Le Hamas continue à tergiverser

Makram Mohamad Ahmad, samedi 13 février 2010

Dans une nou­velle ten­tative de ter­gi­ver­sation, le Hamas vient d’annoncer sa volonté de signer la feuille égyp­tienne de récon­ci­liation à condition que l’Egypte res­pecte cer­taines garanties réclamées par le Hamas pour s’assurer de l’exécution de l’accord.

L’objectif du Hamas est de rené­gocier cer­tains articles inclus dans la feuille et qui avaient été acceptés par toutes les autres parties concernées. Le Hamas insiste donc sur ses récla­ma­tions pré­cé­dentes concernant l’internationalisation de la feuille de récon­ci­liation par l’intermédiaire de garanties arabes et inter­na­tio­nales. Chose que les autres fac­tions pales­ti­niennes signa­taires de la feuille refusent, puisqu’elles sont les uniques res­pon­sables de l’exécution de l’accord face aux Palestiniens.

Il est sûr que le Hamas sait par­fai­tement que les Arabes ne trouvent aucun pré­texte convaincant pour s’engager dans ce dossier, alors qu’ils avaient tous préa­la­blement accepté que l’Egypte en soit res­pon­sable et ce, pour de nom­breuses raisons. De plus, le Hamas sait que la plupart des parties inter­na­tio­nales refu­seront de signer le document s’il ne com­prend pas un enga­gement clair de la part du Hamas de res­pecter tous les accords qui avaient été signés par l’OLP, y compris les accords d’Oslo. Cependant, le Hamas insiste sur sa position qui assure son respect de ces accords ; formule adoptée par le document de conciliation.

Abs­traction faite des nuances lin­guis­tiques entre les mots respect et enga­gement, le Hamas ter­gi­verse en réclamant des garanties à l’Egypte. En effet, c’est plutôt le Hamas qui doit pré­senter des garanties puisque les événe­ments pré­cé­dents prouvent qu’il a pour habitude d’inventer chaque jour de nou­veaux pré­textes pour jus­tifier sa domi­nation uni­la­térale sur Gaza et son insis­tance sur la division géo­gra­phique et idéo­lo­gique qui a brisé la cause palestinienne.

D’un autre côté, il est clair pour tous que la signature du Hamas signifie aller aux élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives à la date fixée par le document et signifie aussi le legs au pré­sident élu de la res­pon­sa­bilité de négocier avec les Israé­liens et la com­mu­nauté inter­na­tionale afin de par­venir à un accord de paix pour le conflit palestino-​​israélien. Et cela à condition que le pré­sident pales­tinien élu propose son projet au peuple pales­tinien par l’intermédiaire d’un réfé­rendum général dont toutes les fac­tions devront res­pecter le résultat. La signature du Hamas signifie également la réor­ga­ni­sation des forces pales­ti­niennes de sécurité de façon à garantir sa loyauté à l’Etat et non à une seule faction déter­minée. Et cette signature signifie avant tout que le Hamas doit se retirer du passage de Rafah pour être rem­placé par les forces de l’autorité nationale pales­ti­nienne. Et là, l’Egypte ouvrira elle aussi le passage de Rafah par respect de la légi­timité et du droit international.