Les États-​​Unis auraient refusé de livrer des armes offensives à Israël

L’Orient le Jour, samedi 13 septembre 2008

Les États-​​Unis refusent de livrer de nou­velles armes offen­sives à Israël, de peur qu’elles ne soient uti­lisées dans le cadre d’une attaque contre l’Iran, a révélé hier (11 sep­tembre) le Haaretz.

Selon le quo­tidien qui s’appuie sur des sources diplo­ma­tiques et des ser­vices de sécurité israé­liens, Washington rejette la demande de livraisons de bombes anti­bunker et d’appareils de ravi­taillement en vol. Une bombe anti­bunker porte une charge explosive de 2,2 tonnes et peut pénétrer des parois en béton armé jusqu’à six mètres de pro­fondeur. La plupart de la ving­taine de sites nucléaires ira­niens recensés sont, selon plu­sieurs experts inter­na­tionaux, enfouis sous terre, cer­tains dans des régions mon­ta­gneuses et reculées en Iran.

Les États-​​Unis ont également refusé d’accorder à Israël une auto­ri­sation de survol de l’Irak, l’espace aérien per­mettant aux avions israé­liens d’accéder le plus rapi­dement à l’Iran, selon le Haaretz.

En revanche, le journal sou­ligne que « pour com­penser le refus de la demande israé­lienne d’armes “offen­sives”, les États-​​Unis sont d’accord pour ren­forcer les défenses » israéliennes.

Ainsi, un système amé­ricain de radars per­fec­tionnés per­mettant de détecter des tirs de mis­siles à une dis­tance de 2 000 km – soit deux fois plus loin que le dis­po­sitif déjà en place – devrait être ins­tallé d’ici à un mois dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël. Le système devrait être actionné par des tech­ni­ciens américains.

Res­pon­sables israé­liens et amé­ri­cains dis­cutent depuis plu­sieurs mois de la question du nucléaire iranien. Le chef d’état-major de l’armée israé­lienne, le général Gaby Ash­kenazi, s’était rendu à Washington courant juillet où il avait sou­ligné que son pays devait « se pré­parer à toutes les options » pour freiner le pro­gramme nucléaire iranien.

Le ministre de la Défense Ehud Barak lui avait emboîté le pas à la fin juillet. Le 13 août, M. Barak avait déclaré : « La position des États-​​Unis est connue : ils ne veulent pas d’une action contre l’Iran », ajoutant : « Pour l’heure, il faut que le pro­cessus diplo­ma­tique pro­gresse, mais il y a beaucoup d’options, Israël est un pays fort, et il vaut mieux ne pas en parler. »