations unies). 

Dans l’attente,

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de mes respects.

Jean-​​Claude Lefort Président de l’AFPS