Le plan de sharon de désen­ga­gement de Gaza. Un déni des Droits Humains et non pas la fin d’une occupation

Palestinian Center for Human Rights, mardi 19 octobre 2004

L’annonce d’un « désen­ga­gement uni­la­téral de Gaza » par le gou­ver­nement israélien a déclenché une rafale de décla­ra­tions à travers le monde selon les­quelles la paix serait en marche et que l’espoir serait sur le chemin.

Le plan de redé­ploiement était décrit comme la fin de l’occupation et vu par des mili­tants Pales­ti­niens comme une vic­toire et par la droite israé­lienne comme une sou­mission « terroristes ».

En fait ce plan n’est ni l’un ni l’autre - en réalité il va aggraver et pour­suivre la guerre d’occupation israé­lienne, à présent dans sa 37e année. Le plan équivaut à une stra­tégie du premier ministre israélien qui cherche à détourner l’attention sur la dété­rio­ration de la situation des droits humains dans les ter­ri­toires occupés, suite à la conti­nuelle vio­lation de ces droits par les forces israé­liennes. Ce plan permet aussi de gagner du temps et de l’espace pour éviter la mise en œuvre du jugement de la Cour de Justice Inter­na­tionale de la Haye en créant autant de « faits accomplis » en Cisjordanie.

Le PCHR affirme avec force que ce plan faci­litera l’objectif d’Israël de se couper de Gaza pour échapper à ses res­pon­sa­bi­lités par un refus per­manent d’appliquer les lois inter­na­tio­nales. De plus le plan israélien a pour objectif d’accentuer l’isolement imposé à la bande de Gaza et par consé­quent d’augmenter l’étouffement social et écono­mique de la popu­lation civile.

Le PCHR affirme que les docu­ments sur les lois inter­na­tio­nales (et spé­cia­lement la Qua­trième Convention de Genève) restront appli­cables dans le cas d’un redé­ploiement mili­taire israélien, du fait que le pouvoir occupant conti­nuera à s’exercer sur la bande de Gaza. Le PCHR affirme aussi que l’unilatéralisme et le mépris des obli­ga­tions concernant le respect des droits humains ne per­met­tront jamais de par­venir à une solution paci­fique dans ce conflit.

Introduction

Le PCHR s’inquiète vivement du « plan de désen­ga­gement »1 proposé par le premier ministre israélien Ariel Sharon le 14 avril 2004 concernant le redé­ploiement mili­taire dans la Bande de Gaza y compris le redé­ploiement limité dans cer­taines zones de la Cis­jor­danie. Le PCHR s’inquiète surtout du fait que selon les détails publiés jusqu’à présent par le bureau du premier ministre², ce plan de « désen­ga­gement » proposé ainsi que des décla­ra­tions addi­tion­nelles vont faci­liter la pour­suite de l’abrogation des obli­ga­tions légales et morales d’Israël selon la loi inter­na­tionale qui inclut le droit au retour des réfugiés, le blocage de la mise en œuvre de la décision du ICJ (Cour Inter­na­tionale de Justice) concernant le Mur d’Annexion et le droit à l’autodétermination.

Le plan de désen­ga­gement total n’a ni été publié ni finalisé mais la structure et le concept qui pré­valent inquiètent beaucoup les orga­ni­sa­tions des droits humains qui peuvent être surs que ce plan ne sert ni la loi huma­ni­taire inter­na­tionale ni la loi sur les droits humains. Le plan n’aboutit pas à la fin de l’occupation. En fait il ren­force la position des auto­rités israé­liennes en tant que pouvoir occupant. Israël pourra tou­jours exercer un total contrôle sur la Bande de Gaza et par consé­quence la Qua­trième Convention de Genève devrait rester le document légal fon­da­mental régissant les ter­ri­toires occupés.

Le premier ministre Ariel Sharon a d’abord annoncé en décembre 2003, une pro­po­sition de « plan de désen­ga­gement » pour la Bande de Gaza et une action appa­rentée en Cis­jor­danie comme une action uni­la­térale qui devrait être prise sans accord négocié avec les contre­parties palestiniennes.3 Le plan par lui-​​même est une stra­tégie mili­taire et poli­tique qui a des graves impli­ca­tions sur le statut écono­mique, social, et poli­tique du peuple pales­tinien. Les orga­ni­sa­tions des droits humains doivent consi­dérer les aspects légaux, poli­tiques et mili­taires de ce plan comme faisant partie de leur stra­tégie pour chercher acti­vement la mise en œuvre de la Qua­trième Convention de Genève, de la Convention sur les Droits Civils et Poli­tiques (ICCPR) et de la Convention Inter­na­tionale sur les Droits Eco­no­miques, Sociaux et Culturels (ICESCR) dans les ter­ri­toires occupés.

