Le projet de budget de l’Autorité Palestinienne pour l’année fiscale 2005.

PARC, jeudi 30 juin 2005

Les pro­jec­tions et les faits inclus dans le budget de l’Autorité Pales­ti­nienne pour l’année fiscale 2005 révèlent un bon nombre de ten­dances et d’indicateurs …

…qui affec­teront de manière irré­ver­sible la vie du peuple pales­tinien en Cis­jor­danie et dans la Bande de Gaza.

1). Le budget de l’AP fait réfé­rence à une aug­men­tation du revenu des familles de 33% en com­pa­raison du revenu pour l’année 2004. Ceci en dépit d’un certain nombre de paramètres :

- une augmentation de la valeur des exportations de 6.2%

- une augmentation des importations de 36.5%

- une diminution de la rémunération du travail de 3.3%

- une augmentation du chômage de 1.7%

- une absence d’augmentation du nombre d’emploi et une crois­sance de 5% seulement des inves­tis­se­ments par le secteur privé

- une diminution du PIB par habitant

- une aug­men­tation mineure de l’emploi dans les sec­teurs publics et privés de 1.5 à 2%

- réduction forte de la part allouée aux dépenses de développement.

En étudiant les pour­cen­tages pré­sentés ci-​​dessus, il est pos­sible de constater un fort dés­équi­libre entre les indi­ca­teurs et l’augmentation prévue des revenus inté­rieurs. Cela doit nous obliger à nous poser la question sui­vante : "Comment sera-​​t-​​il pos­sible d’atteindre ces très impor­tants revenus inté­rieurs ? Est ce que ce sera en aug­mentant les taxes ou en créant et en imposant de nou­velles taxes ?. Dans tous les cas, la popu­lation de base déjà pau­pé­risée devra en payer le prix et par consé­quent être la victime prin­cipale du projet de budget de l’AP.

N’est ce pas le premier conseil des ins­ti­tu­tions moné­taires inter­na­tio­nales, pro­ba­blement la Banque Mon­diale, à l’Autorité Pales­ti­nienne, au sujet des réformes internes ?!

2) La part allouée au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Nationale atteindra 24.23% du capital et des dépenses en cours et 27.61% des dépenses en cours du budget de l’AP pour 2005 en com­pa­raison de :

- la part allouée aux dépenses de déve­lop­pement atteindra 12.89%, ce qui repré­sente presque la moitié du budget alloué au Ministère de l’Intérieur (MOI).

- l’allocation des crédits à tous les minis­tères et toutes les ins­ti­tu­tions gou­ver­ne­men­tales impliqués dans le déve­lop­pement écono­mique, y compris le Ministère de l’Agriculture (MOA) ne repré­sente pas plus de 2.11%, ce qui est moins que le dixième de la part allouée au MOI1 ;

- la part allouée au Ministère de la santé (MOH) est de 7.6%, ce qui constitue moins du tiers de la part allouée au MOI ;

- l’allocation des crédits au Ministère du Travail et des Affaires Sociales repré­sentera 16.58%, soit 68% de la part de MOI ;

- la part du Ministère de l’Education atteindra 14.1%, ce qui repré­sente 58% de la part de MOI ;

Il est évident que les ques­tions de "sécurité" sont la priorité n°1 du budget de l’AP pour l’année 2005. Cela peut se faire au dépend des autres ques­tions cru­ciales, notamment celles rela­tives aux pro­blèmes de déve­lop­pement. C’est pourquoi le projet de budget est loin de répondre aux prio­rités du peuple Pales­tinien, plus spé­cia­lement en ce qui concerne son bien-​​être futur et sa capacité de résis­tance. De plus, cela révèle un lien étroit entre les prio­rités écono­miques et poli­tiques des forces poli­tiques étran­gères, amé­ri­caines et israé­liennes, pour ne pas les nommer.

3) La dette exté­rieure de l’AP attein­gnait 892 mil­lions de US$ à la fin de 2003, ce qui repré­sente 80% des revenus publics et 39% du (GDP2 ?). La part de la dette exté­rieure par pales­tinien était au 16/​10/​2004 de 267 US$, ce qui signifie que pour une famille moyenne com­prenant 7 per­sonnes, elle cor­res­pondait à 1869 US$. Comme tout le monde peut le constater, la part colossale de la dette exté­rieure, non com­prise la dette inté­rieure envers des cré­di­teurs domes­tiques, impose une charge très lourde sur les Pales­ti­niens et aura des consé­quences irré­ver­sibles sur le peuple pales­tinien, sans doute l’augmentation de la pau­vreté et une dété­rio­ration impor­tante des condi­tions de vie des gens, au lieu d’être un outil écono­mique et de déve­lop­pement social de la famille palestinienne.

4) Il y a un écart énorme entre les expor­ta­tions et les impor­ta­tions. Selon le budget de l’AP pour 2005, les impor­ta­tions seront plus de 7 fois plus impor­tantes que les expor­ta­tions. Cela révèle un dés­équi­libre immense vis-​​à-​​vis du marché extérieur.

5) Le budget total alloué aux projets de déve­lop­pement sera réparti de la manière sui­vante : - 28% pour la construction, les routes et les ponts

- 33% pour l’eau et l’énergie ;

- 2.3% pour les infrastructures ;

- 36.7% pour les projets stratégiques

- 8% pour les projets agricoles

- 2.7% pour les projets du Ministère de l’Economie.

Ces indi­ca­teurs nous conduisent à nous poser une question décisive au sujet de la mar­gi­na­li­sation per­sis­tante par l’AP, du secteur du déve­lop­pement ter­ri­torial et des projets ayant comme vocation de déve­lopper la pro­duction pales­ti­nienne. Pourtant, nous consi­dérons que ces points sont les plus déter­mi­nants pour conduire à la sou­ve­raineté et sou­tenir la capacité de résistance.

6) L’allocation pour les projets qui ciblent la sécurité repré­sente deux fois la part allouée aux projets vis-​​à-​​vis des pri­son­niers poli­tiques et des per­sonnes libérées, elle repré­sente aussi 11 fois la part affectée aux projets vis-​​à-​​vis de la jeunesse.

7) En terme de rapport entre les salaires et les sub­ven­tions au déve­lop­pement, on peut faire les remarques sui­vantes : - Les salaires de l’ensemble du per­sonnel fonc­tion­naire repré­sentent 50.2% du budget total alloué aux minis­tères et aux ins­ti­tu­tions publiques en 2005, alors que les dépenses liées au déve­lop­pement et au capital repré­sentent seulement 3%.

- les salaires de l’ensemble du per­sonnel fonc­tion­naire dans les minis­tères et les ins­ti­tu­tions de déve­lop­pement écono­mique repré­sentent 79% du budget total alloué à ces minis­tères, en com­pa­raison des 2% que consti­tuent les dépenses de déve­lop­pement en elles mêmes.

- La part des salaires des forces de sécurité représente 78.3%

- La part des salaires des fonc­tion­naires des minis­tères et des ins­ti­tu­tions des Affaires Sociales repré­sentent 40.6% en com­pa­raison des 0.7% des dépenses de développement.

Ainsi, nous pouvons conclure que la part sala­riale repré­sente 40.4% du projet de budget de l’Autorité Pales­ti­nienne pour l’année 2005.

Rédigé par Nitham Attaya Département "Média et recherches"