Le Dr. Ahmed Yousef, conseiller du Hamas, parle des Etats-​​Unis, du Fatah et d’Israël

Rami Almeghari, lundi 3 novembre 2008

L’administration Bush fait-​​elle des pro­po­si­tions dis­crètes au Hamas ? Quelles sont les pers­pec­tives de récon­ci­liation entre le Hamas et le Fatah et quelle est l’opinion du Hamas sur la paix avec Israël ? Est-​​ce que le mou­vement isla­miste soutien la solution à un seul Etat et où se tourne-t’il vers d’autres modèles politiques ?

Le Dr. Ahmed Yousef, prin­cipal conseiller du Premier Ministre Ismail Haniyeh, le chef du gou­ver­nement du Hamas dans la Bande de Gaza, s’est récemment entretenu sur ces ques­tions parmi d’autres avec le cor­res­pondant d’Electronic Intifada dans la bande de Gaza, Rami Almeghari.

En Juin 2007, le Hamas a pris le plein contrôle de la bande de Gaza, en évinçant les milices entrainées par les amé­ri­cains fidèles au Pré­sident de l’Autorité Pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas. Depuis lors, le ter­ri­toire, grand comme deux fois la taille de Washington DC, a été puni par un blocus israélien, forçant la grande majorité de ses 1,5 mil­lions d’habitants à dépendre des dons en nour­riture des Nations Unies.

Le Hamas, élu pour gou­verner en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza par une vic­toire écra­sante en Janvier 2006, a été boy­cotté par les puis­sances occi­den­tales et a déclaré "orga­ni­sation ter­ro­riste" par les États-​​Unis. Alors que le gou­ver­nement d’Haniyeh est limité à la bande de Gaza, les États-​​Unis ne reconnaît que les élus du gou­ver­nement basé à Ramallah nommé par Abbas en Cisjordanie.

Depuis Juin, le Hamas et Israël observent un cessez-​​le-​​feu négocié par les Egyp­tiens qui a mis fin à des mois de vio­lence dans les­quels des cen­taines de civils pales­ti­niens et plu­sieurs Israé­liens ont été tués.

Propositions de l’Occident au Hamas

Rami Alme­ghari : Un journal basé dans le Golfe a signalé récemment que la secré­taire d’État amé­ri­caine, Condo­leezza Rice, avait pris contact avec le Hamas par l’intermédiaire de tiers. Pouvez-​​vous confirmer ou nier cela ?

Ahmed Yousef : En fait, c’était plus qu’une décla­ration verbale transmise au Hamas par cer­tains diri­geants arabes dans le Golfe parce que les Amé­ri­cains estiment qu’ils sont satis­faits du cessez-​​le-​​feu et que cela fait honneur au Hamas et pour la pre­mière fois, ils recon­naissent que le Hamas peut contrôler la fron­tière et s’assurer qu’il n’y a pas de vio­lation de cessez-​​le-​​feu. Ainsi, c’était comme un com­pliment de la part de hauts res­pon­sables américains.

Rami Alme­ghari : Récemment, il y a eu des rap­ports de contacts entre le Hamas et cer­tains pays euro­péens comme la France. Pouvez-​​vous le confirmer et nous dire quelle est l’ampleur de ces contacts ?

Ahmed Yousef : Pour être honnête avec vous, avant la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, nous avions de bonnes rela­tions avec de nom­breux pays. Mais, mal­heu­reu­sement, après la prise de pouvoir, l’Autorité Pales­ti­nienne à Ramallah a fait pression sur les délé­ga­tions occi­den­tales pour qu’elles ne ren­contrent pas le Hamas.

Nous avons voyagé et nous avons ren­contré de nom­breux diri­geants et diplo­mates euro­péens et nous conti­nuons tou­jours à le faire dans les cou­lisses. La France a envoyé une délé­gation ici ainsi que beaucoup d’autres.

Rami Almeghari : Etait-​​ce une délégation parlementaire ?

Ahmed Yousef : Cela dépend. Parfois, ils pré­tendent venir sans le soutien de leur gou­ver­nement, mais nous sommes sûrs qu’ils ne pour­raient pas entrer sans la per­mission de leurs gou­ver­ne­ments. Même une délé­gation amé­ri­caine est arrivée et a ren­contré les diri­geants du Hamas. Ils ont dit qu’ils étaient indé­pen­dants, mais nous savons, d’après cer­taines infor­ma­tions que nous avons eues, qu’ils étaient vraiment envoyés par l’administration Bush. Elle n’était pas indé­pen­dante. C’était comme une mission d’enquête. Ils vou­laient connaitre le Hamas et quelle est sa vision poli­tique. Ils sont venus dis­cuter avec nous de notre vision et voir si nous avions un plan pour régler le conflit pacifiquement

Réconciliation palestinienne

Rami Alme­ghari : Quel est la situation des dis­cus­sions sur une récon­ci­liation pales­ti­nienne qui ont lieu au Caire visant à mettre fin à la division entre le Hamas et le Fatah ? Des repor­tages ont dit que le Hamas avait émis des réserves au sujet d’un projet de mémo­randum d’accord pré­senté par l’Egypte.