Le PCHR s’inquiète de la ten­tative de mettre en route ce plan qui ne res­pecte pas les droits humains inter­na­tionaux et la loi huma­ni­taire ; de ce plan résultera une dété­rio­ration sup­plé­men­taire de la situation mili­taire, poli­tique et écono­mique sur le terrain. Ce présent document essaye de démontrer les défauts de cette pro­po­sition en ce qui concerne à la fois les obli­ga­tions d’Israël selon la loi inter­na­tionale et l’impact qu’aura un tel plan sur les droits humains et la situation huma­ni­taire dans le ter­ri­toire occupé palestinien.

- 1 Le mot hébreu utilisé pour décrire le plan est Hit­natkut qui signifie lit­té­ra­lement « couper » ou « désen­ga­gement » : cela illustre l’intention des auto­rités israé­liennes de retirer leurs res­pon­sa­bi­lités poli­tiques le légales vis-​​à-​​vis des civils pales­ti­niens dans la Bande de Gaza ainsi que leur volonté de couper la bande de Gaza du reste du monde et en ce faisant d’augmenter l’asphyxie des civils dans les ter­ri­toires occupés.

- 2 Voir « Ligne générale du Plan de désen­ga­gement », 18 avril 2004, dis­po­nible sur : www​.mfa​.gov​.il . Ce document fait aussi réfé­rence aux lettres échangées entre le premier ministre israélien et pré­sident des Etats-​​Unis lors de leur ren­contre le 14 avril 2004 et une lettre du directeur de bureau du premier ministre au conseiller de la sécurité nationale des Etats Unis.

- 3 Voir « Dis­cours du premier ministre à la Conférence/​Traduction d’Herzlia, 18 décembre 2003, dis­po­nible sur : www​.pmo​.gov​.il

Ce document donne une analyse cri­tique du plan autour duquel tout débat fait gra­vement défaut jusqu’à présent. Jusqu’à ce jour, le « plan de désen­ga­gement » a été décrit de diverses manières comme étant la fin de l’occupation de Gaza (que ce soit dans les média ou par le gou­ver­nement israélien) ou comme une vic­toire (par cer­tains éléments de la société pales­ti­nienne). En réalité ce n’est ni l’un ni l’autre.

Les membres du Quartet ont émis une décla­ration après l’annonce du « plan de désen­ga­gement », décla­ration qui inclut une mau­vaise com­pré­hension fon­da­mentale de la nature du plan :

« Le Quartet a estimé que l’annonce de l’intention du premier ministre israélien Sharon de se retirer de toutes les colonies de Gaza et de cer­taines parties de la Cis­jor­danie était positive. Le Quartet accueille favo­ra­blement et encourage une telle démarche qui devrait offrir un rare moment d’opportunité pour rechercher la paix au Moyen Orient ».

De plus le Quartet a sou­ligné que le « plan de désen­ga­gement » appuyait le pro­cessus de la feuille de route. En fait ce plan n’est ni un plan de paix ni de cir­cons­tance. Sa portée est des­tinée à limiter les progrès de la paix en amenant une dété­rio­ration du statut écono­mique, social et poli­tique des ter­ri­toires occupés tout en excluant le OLP/​PNA (en infraction claire de la Feuille de Route) et en ren­forçant un réel contrôle sur la Cis­jor­danie et la bande de Gaza.

Le PCHR s’inquiète du fait que le « plan de désen­ga­gement » est en fait une méthode tendant à faci­liter une stra­tégie du gou­ver­nement israélien pour :

- i. détourner l’attention de la dété­rio­ration de la situation des droits humains dans les ter­ri­toires occupés, carac­té­risée entre autres par l’augmentation des tueries de civils, de démo­li­tions de maisons et d’exécutions extrajudiciaires

- ii. éliminer le rôle de l’OLP lors des négo­cia­tions sur le statut futur de la Palestine
- iii. continuer la mainmise asphyxiante écono­mique et sociale imposée sur la Bande de Gaza et ainsi de continuer l’occupation bel­li­gé­rante

- iv. arrêter le débat sur la mise en œuvre de l’avis consul­tatif de l’ICJ (Cour Inter­na­tionale de Justice) concernant le mur d’Annexion qui vise à annexer 58% du ter­ri­toire de la Cis­jor­danie. De cette façon Israël pourra avoir l’opportunité d’accélérer la construction et de mettre en route sa stra­tégie de fait accompli qui vise fina­lement à rendre tout état pales­tinien abso­lument invivable

- v. placer la res­pon­sa­bilité de la situation sécu­ri­taire dans la bande de Gaza sous la res­pon­sa­bilité du gou­ver­nement égyptien tout en per­mettant à l’armée d’occupation israé­lienne de mener des incur­sions dans Gaza

- 4-​​ Les Accords d’Oslo du 13 sep­tembre 1993, a établi l’OLP comme par­te­naire des négo­cia­tions avec les auto­rités israé­liennes, au nom du peuple pales­tinien. Le PNA (Pales­tinian National Authority) est le produit de ces accords.

