Le leadership israélien entre les mains des électeurs du Kadima

Marius Schattner, AFP, mercredi 17 septembre 2008

Quelques 74.000 membres du parti Kadima en Israël étaient appelés mer­credi à élire la femme ou l’homme chargé de diriger le pays après la démission promise du Premier ministre Ehud Olmert empêtré dans des affaires de corruption.

Le scrutin s’est ouvert à 07h00 GMT dans 114 bureaux de vote dis­sé­minés dans le pays. Les urnes fer­meront à 19h00 GMT et le résultat final devrait être publié pro­ba­blement dans la nuit de mer­credi à jeudi.

La favorite, dans la course à la direction du parti cen­triste au pouvoir est la ministre des Affaires étran­gères Tzipi Livni, 50 ans, jugée prag­ma­tique sur des dos­siers comme le pro­cessus de paix et le nucléaire iranien.

Mme Livni, qui se pré­sente comme "Mme Propre", promet de donner un nouveau souffle à un parti frappé par une série de scan­dales de cor­ruption qui ont affecté sa direction.

Elle dispose de l’appui de l’entourage de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, le fon­dateur du parti en novembre 2005 et qui gît dans le coma depuis janvier 2006 à la suite d’une attaque céré­brale foudroyante.

Elle affronte le ministre des Trans­ports Shaul Mofaz, 59 ans, qui s’est forgé une répu­tation d’adepte de la manière forte mais que ses adver­saires accusent d’opportunisme compte tenu de ses volte-​​face passées.

Cet ancien chef d’état-major et ministre de la Défense a axé sa cam­pagne des pri­maires sur le thème de son expé­rience en matière de sécurité.

Il prône l’option mili­taire contre l’Iran, rejette tout com­promis avec la Syrie et pré­conise les liqui­da­tions ciblées contre les chefs du mou­vement pales­tinien Hamas.

Les deux can­didats ont écarté un accord avec l’Autorité pales­ti­nienne avant fin 2008, auquel M. Olmert tente de parvenir.

Mme Livni dispose d’une nette avance selon les son­dages, mais dans le passé ces enquêtes d’opinion ce sont trompées concernant des pri­maires de parti, où le poids des appa­reils est déterminant.

Or si Mme Livni fait figure aujourd’hui de per­son­nalité la plus popu­laire du Kadima, M. Mofaz dispose d’un fort soutien de la base et des élus locaux.

Pour être élu au premier tour, le futur chef du Kadima devra dépasser la barre des 40% des suf­frages exprimés, faute de quoi un deuxième tour sera organisé le 24 septembre.

Pour ces pri­maires, les pre­mières depuis la création du Kadima, deux autres can­didats sont en lice mais ont peu de chances de faire un bon score : Meïr She­treet, ministre de l’Intérieur, et Avi Dichter, ministre de la Sécurité intérieure.

Le vain­queur tentera de former un nouveau gou­ver­nement et s’il échoue, devra affronter le chef de l’opposition de droite Ben­jamin Neta­nyahu, chef du parti Likoud, donné en tête dans l’ensemble des récents son­dages d’opinion. Ben­jamin Nata­nyahu (g) et Ehud Olmert, le 31 juillet 2008 à Jéru­salem - AFP/​Archives

M. Olmert a d’ores et déjà promis de démis­sionner dès l’élection de son suc­cesseur au Kadima.

Mais cette démission pourrait ne pas être immé­diate, vu qu’elle doit être annoncée aupa­ravant en Conseil des ministres, réuni dimanche, puis pré­sentée au chef de l’Etat Shimon Peres qui se rend à New York la semaine pro­chaine à New York pour la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon des ana­lystes, cette démission ne devrait entrer en vigueur qu’après la fin du Nouvel an juif (Rosh Hashanah) le 2 octobre.

M. Olmert restera cependant à la tête d’un cabinet de tran­sition tant qu’un autre gou­ver­nement n’aura pas été formé.

Après sa démission, M. Peres devrait accorder un délai de 42 jours au pro­chain chef du Kadima pour constituer une majorité par­le­men­taire. En cas d’échec, il pourra confier cette tâche à un autre député pour 28 jours.

Si cette nou­velle ten­tative échouait, des élec­tions anti­cipées auraient lieu début 2009. La légis­lature actuelle s’achève nor­ma­lement fin 2010.