Ahmed Youssef : Le document du Caire est un bon point de départ. Nous avons quelques réserves, mais nous pensons que nous serons en mesure de les résoudre lorsque nous nous réunirons avec les Egyp­tiens et les autres partis pales­ti­niens au Caire le 9 Novembre.

Nous pensons que tant que le Hamas et le Jihad Isla­mique ne font pas partie de l’OLP [Orga­ni­sation de Libé­ration de la Palestine], la réforme et la restruc­tu­ration de l’OLP ne sont pas accom­plies, alors l’OLP n’a pas le droit de signer des accords avec Israël ou avec la com­mu­nauté inter­na­tionale. Avant nous, les Pales­ti­niens, étions tous d’accord sur le fait que l’OLP serait le seul repré­sentant de tous les Pales­ti­niens mais alors, l’OLP n’avait pas ce genre de pouvoir.

Rami Alme­ghari : Si la division entre le Hamas et le Fatah continue, est-​​ce que cela assom­brira les aspi­ra­tions du peuple pales­tinien pour un État ?

Ahmed Youssef : Je crois que dans les deux pro­chains mois, nous serons en mesure de mettre fin à cette division et à unir notre peuple dans le cadre d’un nouveau gou­ver­nement. C’est honteux d’avoir de telles divi­sions, et je crois que tous les patriotes pales­ti­niens veulent voir la fin de cette saga.

Rami Alme­ghari : Le pré­sident de l’Autorité Pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas, a demandé à plu­sieurs reprises des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives anti­cipées. Est-​​ce que le Hamas accep­terait cela ?

Ahmed Youssef : les Pales­ti­niens de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza ne sont pas encore réunis et donc je ne sais pas comment nous pour­rions avoir des élec­tions pendant que le Hamas contrôle la bande de Gaza et qu’Abbas et ses forces de sécurité contrôlent la Cis­jor­danie. Lorsque nous aurons res­tauré l’unité, il sera plus facile d’étudier des élec­tions anticipées.

D’ailleurs, il ne reste pas beaucoup de temps pour des élec­tions anti­cipées. Le Conseil Légis­latif ne dispose que d’un an et trois mois avant la fin de son mandat.

Pour le moment, nous avons la récon­ci­liation et un gou­ver­nement de tran­sition, cela pourrait prendre encore six mois pour régler les ques­tions du document de récon­ci­liation pré­senté par l’Egypte et puis nous serions encore besoin d’au moins six mois pour pré­parer les élec­tions. Je pense donc que nous nous diri­geons vers un calen­drier où nous aurions des élec­tions en Janvier 2010.

Le Hamas et la situation dans Gaza

Rami Alme­ghari : Cer­taines per­sonnes ont affirmé que le Hamas cher­chait à établir un émirat isla­mique et qu’il était sur le point d’imposer la charia dans les ter­ri­toires sous son contrôle. Est-​​ce vrai ?

Ahmed Youssef : C’est tota­lement faux, et depuis la date de la prise de pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza, je ne pense pas qu’un Pales­tinien ait observé un chan­gement dans la vie quo­ti­dienne. Cette reven­di­cation est uti­lisée seulement pour satis­faire la pro­pa­gande d’Israël et peut-​​être quelques ordres du jour américains.

Nous vivons la même vie ici, et nous sommes confrontés aux mêmes pro­blèmes avec les sanc­tions, l’occupation et l’isolement. Rien n’a changé. C’est la même vie. Les gens peuvent porter un foulard ou ne pas le porter et per­sonne ne force per­sonne à se conformer à la loi isla­mique. La vie ici est très démo­cra­tique, et nous espérons rester comme ça.

Je suis sûr que les gens qui ont com­mencé à parler de ces choses ont besoin de satis­faire cer­tains des sté­réo­types dans l’esprit de cer­tains gou­ver­ne­ments occi­dentaux pour dis­cré­diter le Hamas et main­tenir la pression et les sanc­tions afin de nous mettre en dif­fi­culté. Je ne pense pas que cette pro­pa­gande ait réussi parce qu’une chose est dif­fé­rente du passé – tous ceux qui sont venus ici ont vu que le Hamas était en mesure de ren­forcer la sécurité de la popu­lation de Gaza.

Rami Alme­ghari : Comment décririez-​​vous l’expérience des Isla­mistes dans le gou­ver­nement ici, notamment dans le cadre de la pour­suite de l’occupation israé­lienne et le rejet du mou­vement isla­miste par les pays voisins ?