- Le plan visant à redé­ployer les troupes israé­liennes autour de la Bande de Gaza est la der­nière mani­fes­tation de la stra­tégie israé­lienne pour exclure l’OLP du pro­cessus de négo­cia­tions. Le plan a été formulé sans réfé­rence ni consul­tation avec la PNA (et enfreint donc les sti­pu­la­tions de la Feuille de Route). En fait il y a eu un accord que les colonies israé­liennes dans Gaza soient sous la responsabilité

- de la Banque Mon­diale. Cela démontre encore une fois la volonté des auto­rités israé­liennes d’exclure le PNA pour mettre fin à la pos­si­bilité de sou­ve­raineté et pour essayer de passer la res­pon­sa­bilité pour Gaza à un orga­nisme inter­na­tional (et en ce faisant, essayer d’abandonner la res­pon­sa­bilité israé­lienne qui, selon la loi huma­ni­taire inter­na­tionale, est évidente).

- vi. faci­liter l’expansion accé­lérée des colonies israé­liennes en Cis­jor­danie, colonies qui sont illé­gales selon la loi huma­ni­taire internationale

- vii. pré­venir le retour des réfugiés pales­ti­niens ce qui est leur droit légal selon la loi inter­na­tionale viii. mettre fin aux demandes de la com­mu­nauté inter­na­tionale concernant les dif­fé­rentes réso­lu­tions au UNSC et UNGA.

Le PCHR affirme fer­mement que le plan revient à redé­ployer les forces israé­liennes dans la Bande de Gaza, et signi­fiera la conti­nuation de l’occupation mili­taire israé­lienne. De plus la pré­sence continue du pouvoir occupant n’implique pas un transfert de sou­ve­raineté à un état pales­tinien. Cela illustre encore plus le fait que le plan israélien est un moyen pour détruire la portée et la capacité du peuple pales­tinien de construire un état indé­pendant tout en voulant créer l’illusion d’une fin à l’occupation.

Statut des territoires de la Palestine occupée

La Bande de Gaza et la Cis­jor­danie y compris Jéru­salem Est, sont depuis 1967 sous une occu­pation bel­li­gé­rante israé­lienne. En consé­quence, la Convention de Genève relative à la Pro­tection des Per­sonnes Civiles en Temps de Guerre (1949) qui régit la pro­tection des civils pendant les conflits et sous occu­pation, est le cadre légal fon­da­mental pour toutes les acti­vités dans la Bande de Gaza et en Cis­jor­danie y compris Jéru­salem Est.

L’applicabilité de jure de cette Convention aux ter­ri­toires occupés a été maintes fois confirmé par la com­mu­nauté inter­na­tionale dont le forum des Nations Unies, les gou­ver­ne­ments, la Cour Inter­na­tionale de Justice et les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales. Israël est le seul état du monde qui ne reconnaît pas l’applicabilité ’de jure’ de la Convention.

La Bande de Gaza a une surface de 365 km². Elle a une fron­tière avec l’Egypte de 11 km et une autre avec Israël de 51 km. Ces fron­tières ainsi que la façade côtière (45km) sont contrôlées par Israël. L’armée israé­lienne a établi une bar­rière élec­tro­nique autour des terres fron­ta­lières de la Bande de Gaza et continue à agrandir une zone tampon de terre dégagée entre la bar­rière et les zones palestiniennes.

Plus de 1.3 mil­lions de pales­ti­niens vivent dans la Bande de Gaza, pour la plupart des réfugiés de 1948. Depuis les accords d’Oslo, Israël a pris le contrôle direct de 58% de la Bande de Gaza pour une uti­li­sation exclusive mili­taire et pour des colons, y compris des colonies, des postes mili­taires, des routes et des zones tampons dont le but est de pro­téger les colonies. Environ 6.000 colons vivent actuel­lement dans 19 colonies dans la Bande de Gaza. Alors que la poli­tique israé­lienne de raser et de confisquer des terres continue, la surface de terres qui est de facto sous contrôle israélien continue à croître.

L’armée israé­lienne coupe régu­liè­rement la Bande de Gaza en trois sec­teurs dis­tincts uti­lisant des check-​​points mili­taires pour fermer des routes au nord, au centre et au sud de la Bande. Cela signifie que l’armée exerce en fait un contrôle sur les dépla­ce­ments de toute la popu­lation civile pales­ti­nienne de la bande de Gaza. A côté de cela, un certain nombre de zones dont Mawasi et al-​​Sayafa sont com­plè­tement isolées du reste de la Bande de Gaza et les accès sont contrôlés par les check-​​points militaires.

Malgré la pré­sence de bar­rières élec­tro­niques autour de la bande de gaza, les opé­ra­tions mili­taires dans la Bande de Gaza ont aug­menté depuis sep­tembre 2000. Les opé­ra­tions mili­taires sont carac­té­risées par des incur­sions régu­lières et répétées au sol et par des attaques aériennes sur des zones rési­den­tielles au nord, au centre et au sud de la Bande de Gaza.

