Le Nobel de la paix appelle Obama à faire du Proche-​​Orient sa "priorité"

Le Monde et dépêches, vendredi 12 décembre 2008

L’ex-président et médiateur fin­landais Martti Ahti­saari, qui recevait le prix Nobel de la paix mer­credi 10 décembre à Oslo, a affirmé qu’aucun conflit n’était inso­luble, pas même au Proche-​​Orient. "Tous les conflits peuvent être résolus et il n’y a aucune excuse pour les laisser s’éterniser", a-​​t-​​il déclaré dans son dis­cours d’acceptation du Nobel.

Vétéran du travail pour la paix, le diplomate fin­landais, 71 ans, a été récom­pensé pour ses nom­breuses média­tions, notamment dans la pro­vince indo­né­sienne d’Aceh, en Namibie et dans les Balkans. Dans une allusion au chan­gement de loca­taire de la Maison Blanche, M. Ahti­saari a appelé le pré­sident élu Barack Obama à accorder "une haute priorité au conflit du Moyen-​​Orient durant la pre­mière année de son mandat".

Selon M. Ahti­saari, la clé au Proche-​​Orient réside aussi dans l’implication de l’Union euro­péenne, de la Russie et de l’ONU et passe par un accord global "allant d’Israël et la Palestine à l’Irak et l’Iran". "Si l’on veut obtenir des résultats durables, nous devons consi­dérer l’ensemble de la région", a-​​t-​​il affirmé. "On ne peut pas continuer, année après année, à sim­plement pré­tendre que l’on fait quelque chose pour aider à débloquer la situation au Proche-​​Orient. Il faut aussi qu’on obtienne des résultats", a-​​t-​​il ajouté.

Applaudi par une pres­ti­gieuse assemblée, com­prenant la famille royale nor­vé­gienne, M. Ahti­saari a récusé l’idée selon laquelle ce conflit était dû à la religion. "Les reli­gions elles-​​mêmes sont paci­fiques : elles peuvent aussi être une force constructive pour la paix", a-​​t-​​il affirmé.