Ahmed Youssef : Les gens ont été stu­pé­faits par la majorité rem­portée par les Isla­mistes aux élec­tions. Per­sonne ne s’attendait à cela. Même dans les élec­tions israé­liennes, aucun parti ne peut rem­porter un tel pour­centage. Le Hamas l’a fait parce que les gens disaient que c’est un mou­vement qui fait de bonnes choses pour aider la cause nationale pales­ti­nienne et la popu­lation avait confiance en eux et pensait qu’ils n’étaient pas cor­rompus. C’est quelque chose d’étonnant que nous ayons pu avoir des élec­tions très libres, équi­tables et trans­pa­rentes et beaucoup de gens ont dit que l’élection en Palestine avait été la meilleure parmi tous les pays arabes.

Rami Alme­ghari : Quel impact a eu le blocus imposé par Israël à la Bande de Gaza et le boycott inter­na­tional du Hamas sur l’autorité du Hamas ?

Ahmed Youssef : Per­sonne ne s’attendait à ce que le Hamas résiste à ce type de siège, de sanc­tions et d’isolement. Peut-​​être que cer­taines per­sonnes ont tenté de vendre l’idée que le Hamas échouerait, s’effondrerait au bout de trois mois. Il suffit de main­tenir la pression sur eux et ils cèderont. Heu­reu­sement, le Hamas a prouvé à la popu­lation du monde sa ténacité. C’est parce que les gens qui ont soutenu le Hamas, accordent encore leur soutien à ce gou­ver­nement parce que les gens pensent que le Hamas n’est pas cor­rompu et tente de servir les plus hauts intérêts nationaux pales­ti­niens. C’est pourquoi le gou­ver­nement ne s’est pas effondré malgré le siège et les incur­sions israé­liennes continues et l’agression contre nous ici et en Cis­jor­danie. Nous avons prouvé que nous pou­vions résister et défier et que per­sonne ne peut nous forcer la main si cela ne sert pas nos intérêts nationaux.

Rami Alme­ghari : Croyez-​​vous que les mesures prises contre les membres du Hamas en Cis­jor­danie par l’Autorité Pales­ti­nienne à Ramallah sont des­tinés à main­tenir l’ordre et la sécurité ou cherchent-​​ils à ébranler le Hamas ?

Ahmed Youssef : Tout le monde sait que la répression contre le Hamas en Cis­jor­danie cherche à ébranler le mou­vement et à briser la volonté de ses membres. Ils veulent leur dire, "Vous ne pouvez pas béné­ficier de la même liberté que vous aviez dans la bande de Gaza, et vous ne pouvez pas contester le gou­ver­nement et les gens de la sécurité à Ramallah."

Rami Alme­ghari : Voyez-​​vous une relation entre le vœu de l’autorité de Ramallah de ne pas per­mettre au Hamas d’avoir des armes et la récente appro­bation du ministre israélien de la Défense au déploiement de 500 membres de la sécurité pales­ti­nienne dans la ville cis­jor­da­nienne d’Hébron ?

Ahmed Youssef : Mal­heu­reu­sement, l’appareil de sécurité à Ramallah coopère plei­nement avec les Israé­liens. Ils sont devenus des agents, comme Saad Haddad (Editeur : Haddad diri­geait l’armée du Sud Liban, une milice de col­la­bo­ra­teurs sou­tenue par Israël qui opérait dans le sud du Liban au cours de la période de l’occupation israé­lienne de 1982 à 2000].

Cela me donne l’impression que, pour sur­vivre, les per­sonnes cor­rompues de Ramallah essaient de faire tout ce qu’ils peuvent pour satis­faire les Israé­liens. Leur objectif n’est pas que de ren­forcer la sécurité en Cis­jor­danie - parce que la Cis­jor­danie est tou­jours sous occu­pation et que le peuple pales­tinien a le droit de se défendre lui-​​-​​même et a le droit de résister. C’est légitime au regard du droit inter­na­tional. Je crois que la façon dont les gens sont à Ramallah traitent la résis­tance en Cis­jor­danie va ébranler leurs propres cré­di­bilité et autorité.

Rami Alme­ghari : Des rap­ports de groupes des droits de l’homme sou­lignent cer­taines vio­la­tions des forces contrôlées par le Hamas. Que répondez-​​vous à ces rapports ?

Ahmed Youssef : Lorsque vous voyez des gens conspirer contre vous et en col­la­bo­ration avec l’occupation, il faut être sévère avec eux. Rappelez-​​vous ce qui s’est passé en Amé­rique après le 11 Sep­tembre 2001 ? Ils ont lancé deux guerres en Irak et en Afgha­nistan, car ils ont affirmé que les gens de ces pays étaient liés à ces attaques. Et en Grande-​​Bretagne, après les attentats à la bombe du 7 Juillet 2005, ils ont soup­çonné que cer­tains Arabes et Musulmans étaient à l’origine des explo­sions, alors ils ont réprimé tous les Arabes et les Musulmans.