L’existence de ces bar­rières élec­tro­niques est uti­lisée comme modèle pour jus­tifier la construction du Mur d’Annexion en Cisjordanie-​​ mais l’échec de ce modèle de « sécurité » est clai­rement démontré par l’escalade des incur­sions dans des zones rési­den­tielles de la Bande de Gaza. En plus de leur intention d’annexer de grandes parties de la Cis­jor­danie, les auto­rités israé­liennes pourront imposer le même régime d’asphyxie écono­mique et sociale en Cis­jor­danie sous le pré­texte de « souci de sécurité ».

La Bande de Gaza : Contrôle de la terre, de la mer et des airs par les forces d’occupations israéliennes

A partir des détails donnés dans le plan, il est évident que si celui-​​ci est mis en œuvre, la bande de Gaza restera effec­ti­vement sous le contrôle écono­mique et social d’Israël y compris à travers une pré­sence per­ma­nente interne et dans toutes les zones frontalières.

Le plan prévoit spé­ci­fi­quement qu’Israël va « trans­férer les ins­tal­la­tions mili­taires et tous les vil­lages et villes israé­liennes situées dans la Bande de Gaza »5 et garder certain postes et bases mili­taires internes. Le plan prévoit également :

« Qu’Israël conti­nuera à main­tenir une pré­sence mili­taire le long de la fron­tière entre la bande de Gaza et l’Egypte (route Phi­la­delphi)…à cer­tains endroits des consi­dé­ra­tions de sécurité peuvent néces­siter un élar­gis­sement de la zone dans laquelle l’activité mili­taire est menée »

Ainsi non seulement la pré­sence mili­taire conti­nuera mais elle va également s’étendre. Des annonces récentes concernant la construction d’une tranchée le long de la ligne fron­ta­lière sou­ligne l’inquiétude par rapport à l’extension de la pré­sence mili­taire israé­lienne dans la zone.

Cette zone du camp de réfugiés de Rafah le long de la fron­tière avec l’Egypte est l’une de celles où l’activité mili­taire israé­lienne a été la plus fré­quente, en grande partie sous la forme de des­truction de maisons civiles. Les ter­rains ont été déblayés des maisons civiles dans une large zone tampon parallèle à la ligne fron­tière. La zone tampon s’étend jusqu’à 200 mètres de la ligne fron­tière ori­ginale, résultant de la des­truction de cen­taines de maisons de réfugiés. Cette zone tampon est main­tenant une « zone d’activité mili­taire » dans laquelle les pales­ti­niens n’ont pas le droit d’entrer.

- 5 Les « vil­lages et villes » auquel on se réfère sont en fait les colonies israé­liennes qui consti­tuent une grave infraction de la loi huma­ni­taire inter­na­tionale. Réf. article 49, para­graphe 6 de la Qua­trième Convention de Genève sur le transfert de per­sonnes dans un ter­ri­toire occupé.

- 6 « Un élar­gis­sement de la zone dans laquelle l’activité mili­taire est menée » peut être compris comme la démo­lition de pro­priétés civiles y compris de maisons, de terres agri­coles, d’écoles, de ter­rains de jeux pour enfants, d’entreprises etc.

- 7 Voir Harel, Amos, « IDF Plans to Build Trench Along Phi­la­pelphi Road », Ha’aretz, 28 avril 2004 sur : www​.haaretz​.com

Il est en plus affirmé expli­ci­tement dans le plan qu’Israël gardera le contrôle de l’espace aérien, côtier et toutes les terres fron­ta­lières. La lettre du pré­sident des Etats-​​Unis sur le plan, déclare que :

« …après le retrait d’Israël de Gaza et/​ou de parties de la Cis­jor­danie et en attendant les accords ou autre arran­ge­ments, des arran­ge­ments exis­tants concernant le contrôle de l’espace aérien, des eaux ter­ri­to­riales et des points de pas­sages à terre de la Cis­jor­danie et de Gaza, continueront ».

La décision des auto­rités israé­liennes d’empêcher la réou­verture de l’Aéroport Inter­na­tional de Rafah démontre leur intention d’empêcher la liberté de mou­vement de per­sonnes, de ser­vices et des biens aller retour dans la Bande de Gaza.

En plus de cela, les pêcheurs pales­ti­niens ne pourront pas naviguer au-​​delà d’une zone de 8 à 10 km le long de la côte de Gaza qui est contrôlée par des patrouilles de la marine israélienne.9 Les pêcheurs ont également été empêchés de naviguer le long de plus de la moitié des eaux ter­ri­to­riales de la Bande de Gaza. Cela empêche aussi les pales­ti­niens d’avoir accès aux res­sources de gaz naturel dans leurs eaux territoriales.

En com­binant ceci avec la des­truction de l’aéroport inter­na­tional à Gaza (et le refus à la demande égyp­tienne de per­mettre sa recons­truction) cela devient évident que le pouvoir occupant aug­mentera le niveau de l’asphyxie écono­mique et social de la vie dans la Bande de Gaza.

