Le Hamas et le Fatah concluent un partenariat au Caire

LeMonde​.fr avec AFP, vendredi 25 novembre 2011

Le pré­sident Mahmoud Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal, ont annoncé, jeudi 24 novembre, qu’ils avaient conclu un "par­te­nariat" lors d’un sommet au Caire pour fina­liser la récon­ci­liation pales­ti­nienne, après des mois de scep­ti­cisme suscité par le pié­ti­nement des trac­ta­tions entre le mou­vement Fatah et les islamistes.

Il s’agissait de la pre­mière ren­contre entre les deux res­pon­sables depuis la signature, en mai, au Caire, par l’ensemble des mou­ve­ments pales­ti­niens d’un accord sur­prise conclu le 27 avril entre le Fatah et le Hamas, qui contrôlent res­pec­ti­vement les zones auto­nomes de Cis­jor­danie et la bande de Gaza. Cet accord, resté pour l’essentiel inap­pliqué, prévoit la for­mation d’un gou­ver­nement d’indépendants chargé d’organiser des élec­tions en mai 2012 au plus tard.

La ren­contre de jeudi portait sur l’adoption d’une stra­tégie commune pales­ti­nienne, au moment où des infor­ma­tions font état d’un accord du Hamas pour passer de la lutte armée à la "résis­tance paci­fique" et la for­mation d’un gou­ver­nement d’indépendants pour orga­niser des élec­tions. Elle doit être suivie d’une réunion de l’ensemble des mou­ve­ments pales­ti­niens en décembre au Caire pour fina­liser l’accord obtenu.

Au cours d’un tête-​​à-​​tête, les deux diri­geants ont approuvé un document négocié par Azzam Al-​​Ahmad, res­pon­sable du dossier de la récon­ci­liation au Fatah, et Moussa Abou Marzouk, numéro deux du Hamas. "Il n’y a plus de dif­fé­rences entre nous. Nous sommes convenus de tra­vailler comme des par­te­naires avec une res­pon­sa­bilité unique", a déclaré le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne aux jour­na­listes, au terme de près de deux heures de dia­logue, avant que les dis­cus­sions ne soient élargies aux délégations.

TENUE D’ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le document entérine un "accord clair sur l’établissement d’un Etat pales­tinien sur les ter­ri­toires occupés en 1967, soit la Cis­jor­danie, la bande de Gaza avec Jérusalem(-Est) pour capitale", c’est-à-dire à côté et non à la place d’Israël, comme le prévoit le pro­gramme officiel du Hamas. Il avalise en outre la tenue d’élections pré­si­den­tielle, légis­la­tives et au Conseil national pales­tinien en mai 2012, avec for­mation d’un gou­ver­nement d’unité nationale après ces scrutins.

"Il y aura une réunion le 20 décembre au Caire de la direction de l’Organisation de libé­ration de la Palestine pour réformer la direction et les ins­tances de l’OLP avec tous les mou­ve­ments pales­ti­niens, y compris le Hamas et le Djihad isla­mique", qui n’en font pas partie, a annoncé Azzam Al-​​Ahmad. "La question des pri­son­niers [détenus par chacun des deux mou­ve­ments] sera réglée dans les pro­chains jours", a-​​t-​​il poursuivi.

"Le 22 décembre aura lieu une autre réunion au Caire avec toutes les fac­tions pales­ti­niennes signa­taires de l’accord de récon­ci­liation pour les informer de l’entente entre le Fatah et le Hamas et former le nouveau gou­ver­nement qui orga­nisera les élec­tions", a-​​t-​​il ajouté.

SALAM FAYYAD PRÊT À S’EFFACER

L’une des prin­ci­pales pierres d’achoppement était le choix du chef du gou­ver­nement, Mahmoud Abbas sou­haitant garder son premier ministre, Salam Fayyad, très apprécié par la com­mu­nauté inter­na­tionale, mais rejeté par le Hamas. "Per­sonne ne doit me consi­dérer comme un obs­tacle. Je suis prêt à m’effacer sur-​​le-​​champ. Ce n’est pas pour moi un pro­blème", avait déclaré Salam Fayyad à la presse après un entretien à Oslo avec le chef de la diplo­matie norvégienne.