Le maire de Seclin condamné pour le boycott de produits israéliens

AFPS Nord Pas de Calais, vendredi 19 septembre 2003

Le 12 mars 2003 Jean-​​Claude Willem, Maire de Seclin, com­pa­raissait devant le Tri­bunal Cor­rec­tionnel de Lille suite à une plainte déposée par l’Association Cultuelle Israélite de Lille pour dis­cri­mi­nation raciale, après sa décision de boy­cotter les pro­duits israé­liens dans les can­tines muni­ci­pales de Seclin.

Au cours de l’audience, le Pro­cureur de la Répu­blique expli­quait qu’il n’y avait pas lieu de pour­suivre et laissait le jugement à l’appréciation du Tri­bunal ; celui-​​ci rendait le 26 mars un jugement de relaxe. Ainsi la plainte était rejetée. Le Tri­bunal recon­naissait ainsi que les décla­ra­tions et les actes du Maire de Seclin par­ti­ci­paient de son oppo­sition à la poli­tique du gou­ver­nement israélien à l’encontre des Pales­ti­niens, position poli­tique qui ne saurait relever de pour­suites judi­ciaires.

Peu après, sur injonction du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Parquet faisait appel contre la décision de relaxe et Jean-​​Claude Willem com­pa­raissait le 17 juin devant la Cour d’Appel de Douai. L’Avocat Général demandait une condam­nation à une amende de 2000 euros, laissant au Tri­bunal le soin de l’intitulé du motif de la condam­nation.

Jeudi 11 sep­tembre le Tri­bunal rendait son verdict : 1000 euros d’amende pour dis­cri­mi­nation envers une nation, contre­disant ainsi la position du Pro­cureur de la Répu­blique du Parquet de Lille.

Mais le verdict de la Cour de Douai va plus loin que cette contra­diction entre les deux Par­quets.

En condamnant Jean-​​Claude Willem, la Cour d’Appel de Douai accepte l’idée qu’une cri­tique de la poli­tique israé­lienne devienne un délit. C’est une atteinte à la liberté d’expression, mais c’est aussi légi­timer la pour­suite devant les­Tri­bunaux de toute expression d’opposition à la poli­tique de l’Etat d’Israël. C’est pour cela que nous consi­dérons que le verdict de la Cour d’Appel de Douai est scan­daleux et inique.

L’AFPS assure Jean-​​Claude Willem de sa soli­darité et s’engage à lutter contre toute forme de censure qui conduirait, au nom d’un amalgame malsain entre la cri­tique de la poli­tique d’un Etat étranger et l’antisémitisme, à res­treindre la liberté d’expression en ce qui concerne la poli­tique israé­lienne.

C’est un bien mauvais coup qu’a per­pétré la Cour d’Appel de Douai en donnant raison à ceux qui ont pour­suivi Jean-​​Claude Willem, ce qui nous amène à poser la question : peut-​​on en France cri­tiquer la poli­tique israé­lienne d’occupation de la Palestine ?

Asso­ciation France-​​Palestine Soli­darité 59/​62