En parallèle à ce « plan de désen­ga­gement », Israël a fait une demande à la Banque Mon­diale pour démé­nager le point de passage inter­na­tional de Rafah à l’intérieur du ter­ri­toire israélien. Malgré le fait que l’Egypte (dont le consen­tement est requis) s’oppose au plan, le but d’Israël est de reven­diquer un contrôle total légal et mili­taire sur le passage des mar­chan­dises et des per­sonnes palestiniennes.

Si cette stra­tégie réussit, les bou­clages, les dif­fi­cultés et les humi­lia­tions que subissent les pales­ti­niens seront sous la sou­ve­raineté d’Israël et ne seront pas soumis aux obser­va­tions de la com­mu­nauté inter­na­tionale. En fait, le dépla­cement du point de passage de Rafah sera le dernier acte pour isoler la Bande de Gaza du reste du monde.

Des res­tric­tions plus sévères s’appliqueront sur les expor­ta­tions de pro­duits agri­coles et autres venant de Gaza car l’armée d’occupation main­tiendra un contrôle sur toutes les fron­tières et les points de passage. En même temps, Israël s’est engagée à mettre un terme à l’entrée de tra­vailleurs pales­ti­niens en Israël d’ici 2008.

Néan­moins le bou­clage strict imposé au check-​​point mili­taire d’Erez au nord de Gaza, signifie déjà que ces tra­vailleurs n’ont quo­ti­dien­nement pas accès à leur lieu de travail. Cette asphyxie constante de la crois­sance écono­mique et sociale de la Bande de Gaza aug­mentera si le plan proposé est mis en route.

- 8 L’utilisation du mot ’retrait’ dans la lettre de Bush montre la dis­parité entre la rhé­to­rique et la réalité de ce plan. Le plan ne facilite pas le « retrait » mais au contraire consolide l’occupation.

- 9 Depuis le début de l’Intifada jusqu’à la fin de l’année 2003, les pêcheurs n’ont pas eu accès à la mer pendant 600 jours.

La Bande de Gaza est une zone isolée et occupée qui dans les meilleures cir­cons­tances, com­merce en uti­lisant les aéro­ports égyp­tiens de Port Saïd et du Caire.10 Sous le « plan de désen­ga­gement » cela va devenir de plus en plus dif­ficile, surtout si le passage inter­na­tional de Rafah est déplacé.

L’effet de cette asphyxie écono­mique sera d’augmenter la souf­france des pales­ti­niens tout en col­portant l’illusion de retrait à la com­mu­nauté inter­na­tionale. La souf­france écono­mique crois­sante aura de mul­tiples effets. En premier, cela conduira des cen­taines de mil­liers de pales­ti­niens hors de la Bande de Gaza de façon permanente.

Ensuite, pour les pales­ti­niens qui res­teront à Gaza, la vie deviendra pra­ti­quement inte­nable. Ce niveau de souf­france forcera une réaction poli­tique inévi­table et plus important, une réaction mili­taire de la part de cer­tains éléments de la société pales­ti­nienne. Une telle réaction donnera une jus­ti­fi­cation de plus à Israël pour aug­menter le niveau de l’activité mili­taire (qui se mani­feste sous diverses formes d’infractions de la loi huma­ni­taire : puni­tions col­lec­tives, exé­cu­tions extra­ju­di­ciaires, attaques dis­pro­por­tionnées et aveugles contre des civils).

Le plan pourvoit à cette éven­tualité quand il spé­cifie qu’Israël gardera le droit d’entreprendre des actions mili­taires dans la bande de Gaza :

« Israël se réserve les droits fon­da­mentaux d’autodéfense y compris de prendre des mesures pré­ven­tives ainsi que de répliquer en uti­lisant la force à toutes menaces en pro­ve­nance de la Bande de Gaza ».

En fait, selon le plan publié à ce jour, le statut de la Bande de Gaza en tant que ter­ri­toire occupé, ne changera pas : article 42 de la Convention IV concernant le Respect des Lois et Cou­tumes de Guerre sur Terre, 1907 (Convention de la Haye 1907) qui déclare clairement :

« Un ter­ri­toire est considéré comme occupé quand il est de fait placé sous l’autorité d’une armée hostile. L’occupation ne se pro­longe que sur le ter­ri­toire ou une telle autorité a été établie et peut s’exercer ».

Israël sou­tient que ce plan servira à « dis­siper les reven­di­ca­tions concernant la res­pon­sa­bilité d’Israël envers les pales­ti­niens de la Bande de Gaza ». La poli­tique d’Israël et ses pra­tiques démontrent qu’Israël conserve une autorité effective sur la Bande de Gaza et les détails du plan de désen­ga­gement indiquent for­tement que cette autorité n’est pas prête à diminuer mais plutôt à augmenter.

En tant que telle, l’occupation de la Bande de Gaza va continuer même dans l’éventualité d’une mise en œuvre de ce plan et la Qua­trième Convention de Genève restera inap­pli­cable. La Convention, article 6, spé­cifie que le pouvoir occupant sera lié à la Convention tant que l’occupation dure.

