Le blocus de Gaza empêche sa nécessaire reconstruction : des organisations internationales sonnent l’alarme

Communiqué d’AIDA, Oumma, vendredi 8 juillet 2016

Deux ans après le déclenchement de la guerre de 2014 qui a coûté la vie à 1 492 civils palestiniens, dont 551 enfants, la majorité de la bande de Gaza demeure en ruines. Des quartiers entiers ne peuvent s’approvisionner en eau, des hôpitaux et cliniques détruits n’ont pas encore été reconstruits et des dizaines de milliers de personnes sont toujours sans abris.

Même si la reconstruction a progressé, la situation à Gaza demeure grave. Moins de 10% des 11 000 maisons complètement détruites pendant les 51 jours de bombardement ont été reconstruites. A cause de la guerre et du blocus imposé en 2007 par Israël, plus de 75 000 Palestiniens de Gaza n’ont toujours pas de foyer où habiter.

« Deux ans après le début de la guerre, le blocus empêche gravement la reconstruction et le redressement de Gaza. A moins d’y mettre un terme, les Palestiniens vivant à Gaza seront incapables d’aller de l’avant et de vivre en liberté, en sécurité et dans la dignité », a déclaré Chris Eijkemans, Directeur Pays d’Oxfam.

« Quand le cessez-le-feu a débuté, les leaders mondiaux ont promis de travailler pour un développement durable sur le long terme pour les Palestiniens de Gaza. Mais il y a peu de preuves de ces promesses sur le terrain. »

Les organisations internationales travaillant dans le Territoire Palestinien occupé tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur le manque de progrès dans la reconstruction de Gaza dû aux lourdes restrictions imposées par Israël sur l’entrée de matériaux essentiels. Les organisations appellent les chefs d’Etat à respecter leurs engagements et faire pression pour lever immédiatement le blocus.

Les près de 10 ans de blocus ont paralysé l’économie de Gaza. Sans la possibilité de vendre sur des marchés extérieurs, le secteur privé a chuté. Le taux de chômage au total dépasse les 40%, avec un taux de chômage chez les jeunes parmi les plus hauts du monde.

L’impact du blocus sur les enfants est particulièrement dévastateur, des dizaines de milliers d’enfants demeurent sans abris à cause du conflit de 2014. « La moitié de la population de Gaza sont des enfants, dont de nombreux qui ont vécu toute leur vie sous blocus. Des centaines d’enfants nécessitant un traitement médical vital sont empêchés de quitter la bande de Gaza. Deux ans après, les principales causes de leurs souffrances n’ont toujours pas été examinées », a rappelé Fikr Shalltoot, Directeur des programmes à Gaza pour Medical Aid for Palestinians (MAP).

M. Eijkemans a déclaré que la levée du blocus est la seule solution pour donner à la population un accès aux services de bases dont elle a désespérément besoin, pour permettre une reconstruction complète et pour rétablir l’économie paralysée de Gaza.

« Le blocus est illégal en droit international et constitue une punition collective pour une population entière. Seule sa fin immédiate permettra de restaurer une sécurité de long terme pour les Palestiniens comme pour les Israéliens. »

Communiqué de l’Association of International Development Agencies (AIDA)
Jerusalem, le 7 juillet 2016