Nous essayons d’améliorer l’état de droit et d’empêcher les gens de se faire justice eux-​​mêmes et nous voulons que les gens res­pectent nos lois locales. Je peux dire que nous sommes pré­oc­cupés par l’imposition de nos propres lois et nous ne voulons pas voir n’importe quelle orga­ni­sation violer ces lois.

Opinions du Hamas sur l’avenir

Rami Alme­ghari : Le Hamas demande depuis long­temps une trêve à long-​​terme avec Israël, une offre que le Pré­sident de l’Autorité Pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas, et Israël ont déjà rejetée. Y a t-​​il une pos­si­bilité que le Hamas envisage d’autres options ?

Ahmed Youssef : Nous nous en tenons tou­jours à notre vision poli­tique qui est basée sur la trêve ou un cessez-​​le-​​feu de cinq, dix ou vingt ans si Israël accepte de se retirer sur les fron­tières d’avant 1967. Cela reste notre vision de base pour un règlement paci­fique du conflit.

Rami Alme­ghari : Abbas affirme qu’une trêve à long terme va donner une chance à Israël de réoc­cuper les ter­ri­toires pales­ti­niens. Comment voyez-​​vous cela ?

Ahmed Youssef : Je ne pense pas qu’Abbas com­prenne plei­nement ce que nous entendons par une trêve. La trêve signifie que les Israé­liens se retirent dans un délai déterminé, peut-​​être six mois, de tous les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, et ils pourront obtenir une garantie de la sécurité pendant dix ou vingt ans.

Nous pensons que cela pourrait ouvrir la voie à l’instauration de la confiance. Dans vingt ans, peut-​​être que la nou­velle géné­ration de Pales­ti­niens aura des vues dif­fé­rentes sur la façon de régler le conflit.

Lorsqu’il n’y a pas d’effusion de sang, peut-​​être que ce serait un bon moment pour parler de paix, mais main­tenant alors que le cycle de la mort continue et nous avons chaque jour des funé­railles, je ne pense pas que ce soit le bon moment pour parler d’un règlement paci­fique. Donc, nous avons besoin de temps pour guérir les bles­sures et les mauvais sou­venirs de l’effusion de sang entre les Musulmans et les Juifs, entre les Pales­ti­niens et les Juifs.

Et après cela, cette nou­velle géné­ration aura sa propre vision poli­tique sur la façon de régler le conflit peut-​​être par le biais d’un État bina­tional ou d’une solution à un Etat. Je suis sûr qu’ils vien­dront avec des pro­po­si­tions différentes.

Mais aujourd’hui, c’est ce que nous pouvons offrir : Une hudna - vingt ans de paix avec les Pales­ti­niens qui ont leur propre Etat indé­pendant et libre sur les fron­tières d’avant 1967.

Rami Alme­ghari : Il y a beaucoup de dis­cus­sions sur la mort de la solution à deux États et de plus en plus d’activistes appellent à une solution à un Etat comme en Afrique du Sud. Comment le Hamas se place dans ces dis­cus­sions et quelles sont les ten­dances actuelles dans la réflexion au sujet d’une solution à long terme ?

Ahmed Youssef : Cela semble bien de parler d’une solution à un Etat mais cela ne sera pris en consi­dé­ration que lorsque la solution à deux États aura échoué. Cependant, jusqu’à présent, nous nous en tenons à notre position d’une trêve à long terme. L’Afrique du Sud est un bon modèle de coexis­tence, de récon­ci­liation et de pardon.

Pour l’instant, nous n’avons tou­jours pas abordé cette question. Mais à l’avenir, si les attentes du monde d’un État pales­tinien indé­pendant et viable échouent en raison des poli­tiques expan­sion­nistes d’Israël - Israël a déjà confisqué et annexé 50% des terres de la Cis­jor­danie - les gens en arri­verons à cette question et nous l’aborderons.

Rami Alme­ghari : Vers quel modèle poli­tique se tourne Hamas dans les autres luttes de l’histoire ?

Ahmed Youssef : Bien sûr, il y a Nelson Mandela, et nous nous tournons vers des modèles de pays non-​​musulmans et non-​​arabes. Par exemple, Michael Collins en Irlande [Editeur : Collins a été l’un des prin­cipaux diri­geants dans la lutte de l’Irlande pour son indé­pen­dance]. Je crois que le Hamas voit également comme bon modèle le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Nous ne sommes pas des Talibans, nous sommes Erdogan.