- 10 Port Saïd est à environ 275 km de Rafah Les civils pales­ti­niens devront voyager le long de Gaza, attendre au point de passage de Rafah pour que l’armée israé­lienne facilite leur passage, puis par­courir cette dis­tance à travers le désert avant de pouvoir atteindre Port Saïd. Les mar­chan­dises agri­coles, géné­ra­lement péris­sables, seront détruites par un tel voyage et ainsi toute expor­tation de mar­chan­dises venant de Gaza deviendra impossible.

Même si ce plan est mis en route, Israël sera tou­jours le pouvoir occupant avec des obli­ga­tions claires et étendues vis-​​à-​​vis de la popu­lation civile pales­ti­nienne dans les ter­ri­toires occupés qui conti­nuera à être définie comme des per­sonnes pro­tégées sous l’article 4 de la Qua­trième Convention de Genève.

« Les per­sonnes pro­tégées par la Convention sont celles qui, à un moment donné et en quelque façon que ce soit, se trouvent en cas de conflit ou d’occupation, aux mains d’un Parti au Conflit ou de Pouvoir occupant dont ils ne sont pas citoyens ».

Annexion illégale de territoire occupé

Le pro­gramme de colo­ni­sation dans les ter­ri­toires occupés : les colonies, les postes avancés de colonies, les infra­struc­tures des colonies y compris les postes mili­taires sont une vio­lation fla­grante de la loi huma­ni­taire inter­na­tionale. Le transfert d’une partie de la popu­lation en par­ti­culier par le pouvoir occupant vers un ter­ri­toire occupé est une infraction grave de la Qua­trième Convention de Genève et est défini en plus de crime de guerre selon l’article 85 du Premier Pro­tocole Addi­tionnel des Conven­tions de Genève.

Les colonies contre­disent le principe général de la loi inter­na­tionale disant qu’un pouvoir occupant ne peut pas altérer le caractère du ter­ri­toire occupé à l’exception de raisons de nécessité mili­taire et seulement lorsque de tels chan­ge­ments sont sus­cep­tibles de béné­ficier à la popu­lation occupée.

Le pro­gramme de colo­ni­sation israélien y compris les poli­tiques et pra­tiques mises en œuvre afin de main­tenir ce pro­gramme, ne béné­ficie ni à la popu­lation pales­ti­nienne ni ne peut être considéré comme nécessité mili­taire. Le fait que les colonies pro­cèdent à une grave infraction de la loi huma­ni­taire inter­na­tionale et relèvent de crime de guerre, a été réitéré maintes fois par de nom­breux orga­nismes inter­na­tionaux et inter-​​gouvernementaux y compris par les Nations Unies.

Néan­moins le « plan de désen­ga­gement » confirme expli­ci­tement les inten­tions du gou­ver­nement israélien en ce qui concerne l’annexion illégale de terres pales­ti­niennes en Cisjordanie.

« Il est évident qu’en Cis­jor­danie, il y a des zones qui devien­dront une partie de l’état d’Israël, y compris des villes et des vil­lages, des zones de sécurité et d’installations et d’autres lieux repré­sentant un intérêt par­ti­culier pour Israël ».

Cette der­nière expression des buts annexion­nistes d’Israël est appuyée par la décla­ration du pré­sident des Etats-​​Unis :

« A la lumière des nou­velles réa­lités sur le terrain y compris les centres majeurs de popu­lation israé­lienne qui existent déjà, il est irréa­liste d’escompter que l’issue des négo­cia­tions finales soit un retour total et complet aux lignes d’armistice de 1949. »

- 11 Beaucoup des colonies de la Cis­jor­danie sont construites afin de contrôler les points stra­té­giques comme l’alimentation en eau qui sont dénié aux pales­ti­niens. C’est le genre de chose à laquelle on se réfère en uti­lisant le terme de « lieux repré­sentant un intérêt par­ti­culier pour Israël ».

Le « Mur d’Annexion » d’Israël qui est actuel­lement en construction en Cis­jor­danie, est la mani­fes­tation la plus impor­tante de la poli­tique d’annexion d’Israël. Le Rap­porteur Spécial des Nations Unies sur les ter­ri­toires occupés, John Dugard, a déclaré récemment : « …le but prin­cipal du Mur est l’annexion de facto, de terres sup­plé­men­taires pour l’état d’Israël » .

Le plan pourvoit à l’accélération de la construction du Mur d’Annexion israélien. Israël a pré­tendu, y compris dans ce plan, que le Mur est :

« .. une sécurité plutôt qu’une bar­rière poli­tique, tem­po­raire plutôt que per­manent et ne sera donc pas pré­ju­di­ciable à quelque issue que ce soit sur le statut final, y compris pour les fron­tières définitives ».

