Le Japon reprend l’aide directe aux Pales­ti­niens. Les USA conti­nuent à financer Israël

BBC et le Temps, vendredi 17 août 2007

Pour la pre­mière fois depuis la vic­toire élec­torale du Hamas (en janvier 2006), le Japon va reprendre une aide directe de 20 mil­lions de dollars au gou­ver­nement pales­tinien, alors que les Etats-​​unis donnent 30 mil­liards de dollars à Israël

Le ministre japonais des Affaires étran­gères Taro Aso a signé l’accord avec le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas.

L’aide avait été sus­pendue après la for­mation par le Hamas d’un gou­ver­nement en 2006, démis en juin 2007 par M. Abbas.

Le Japon veut ren­forcer les liens écono­miques entre Israël et le gou­ver­nement pales­tinien, pour relancer le pro­cessus de paix.

Onze mil­lions de dollars (£5.5m) seront versés en aide directe et 9 million sup­plé­men­taires pour de l’assistance humanitaire.

Situation désespérée

Une partie de cet argent ira à Gaza dont le Hamas a pris le contrôle par la force il y a deux mois.  [1] M. Abbas dirige main­tenant un gou­ver­nement soutenu par l’Occident et dirigé par le Fatah en Cisjordanie.

D’après Crispin Thorold, cor­res­pondant de la BBC à Jéru­salem cela fait bien plus d’un an que l’économie pales­ti­nienne se trouve dans une situation désespérée.

Selon lui, les 11 mil­lions d’aide directe que le Japon s’est engagé à verser ne sont pas grand chose mais au moins cela marque la reprise du soutien financier japonais.

Les res­pon­sables israé­liens et pales­ti­niens ont accueilli favorabl=ement l’initiaive du gou­ver­nement japonais de relancer la coopé­ration écono­mique mais ils rap­pellent que cela ne peut rem­placer le dia­logue politique.

La ministre des Affaires étran­gères israé­lienne Tzipi Livni et Saeb Erekat, haut res­pon­sable pales­tinien, ont signé un accord pour construire une vaste zone indus­trielle de trans­for­mation des fruits et légumes pales­ti­niens. Dans ce projet, les pro­duits seront envoyés en Jor­danie pour être vendus dans les pays du Golfe, Israël se char­geant de la sécurité et de l’expertise tech­nique.  [2]

C’est d’une tout autre somme qu’il s’agit en ce qui concerne l’aide états-​​unienne à l’ allié israélien :

Israël obtient 30 milliards de dollars d’aide militaire américaine

Israël et les Etats-​​Unis devaient signer jeudi 16 août à Jéru­salem un pro­tocole d’accord sur une aug­men­tation de près d’un quart de l’aide mili­taire amé­ri­caine à l’Etat hébreu qui va atteindre 30 mil­liards de dollars sur dix ans.

La céré­monie de signature devait avoir lieu en fin de matinée au ministère des Affaires étran­gères à Jéru­salem, en pré­sence notamment du gou­verneur de la Banque d’Israël Stanley Fischer et du numéro trois du dépar­tement d’Etat amé­ricain Nicholas Burns.

Pour marquer l’importance de l’événement, le Premier ministre Ehud Olmert avait ren­contré M. Burns mer­credi. A cette occasion, M. Olmert a affirmé dans un com­mu­niqué que ce pro­tocole d’accord "illustre de nouveau l’engagement des Etats-​​Unis vis-​​à-​​vis de la sécurité d’Israël et du maintien de l’avantage (mili­taire) qua­li­tatif" de l’Etat hébreu face aux pays arabes et musulmans.

Cette aide de 30 mil­liards de dollars repré­sente une aug­men­tation de près 25% de l’aide mili­taire des Etats-​​Unis à Israël et devrait se tra­duire par une aide de trois mil­liards par an.

En 2006, l’Etat hébreu a reçu 2,4 mil­liards de dollars d’aide mili­taire amé­ri­caine entiè­rement sous forme de dons, dont les trois quarts servent à l’achat d’armes à des sociétés amé­ri­caines. Le dernier quart finance des achats d’équipements mili­taires auprès de firmes israéliennes.

Paral­lè­lement à l’aide apportée à Israël, Washington a prévu de vendre des armes pour 20 mil­liards de dollars à l’Arabie saoudite. Selon les com­men­ta­teurs israé­liens, l’augmentation de l’aide mili­taire à l’Etat Hébreu a permis de lever l’opposition d’Israël à la four­niture à Ryad d’armements sophis­tiqués tels que des mis­siles air-​​air et des JDAM (Joint Direct Attack Muni­tions), qui trans­forment des bombes clas­siques en armes guidées de précision.

"Nous com­prenons le désir des Etats-​​Unis d’aider les pays modérés qui font partie d’un front uni avec les Etats-​​Unis et Israël dans la lutte contre l’Iran", avait affirmé M. Olmert le 29 juillet.

L’administration Bush doit obtenir l’accord du Congrès amé­ricain pour fina­liser ces contrats et les dis­cus­sions n’ont fait que com­mencer avec les par­le­men­taires. Le gou­ver­nement amé­ricain espère obtenir cet accord à l’automne.

Israël est le prin­cipal béné­fi­ciaire de l’aide amé­ri­caine depuis 1976. Durant les 55 der­nières années, Israël a reçu 84 mil­liards de dollars d’aides civile et mili­taire sous forme de dons, selon Roni Bart, de l’Institut des études pour la sécurité nationale. L’aide par habitant s’élève à 340 dollars, la plus élevée dans le monde.

A elle seule, l’aide mili­taire accordée sous forme de dons ou de prêt a atteint 62,5 mil­liards de dollars depuis les pre­miers ver­se­ments effectués en 1955.

Interrogé sur l’impact de ces chiffres, l’ancien ambas­sadeur d’Israël à Washington Dany Ayalon a reconnu qu’ils reflé­taient "une dépen­dance" de son pays vis-​​à-​​vis des Etats-​​Unis. "Mais il s’agit surtout d’une dépen­dance poli­tique, nous ne serions sans doute plus membre de l’ONU sans les Amé­ri­cains", a ajouté le diplomate à la radio militaire.

Il a sou­ligné que ces sub­sides ser­vaient aussi les intérêts amé­ri­cains. "Nous sommes deux pays frères, démo­cra­tiques et Israël contribue plus que tout autre Etat à la sta­bilité au Moyen-​​Orient ce qui est de l’intérêt des Etats-​​Unis", a affirmé M. Ayalon.

L’aide amé­ri­caine repré­sente environ un cin­quième du budget israélien de la Défense et 4% de l’ensemble du budget.  [3]

[1] voir un article de l’Orient le Jour, déjà cité, "La ministre israé­lienne des Affaires étran­gères, Tzipi Livni, a décon­seillé fer­mement hier aux gou­ver­ne­ments euro­péens de chercher à récon­cilier le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis son coup de force de la mi-​​​​juin, et le Fateh du pré­sident Mahmoud Abbas. …« Ce serait une erreur, une lourde, une énorme erreur », a-​​​​t-​​​​elle insisté, en mar­telant son propos du poing, lors d’une confé­rence de presse avec son homo­logue nippon Taro Aso, en visite en Israël."

[2] http://​news​.bbc​.co​.uk/​g​o​/​p​r​/​f​r​/​-​/​2​/​​h​i​/​​m​i​d​d​l​e​_​​e​a​s​t​/​​6948580.stm tra­duction : CL, Afps

[3] http://​www​.letemps​.ch/​t​e​m​p​late/ static.asp ?afpi=070816085914.e7aysqil.xml