Les Arabes et les Etats-​​Unis : Des relations d’amitié lointaines

Morsi Attalla, vendredi 28 novembre 2008

Les Arabes ne res­sen­taient aucune ani­mosité à l’égard des Etats-​​Unis jusqu’à l’aube des années 1960 et avant d’afficher de manière insul­tante leur ali­gnement aveugle et leur soutien incon­di­tionné aux poli­tiques agres­sives et expan­sion­nistes d’Israël aux dépens des droits et des intérêts arabes.

J’estime que les Etats-​​Unis ont besoin de faire une relecture des clauses rela­tives à leurs poli­tiques étran­gères en général et celles qui se rap­portent aux Arabes et aux musulmans à titre par­ti­culier. Et ceci pour que la nou­velle Admi­nis­tration sous le com­man­dement de Barack qui brandit le slogan du « chan­gement » puisse bâtir ses posi­tions sur des infor­ma­tions cor­rectes et non sur des témoi­gnages fal­sifiés qu’apportent volon­tai­rement ceux qui pré­tendent vouer une amitié aux Etats-​​Unis. Bien que ces per­sonnes soient les pre­mières à se retourner contre l’Oncle Sam, une fois qu’émergera une nou­velle super­puis­sance pos­sédant l’épée et l’or.

En réalité, si l’on donne la peine à Washington de réviser avec hon­nêteté le dossier des rela­tions arabo-​​américaines, on se rendra compte immé­dia­tement que les Arabes pariaient de tout temps sur l’amitié de l’Amérique et déployaient tous leurs efforts pour s’attirer sa sym­pathie, sur fond de confiance bien sûr et non pas de peur ou d’hypocrisie.

Les Arabes ne res­sen­taient aucune ani­mosité à l’égard des Etats-​​Unis jusqu’à l’aube des années 1960 et avant d’afficher de manière insul­tante leur ali­gnement aveugle et leur soutien incon­di­tionné aux poli­tiques agres­sives et expan­sion­nistes d’Israël aux dépens des droits et des intérêts arabes.

Ceux qui ne cessent de répéter nuit et jour cette pré­tention selon laquelle il existe une ani­mosité arabo-​​islamique enra­cinée doivent être tota­lement conscients que les Etats-​​Unis étaient l’unique super­puis­sance que les Arabes aimaient et res­pec­taient notamment pendant la guerre de Suez. Et ce, lorsque l’Administration du pré­sident amé­ricain Eisen­hower à l’époque a obligé Israël, la Grande-​​Bretagne et la France à mettre fin à l’agression tri­partite menée contre l’Egypte.

Per­sonne, dans le monde arabe n’a dit à l’époque que la position amé­ri­caine émanait d’une crainte d’une éven­tuelle réaction arabe sou­tenant l’Union sovié­tique. On répétait que les Etats-​​Unis œuvraient selon les données du droit et de la légi­timité inter­na­tionaux sans prendre en compte que cette position allait se heurter aux ambi­tions et aux intérêts des trois pays qui s’avéraient leurs plus proches alliés.

Quels sont alors les res­pon­sables de ce recul de la popu­larité amé­ri­caine dans la région et pour l’intérêt de qui ils chantent de nouveau la mélodie de l’animosité enra­cinée dans les esprits et les âmes arabes contre tout ce qui est amé­ricain pour reprendre leurs allégations ?

Le monde arabe a soutenu les Etats-​​Unis d’Amérique en 1991 lorsqu’ils se sont sou­levés et se sont érigés au nom de la défense du Koweït contre l’invasion ira­kienne. Mais il a com­mencé à sentir un choc, et rapi­dement, les angoisses et les doutes ont com­mencé à planer autour des inten­tions amé­ri­caines. D’autant plus que la poli­tique amé­ri­caine envers la région en général et envers l’Irak à titre par­ti­culier n’était pas une réelle vic­toire de la légi­timité inter­na­tionale, mais c’était plutôt un moyen pour sou­mettre la région, et notamment les pays du Golfe et l’Irak, à l’hégémonie américaine.

Les erreurs fatales com­mises dans la poli­tique de l’Administration Bush envers le Moyen-​​Orient pour­raient devenir une bonne occasion pour consacrer la vic­toire de l’Administration de Barack Obama. Quant à nous, nous devons suivre les événe­ments avec pré­caution et attention et surtout attendre avant de porter des juge­ments incitant à l’optimisme ou au pessimisme.