De telles décla­ra­tions sont néan­moins contra­dic­toires avec les faits sur le terrain : le Mur est en train d’être construit non pas sur la Ligne Verte (la fron­tière de 1967) mais en grande partie à l’intérieur de la Cis­jor­danie ; sa construction est actuel­lement estimé à un coût d’environ 4.7 $ mil­lions par kilo­mètre 13, la construction inclut la des­truction de larges sec­teurs de terres agri­coles et de récoltes pales­ti­niennes, de des­truction de maisons, d’infrastructures et équi­pe­ments civils ; le Mur se compose d’une structure de béton de 8 mètres de haut, de tran­chées, de bar­rières élec­triques, d’écrans de contrôle sophis­tiqués et de routes.

Le Mur n’est pas supposé être une bar­rière tem­po­raire et il n’est pas non plus construit pour des raisons de sécurité. L’adjoint du pro­cureur général israélien, Mal­chiel Balass, a été cité dans le Ha’aretz disant que même s’il y avait un fin à l’infiltration de groupes mili­tants pales­ti­niens en Israël, le gou­ver­nement israélien ne « démon­terait que cer­taines sec­tions » du Mur14. Cela démontre bien que le gou­ver­nement israélien a bien l’intention d’ériger le Mur en tant que structure permanente.

La stra­tégie der­rière le « plan de désen­ga­gement » est liée étroi­tement à celle der­rière le Mur d’Annexion.

Le plan israélien est de redé­ployer de 4 colonies de la Cis­jor­danie. Mais cela va avec une large annexion de grandes parties de la Cis­jor­danie et l’effet sera d’imposer le même régime res­trictif, comme celui qui existe à Gaza, sur les ’ban­toustans’ pales­ti­niens de la Cis­jor­danie : des res­tric­tions sur la liberté de mou­vement, le déni du droit à la nour­riture et à l’eau, la des­truction de la vie cultu­relle et sociale, impo­sition de trai­te­ments cruels, inhu­mains et dégra­dants (surtout aux check-​​points), éradi­cation des chances de travail et d’éducation.

Israël pri­vi­légie ses consi­dé­ra­tions poli­tiques et mili­taires en outre­passant la loi huma­ni­taire inter­na­tionale. Cela est démontré par la condam­nation venant du ministère de la défense en réponse aux com­men­taires du pro­cureur général israélien disant qu’Israël devrait « exa­miner à fond » la pos­si­bilité d’appliquer la Qua­trième Convention de Genève ’de jure’.

Il a été répliqué au pro­cureur général que son dépar­tement ne com­prenait pas les ques­tions de « défense et de sécurité ». Le rejet israélien de l’applicabilité de la Qua­trième Convention de Genève et du ICCPR et ICESCR est motivé par un désir d’affirmer un contrôle israélien absolu sur le statut légal et poli­tique des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés.

- 12 Voir le document des Nations Unies E/CN.4/2004/6/Add.1. 27 février 2004.

- 13 9 novembre 2003, OCHA, relevé de faits.

- 14 Ha’aretz, 25/​08/​2004 par Yuval Yoaz.

- 15 Tous ceux-​​là sont des infrac­tions à la Décla­ration Uni­ver­selle des Droits Humains (articles 5, 17, 23, 25, 26,27) et aux dérivés des Conven­tions et Décla­ra­tions qui lui sont associés.

Alors qu’Israël insiste sur son droit à déter­miner le futur légal des ter­ri­toires occupés à travers l’abandon du pro­cessus de négo­cia­tions et de par­te­nariat, il s’ensuit qu’Israël garde un contrôle légal total sur les ter­ri­toires occupés (malgré ses ten­ta­tives de nier une telle res­pon­sa­bilité à travers son affir­mation de « retrait »).

A cause de ses allu­sions au « retrait », le « plan de désen­ga­gement » a détourné l’attention sur la mise en œuvre du jugement consul­tatif de l’ICJ contre le Mur. Le plan a créé un espace pour l’armée israé­lienne et pour les auto­rités poli­tiques afin d’accélérer la construction du Mur et en ce faisant, amener encore plus de faits accomplis sur le terrain. Comme cela a été dit plus tôt, la jus­ti­fi­cation de « sécurité » pour la construction du mur a été tota­lement miné par l’échec du modèle de sécurité de Gaza. La clé du but de la stra­tégie réside en l’assurance de l’annexion de ter­ri­toires et pour faci­liter l’asphyxie écono­mique et sociale de la Cis­jor­danie. 

Réfugiés

En tant que com­posant à plus long terme de ce plan, Israël et les Etats-​​Unis sont arrivés à un accord sur le pro­blème des réfugiés. Le pré­sident des Etats Unis a déclaré dans sa lettre au premier ministre israélien, que :

« Cela semble évident qu’un cadre approuvé, juste, équi­table et réa­liste pour une solution au pro­blème des réfugiés pales­ti­niens faisant partie d’un accord sur un statut final devra être trouvé à travers la création d’un état pales­tinien et l’installation des réfugiés pales­ti­niens là plutôt qu’en Israël ».

