Les Palestiniens demandent le soutien de l’ONU pour proclamer leur Etat

Le Monde, lundi 16 novembre 2009

Les Pales­ti­niens veulent obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU qu’il appuie la pro­cla­mation uni­la­térale de leur Etat, en raison du blocage des négo­cia­tions de paix avec Israël, a affirmé dimanche le prin­cipal négo­ciateur palestinien.

"Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d’obtenir son soutien à la création d’un Etat pales­tinien indé­pendant ayant Jéru­salem pour capitale et dont les fron­tières seraient celles de juin 1967" avant l’occupation israé­lienne, a déclaré à l’AFP ce négo­ciateur Saëb Erakat. "Nous allons chercher à obtenir l’appui de l’Union euro­péenne ainsi que celui de la Russie et d’autres pays", a-​​t-​​il ajouté.

Plu­sieurs ministres israé­liens ont aus­sitôt mis en garde les Pales­ti­niens contre toute démarche uni­la­térale. "Cette ini­tiative hostile sup­pri­merait tout espoir de négo­cia­tions de paix. S’ils (les Pales­ti­niens) vont de l’avant dans leur projet de pro­cla­mation uni­la­térale d’un Etat, nous devrons étendre notre contrôle sur les sec­teurs C" de la Cis­jor­danie, a affirmé le ministre des Infra­struc­tures Uzi Landau (Israël Bei­ténou - droite natio­na­liste). Les sec­teurs C de la Cis­jor­danie occupée sont contrôlés par la police de l’Autorité pales­ti­nienne, et l’armée israé­lienne y assume la sécurité globale.

"J’espère que la com­mu­nauté inter­na­tionale ne coopérera pas avec ce projet et s’exprimera clai­rement en faveur de l’unique approche pos­sible, à savoir la tenue de négo­cia­tions directes", a-​​t-​​il estimé le ministre chargé des affaires de la Dia­spora, Yuli Edel­stein. Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas exige qu’Israël gèle tota­lement la colo­ni­sation avant toute reprise des pour­parlers de paix. Selon des res­pon­sables pales­ti­niens, il a été heurté par la récente volte-​​face de l’administration amé­ri­caine sur ce point.

UNE CONFÉRENCE DE PAIX À PARIS ?

De son côté, Nicolas Sarkozy a proposé la semaine der­nière au premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahou de par­ti­ciper à une confé­rence inter­na­tionale de paix orga­nisée à Paris et réunissant les prin­cipaux acteurs au Proche-​​Orient, indique le quo­tidien israélien Haaretz. Le pré­sident français a proposé d’accueillir une ren­contre entre M. Netha­nyahou et les pré­si­dents syrien et pales­tinien, Bachar al-​​Assad et Mahmoud Abbas.

Cette confé­rence de paix réunirait aussi le roi de Jor­danie, Abdallah II, le pré­sident égyptien Hosni Mou­barak, le pré­sident libanais Michel Sleimane, ainsi que des repré­sen­tants du Quar­tette (Etats-​​Unis, Union euro­péenne, Russie et ONU). Selon le Haaretz, M. Sarkozy a appelé jeudi au télé­phone M. Abbas pour lui faire part de cette pro­po­sition, et en a également parlé avec M. Assad durant la visite de ce dernier ven­dredi à Paris.

Ni M. Neta­nyahou ni M. Abbas n’ont rejeté la pro­po­sition fran­çaise, selon le Haaretz. La position de l’administration Obama n’est pas encore connue. Interrogé par l’AFP, un res­pon­sable gou­ver­ne­mental israélien a déclaré, sous couvert de l’anonymat, qu’"Israël se félicite par avance de toute pos­si­bilité de ren­contre entre le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu et les pré­si­dents syrien et palestinien". [1]

[1] voir aussi, tou­jours sur le Monde :

Sarkozy propose une conférence internationale de paix à Paris

Le pré­sident français Nicolas Sarkozy a proposé la semaine der­nière au Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu de par­ti­ciper à une confé­rence inter­na­tionale de paix orga­nisée à Paris et réunissant les prin­cipaux acteurs au Proche-​​​​Orient, a indiqué dimanche Haaretz.

Selon le quo­tidien, durant leur entretien mer­credi dernier à l’Elysée, M. Sarkozy a invité M. Neta­nyahu à relancer le pro­cessus de paix au Proche-​​​​Orient en ren­con­trant les pré­si­dents syrien et pales­tinien, Bachar al-​​​​Assad et Mahmoud Abbas, dans le cadre d’une confé­rence inter­na­tionale orga­nisée à Paris sous son égide.

Cette confé­rence, précise le Haaretz, réunirait aussi le roi de Jor­danie, Abdallah II, le pré­sident égyptien Hosni Mou­barak, le pré­sident libanais Michel Sleimane, ainsi que des repré­sen­tants du Quar­tette (USA, UE, Russie, ONU).

Tou­jours selon le quo­tidien, M. Sarkozy a appelé jeudi au télé­phone M. Abbas pour lui faire part de cette pro­po­sition, et en a également parlé avec M. Assad durant la visite de ce dernier ven­dredi à Paris.

Ni M. Neta­nyahu ni M. Abbas n’ont rejeté la pro­po­sition fran­çaise, selon le Haaretz.

La Russie sou­haite également depuis plu­sieurs mois orga­niser une confé­rence de paix sur le Proche-​​​​Orient à Moscou.

Interrogé par l’AFP, un res­pon­sable gou­ver­ne­mental israélien a déclaré, sous couvert de l’anonymat, qu’"Israël se félicite par avance de toute pos­si­bilité de ren­contre entre le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahu et les pré­si­dents syrien et palestinien".

MM. Sarkozy et Mou­barak sont les co-​​​​présidents de l’Union pour la Médi­ter­ranée (UPM) qui vise à convertir l’espace médi­ter­ranéen en zone de paix par le biais de projets, en par­ti­culier sur l’environnement ou le transport.

Haaretz indique par ailleurs que durant sa visite à Paris, M. Neta­nyahu a exprimé son mécon­ten­tement à M. Sarkozy à propos des décla­ra­tions du chef de la diplo­matie fran­çaise Bernard Kouchner dans les­quelles il avait déploré qu’il n’y ait plus d’"aspiration à la paix" en Israël.

M. Kouchner n’a pas assisté à l’entretien mer­credi entre MM. Sarkozy et Neta­nyahu. Il est attendu mardi et mer­credi en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Dans une interview exclusive publiée dimanche par le quo­tidien Yédiot Aha­ronot, le chef de la diplo­matie fran­çaise se pré­sente comme "un grand ami d’Israël" et affirme : "mon rêve est que je puisse voir la paix au Proche-​​​​Orient, avant ma mort".