Les manuels scolaires et la littérature enfantine israéliens promeuvent le racisme et la haine contre les Palestiniens et les Arabes

Maureen Mehan, Le Quotidien d’Oran, dimanche 9 octobre 2016

Suivant de récentes études académiques et des sondages d’opinion, les manuels scolaires, aussi bien que les livres de fiction enfantins israéliens, décrivent les Palestiniens et les Arabes comme des « assassins », des « émeutiers » et des gens « généralement arriérés » et « improductifs. » La délégitimisation et les stéréotypes négatifs des Palestiniens et des Arabes sont la règle plutôt que l’exception dans les manuels scolaires israéliens.

La haine et le mépris des Palestiniens et des Arabes comme fondement des Programmes scolaires israéliens Le Professeur Daniel Bar-Tal de l’université de Tel Aviv a étudié 124 manuels destinés aux écoles primaires, aux collèges d’enseignement moyen, et aux lycées israéliens, et portant sur la langue et la littérature hébraïques, l’histoire, la géographie et l’éducation civique. Bar-Tal a conclu que les manuels scolaires israéliens présentent le point de vue selon lequel les juifs sont engagés dans une guerre justifiée, et même humanitaire, contre un ennemi arabe qui refuse d’accepter et de reconnaître l’existence et les droits des juifs en Israël.

Selon ce professeur : « Les premiers manuels scolaires avaient tendance à décrire les Arabes comme des gens hostiles, déviants, injustes, cruels, immoraux ayant l’intention de nuire aux juifs et d’annihiler l’état d’Israël. Dans ce cadre de référence, les Arabes étaient délégitimisés par l’utilisation d’étiquettes comme : des voleurs », des « assoiffés de sang », et des « tueurs », A ces observations, Bar-Tal a ajouté qu’il y a eu peu de révisions positives dans les programmes israéliens au cours des années.

Il a souligné que les manuels israéliens continuent de présenter les juifs comme : industrieux, braves et déterminés à prendre en charge les difficultés et à « améliorer le pays par tous les moyens alors que les Arabes en sont incapables… Ce message, continue Bar-Tal, a été accentué encore plus par l’usage de stéréotypes clairs et nets qui décrivent les Arabes comme « non éclairés, inférieurs, fatalistes, improductifs et apathiques. » De plus, suivant ces manuels, les Arabes étaient « tribalistes, revanchards, exotiques, pauvres, malades, sales, bruyants, colorés » et « ils brûlent, tuent, assassinent, détruisent et sont facilement incités à la colère. »

Les livres pour enfants israéliens délibérément rédigés pour instiller la déshumanisation des Arabes et des Palestiniens

Dans un livre, intitulé : « Un visage horrible dans le miroir » son auteur, l’écrivain et chercheur israélien Adir Cohen étudie la nature de l’éducation des enfants en Israël, et se concentre sur la façon dont l’élite des historiens israéliens voit et décrit les Arabes palestiniens et aussi comment les enfants juifs israéliens perçoivent les Palestiniens. Une partie du livre était basée sur les résultats d’un sondage pris parmi un groupe d’enfants de la 3ème année primaire à la 1re année de l’enseignement moyen dans une école de Haïfa. Cinq questions furent posées à ces élèves sur leur attitude à l’égard des Arabes, comment les reconnaissaient-ils et quelles étaient leurs relations avec eux. Les résultats de ce sondage furent aussi choquants que bouleversants.75% des enfants ont décrit l’Arabe comme un assassin, quelqu’un qui enlève les enfants, un criminel et un terroriste. 80% ont disent qu’ils voient l’Arabe comme quelqu’un de sale, avec un visage terrifiant. 90% des élèves ont déclaré qu’ils croient que les Palestiniens n’ont aucun droit de quelque nature qui soit sur la terre d’Israêl ou la Palestine.

Cohen a aussi étudié 1.700 livres pour enfants publiés après 1967. Il a découvert que 520 de ces livres contenaient des descriptions négatives et humiliantes des Palestiniens. Il a pris la peine de faire la distinction par classe de descriptions.

70% des 520 livres pour enfants font référence aux Arabes comme violents, 52% comme méchants, 37% comme menteurs, 31% comme cupides, 28% comme double-faces, 27 % comme traîtres. Cohen a souligné que les auteurs de ces livres d’enfants instillent effectivement la haine envers les Arabes en les déshumanisant et en les classant dans une autre catégorie que les êtres humains. Dans un échantillon de 86 livres, Cohen a compté les descriptions suivantes utilisées pour déshumaniser les Arabes : meurtriers a été utilisé 21 fois, serpents 6 fois, sales 6 fois, animaux vicieux 17 fois, assoiffés de sang 21 fois, va-t-en guerre 17 fois, tueurs 13 fois, crédules 9 fois, dos de chameau 2 fois. L’étude de Cohen conclut que ces descriptions des Arabes sont partie intégrale des convictions et d’une culture rampante dans la littérature et les livres d’histoires hébreux. Il écrit que les auteurs et écrivains israélien ont confessé qu’ils décrivent délibérément les caractères arabes de cette façon, en particulier en direction des lecteurs les plus jeunes pour influer sur leur vision du monde et pour les préparer à traiter les Arabes « comme il se doit. »

Maureen Mehan : journaliste libre qui couvre la Cisjordanie et Jérusalem (paru sur ‘Washington Report on Middle East Affairs’. Traduit par Mourad Benachenhou