Le droit au retour pour ceux qui ont été exilé par la force hors de leurs maisons est garanti par la loi inter­na­tionale. L’Article 12.4 de la Convention sur les Droits Civils et Poli­tiques, dont Israël est un état signa­taire, prévoit spé­ci­fi­quement que : « Per­sonne ne doit être privé arbi­trai­rement du droit d’entrer dans son propre pays ». Cela a été inter­prété d’une façon générale par le Comité des Droits Humains des Nations Unies pour comprendre :

« …tout au moins, une per­sonne qui, à cause de ses liens spé­ciaux ou de ses reven­di­ca­tions en relation avec un pays donné, ne peut pas être considéré comme un simple étranger. Cela serait par exemple le cas de citoyens d’un pays qui ont été dépouillé de leur natio­nalité en vio­lation de la loi inter­na­tionale, et d’individus dont le pays de natio­nalité a été incorporé ou transféré à une autre entité nationale, dont la natio­nalité leur est déniée »16.

Ainsi, l’intention d’Israël d’installer les réfugiés pales­ti­niens en dehors du pays duquel ils ont été exilés, est contraire aux droits fon­da­mentaux des réfugiés, y compris le droit à une com­pen­sation et celui de choisir de se réins­taller soit dans le pays duquel ils ont été exilés soit ailleurs.

- 16Commentaire Général du Comité sur les Droits Humains, #27 (1999), para­graphe 20.

Conclusion

Ce plan proposé par le premier ministre israélien est une ten­tative pour cir­con­venir les obli­ga­tions légales absolues d’Israël en tant que pouvoir occupant. Les auto­rités israé­liennes, sou­tenues par les Etats-​​Unis, se pro­posent d’engager un dépla­cement uni­la­téral qui niera le droit au retour, conti­nuera les acti­vités mili­taires illé­gales, conti­nuera le siège et bou­clage des ter­ri­toires occupés, aug­mentera l’asphyxie sociale et écono­mique des civils pales­ti­niens et exercera un contrôle sur tous les aspects de la vie pales­ti­nienne. En tant que tel, cette ini­tiative est tota­lement contraire aux droits humains inter­na­tionaux et à la loi humanitaire.

Etant donné que cette ini­tiative mine sape les obli­ga­tions légales fon­da­men­tales comme définies dans la loi huma­ni­taire inter­na­tionale et la loi des droits humains, un soutien pour ce plan venant d’autres états, surtout des Etats Unis, soulève de sérieuses ques­tions quant à leurs propres obli­ga­tions légales, par­ti­cu­liè­rement en tant que Haute Partie Contrac­tante de la Qua­trième Convention de Genève.

L’Article 1 de la Convention confère une obli­gation absolue à toutes les Hautes Parties Contrac­tantes de res­pecter et de garantir que la Convention soit res­pectée. Vis-​​à-​​vis des ter­ri­toires occupés, cela oblige les Hautes Parties Contrac­tantes de garantir qu’Israël res­pecte la Convention et qu’elles la res­pectent elles-​​mêmes dans leurs acti­vités ayant rapport avec les ter­ri­toires occupés. Ne pas s’assurer qu’Israël res­pecte la Convention repré­sente une infraction vis-​​à-​​vis de cette obligation.

Une infraction sup­plé­men­taire peut se pro­duire quand un état sou­tient acti­vement les vio­la­tions par Israël de la Convention, y compris celles com­mises dans le contexte du « plan de désengagement ».

Le PCHR appelle les Hautes Parties Contrac­tantes à la Convention à demander une réso­lution à la situation dans les ter­ri­toires occupés qui soit fondée sur la loi inter­na­tionale, y compris à travers l’application des dis­po­si­tions de la Qua­trième Convention de Genève tant que l’occupation continue.

Une paix juste et durable dans cette région ne peut aboutir que quand elle est basée sur l’accomplissement des droits offerts à la popu­lation civile pales­ti­nienne selon la loi inter­na­tionale, y compris les droits des réfugiés, la non admis­si­bilité de l’acquisition de ter­ri­toire par la force et le droit à l’autodétermination.

Recom­man­da­tions du PCHR à la Com­mu­nauté Inter­na­tionale, à propos du « plan de désengagement » :

- (i) une com­plète appli­cation de la Qua­trième Convention de Genève dans les Ter­ri­toires Occupés, y compris après un redé­ploiement des forces israéliennes

- (ii) une fin immé­diate de l’étouffement écono­mique et social de la bande de Gaza, par le respect d’une pleine sou­ve­raineté sur l’air, la mer et l’espace

- (iii) l’application de l’avis formulé par la Cour Inter­na­tionale de Justice concernant le Mur d’Annexion, lequel est construit de façon pré­ventive contre le déve­lop­pement écono­mique et pour étrangler la Cis­jor­danie, en par­faite concor­dance avec le « modèle de Gaza »

- (iv) un authen­tique et complet transfert de sou­ve­raineté au Peuple Pales­tinien et l’établissement d’un Etat Pales­tinien indépendant

- (v) l’inclusion des droits humains inter­na­tionaux et des lois huma­ni­taires inter­na­tio­nales comme élément de tout règlement final concernant le futur de la Palestine.